AFRIQUE – Revoilà Sa Majesté le Roi Mohammed VI du Maroc !

 

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La nouvelle de la demande d’adhésion du Maroc à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a fait ce qu’on appelle communément le « buzz » dans le jargon médiatique. Adressée le 24 février par le ministère des Affaires étrangères du royaume chérifien à la présidente en exercice de la CEDEAO, la présidente du Liberia Ellen Johnson Sirleaf, elle a surpris plus d’un.

 

Si beaucoup n’ont pas vu venir une telle demande, le Roi Mohammed VI n’a en revanche jamais caché sa préférence pour l’Afrique de l’Ouest. Tant en matière de relations diplomatiques qu’économiques. A telle enseigne qu’ils sont légion surtout à l’étranger à parler de diplomatie du chéquier du Roi du Maroc. Soit ! Quel genre de diplomatie font donc les autres ? Allez-y chercher à savoir d’abord !

 

Le Royaume du Maroc a fait de la coopération Sud-Sud la pierre angulaire de sa stratégie économique et diplomatique. Et dans cette optique, l’Afrique de l’Ouest dont il est le plus proche en Afrique Noire ne pouvait être que sa terre de prédilection. Normal quand on sait les relations qui lient le Maroc à l’Afrique Noire depuis les temps les plus reculés. Le Maroc est, il faut bien le dire, le voisin arabe le plus immédiat de l’Afrique de l’Ouest. C’est par le Maroc que l’islam s’est introduit et imposé au Mali et par la suite dans toute cette partie occidentale de l’Afrique. Qu’à cela ne tienne, on ne saurait imaginer d’autres relations que des pays condamnés et par l’histoire et par la géographie à trouver les meilleurs terrains d’entente pour vivre ensemble.

 

Le retour en force du Maroc au sein de l’Union africaine lors de 28e Sommet du 30 janvier dernier à Addis-Abeba en Ethiopie n’aura en effet été rendu possible que grâce au soutien manifeste des pays de la CEDEAO. On serait même tenté de penser que ce soutien manifeste et cette inclination du Royaume du Maroc à se retourner fréquemment vers les pays d’Afrique de l’Ouest n’a pas peu compté dans l’échec du candidat de la CEDEAO, le Sénégalais Abdoulaye Bathily, à la présidence de la Commission de l’Union africaine. L’histoire nous le dira un jour.

 

Avec son retour au sein de la défunte Organisation de l’unité africaine (OUA) maintenant devenue Union africaine (UA) – après 32 ans d’absence -, le Royaume du Maroc a signé par la même occasion un acte majeur dans l’histoire de cette organisation continentale. Mais son adhésion à la CEDEAO restera encore plus important que son retour au sein de l’Union africaine. La nouvelle est d’autant plus importante que la Mauritanie qui se trouve en Afrique de l’Ouest n’est toujours pas membre de la CEDEAO et se considère toujours comme un pays du Maghreb tandis que pour le Maroc le rêve de l’Union du Maghreb arabe (UMA) tant agité pendant des années n’est plus qu’un souvenir.

 

Longtemps pays observateur de la CEDEAO, le royaume chérifien a ainsi décidé de franchir le pas. Et, sans doute, après moult réflexions. Déjà, du haut de la tribune de l’Union africaine à Addis-Abeba, Sa majesté le Roi Mohammed VI avait en effet donné le ton en proclamant haut et fort :

 

« Il est beau, le jour où l’on rentre chez soi, après une trop longue absence ! Il est beau, le jour où l’on porte son cœur vers le foyer aimé ! L’Afrique est mon Continent, et ma maison.

Je rentre enfin chez moi, et vous retrouve avec bonheur. Vous m’avez tous manqué.

C’est pourquoi, Mes chers frères Chefs d’État, sans attendre la finalisation des formalités juridiques et protocolaires, au terme desquelles le Royaume siègera de nouveau au sein de l’Organisation, j’ai tenu à faire d’ores et déjà, ce déplacement et à m’exprimer devant vous.

Le soutien franc et massif que le Maroc a recueilli témoigne de la vigueur des liens qui nous unissent.

Le retrait de l’OUA était nécessaire : il a permis de recentrer l’action du Maroc dans le continent, de mettre aussi en évidence combien l’Afrique est indispensable au Maroc, combien le Maroc est indispensable à l’Afrique.

Nous y avons réfléchi mûrement, et c’est à présent une évidence !

Il est l’heure de rentrer à la maison : au moment où le Royaume compte parmi les nations africaines les plus développées, et où une majorité de pays-membres aspirent à notre retour, nous avons choisi de retrouver la famille. Une famille que nous n’avions pas véritablement quittée ! »

 

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L’histoire des peuples et des nations est ainsi faite. Il ne faut souvent pas grand-chose pour changer son cours. Mais encore faut-il avoir une bonne dose d’audace et d’intelligence pour marquer d’un grand sceau l’histoire de tout un pays ou de tout un continent. Depuis plusieurs décennies, l’Union africaine est bel et bien en panne d’inspiration quant à redonner une certaine espérance aux Africains face à l’avenir. Le Royaume du Maroc saura-t-il, à tout le moins, faire bouger les lignes de ce continent resté trop longtemps figées ? Là aussi, c’est l’histoire qui nous le dira un jour. En tout cas, son adhésion à la CEDEAO va rebattre les cartes géopolitiques. Et ce sera déjà un pas.

 

 

Par Marcus Boni Teiga

 

 

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