GAMBIE – En attendant la gouvernance Adama Barrow…

 

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Le turbulent fils de Kanilai, truculent, ubuesque et impénitent dictateur Yahya Jammeh a joué avec les nerfs de tous, jusqu’au bout. Y compris avec ceux de ses homologues africains. Mais il a bien fini par comprendre que son ridicule ou sa folie pouvait le tuer. L’engagement et la détermination de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) à le bouter hors de Gambie de force, a eu raison de son ridicule et de sa folie. Mieux valait pour lui de vivre quelques années encore de plus, même hors de son pays que de mourir en refusant de quitter le pouvoir et son pays. Qui a dit que Son ex Excellence Cheikh Professeur Alhaji Dr. Yahya AJJ Jammeh Babili Mansa, Président de la République gambienne était un fou ! Soit !

 

Le feuilleton de la tragi-comédie politique que la Gambie a offert au continent africain et au monde entier aura permis aux Africains de l’Ouest de faire sortir du bois leur organisation sous régionale, en l’occurrence la CEDEAO, pour prendre fait et cause au profit de la démocratie et de l’alternance au pouvoir. Et ce, conformément à la volonté du peuple souverain de Gambie. En faisant respecter les résultats du scrutin présidentiel du 1er décembre 2016 par lequel le mouvement Gambia has decided (la Gambie a décidé) a porté au pouvoir le nouveau président Adama Barrow.

 

Même si par le passé la CEDEAO a déjà mené pareille opération en Sierra Leone, le cas de la Gambie intervenait dans un contexte sociopolitique bien particulier. Lorsque le 25 mai 1997, le Capitaine Paul Johnny Koroma prend le pouvoir en Sierra Leone et force le président démocratiquement élu, Ahmed Tejan Kabbah à l’exil, c’est sous l’égide du président du Nigeria d’alors, le général Sani Abacha, que la CEDEAO au moyen de l’Ecomog Peace Keeping Force (Force de maintien de la paix de la CEDEAO) intervient militairement et chasse les putschistes du pouvoir en réinstallant le président légitime Ahmed Tejan Kabbah à Freetown. Mais dans le cas récent de la Gambie, il s’agit de quelque chose de tout à fait nouveau qui fera dorénavant date et jurisprudence. Compte tenu du contexte sociopolitique actuel de la sous-région ouest africaine et de la détermination de ses populations et des organisations de la société civile (Balai citoyen au Burkina, Y en a marre au Sénégal, Gambia has decided en Gambie…) à ne plus jamais se laisser mener par la force autre que celle des urnes. Au risque de faire intervenir les forces de la CEDEAO pour rétablir la volonté souveraine. Et, en cela, l’on pourrait dire merci à Yahya Jammeh. Comme quoi, l’adage selon lequel « même du mal on peut tirer du bien », n’est pas totalement dénué de fondement.

 

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Désormais, les citoyens de l’Afrique de l’Ouest resteront très attentifs à l’organisation et aux dénouements des élections dans leur sous-région. Mieux ils veilleront que ce soient toujours les résultats issus des urnes qui soient scrupuleusement respectés. Y compris par la force de coercition de la CEDEAO. En effet, les citoyens de l’Afrique de l’Ouest ne veulent plus de dictateurs pour les diriger et ils n’hésiteront plus à le faire savoir. Par tous les moyens de droit.

 

Le président Adama Barrow a prêté serment dans l’enceinte de l’ambassade de Gambie à Dakar au Sénégal avant de regagner son pays à la fin du feuilleton sociopolitique gambien. Et l’accueil très enthousiaste par lequel il a été accueilli à son retour a démontré combien le peuple gambien voulait ce changement. Après 22 ans de dictature Yahya Jammeh, reste au gouvernement Adama Barrow de se mettre à la hauteur des attentes des Gambiens. Et maintenant, c’est à lui de traduire les aspirations de ceux qui l’ont porté au pouvoir par des actes concrets qui vont faire avancer la Gambie sur le chemin de la démocratie et du développement, et qui montreront à suffisance que : Gambia has decided.

 

Par Marcus Boni Teiga

 

 

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