CASIMIR BATIONO DIT CASZI: « Ma création prend sa source là où je suis né »

Casimir Bationo dit Caszi, artiste-peintre d’origine burkinabé ayant longtemps vécu à Maputo au Mozambique promène ses peintures à travers le monde depuis 2004. Après plusieurs formations dans différents domaines artistiques et un apprentissage auprès de professionnels de la peinture, il s’évertue maintenant à élargir ses horizons pour aller à la rencontre des autres et à la conquête du monde. Courrier des Afriques l’a rencontré à Bruxelles. Voici son Interview.

 

Casimir Bationo dit Caszi, l'artiste-peintre d'origine burkinabé.Casimir Bationo dit Caszi, l’artiste-peintre d’origine burkinabé.

 

 

Courrier des Afriques : qu’est-ce qui vous a poussé vers la peinture ?

 

Mon choix d’aller vers la peinture ne s’est pas fait d’emblée. Cela s’est fait progressivement au fil des rencontres et des expériences. C’est tout d’abord le dessin qui m’animait. Puis j’ai découvert la matière, la structure rendues possibles par la peinture. J’ai trouvé dans la peinture ce que je ne trouvais pas dans le dessin. Cette possibilité de jouer avec la matière, les couleurs, les contrastes m’a donné envie d’aller plus loin dans cette pratique.

 

Quel genre de tableaux ou de peinture faites-vous?

 

J’ai du mal à me définir dans un « genre ». Je mets rarement des mots sur mes peintures. Je peins seulement ce qui me traverse, ce que je vois dans mon esprit, je retranscris un flot de pensées. Les autres parlent d’un art « mi figuratif mi abstrait »… peut-être, je ne sais pas.

 

Caszi, pourquoi avoir choisi de rester dans ce genre ?

 

Justement, je ne pense pas que je reste figer dans un genre. Au contraire. Mon art est en mouvement comme je le suis moi-même. Je suis jeune dans la peinture, j’ai encore beaucoup de pistes à explorer, à découvrir avant de me figer.

 

Atelier Casimir Bationo PHOTO 2

 

Vous avez longtemps vécu à Maputo au Mozambique, mais vous n’arrêtez pas de voyager. Vous souvenez-vous des différentes expos auxquelles vous avez déjà participé ?

 

Effectivement, j’ai vécu entre le Mozambique et le Burkina, où j’ai mes racines. Je réalise des résidences et des expositions en Europe et aux États-Unis. Mon inspiration se nourrit des rencontres humaines et artistiques que je peux faire en menant cette vie de « nomade » entre ces différents continents. Une rencontre amène toujours à une autre rencontre ou à la naissance d’un projet. J’ai mes habitudes en France où j’expose généralement trois fois dans l’année. Dernièrement, à St Étienne et Lyon, à Vienne, puis Nîmes et Avignon. Je vais aussi une fois dans l’année aux États-Unis à Tucson, en Arizona.

 

Est-ce facile pour un artiste-peintre comme vous de vivre de son art uniquement en Afrique ?

 

Je ne reste pas uniquement chez moi, en Afrique. Comme pour tout artiste, Européen ou Africain, il est important de sortir de chez soi pour explorer d’autres horizons et ainsi se faire connaître et multiplier les expositions. C’est le lot de tous les artistes.
Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de réseau en Afrique. Au contraire, les artistes plasticiens se mobilisent, il y a beaucoup d’initiatives locales. Des festivals, des galeries, des lieux de résidence existent. Il y a de nombreuses possibilités. Je parlais d’une Afrique en « action », c’est bien cela.

 

 

Vous ne vivez plus en Afrique de l’Ouest depuis plusieurs années. Quelle relation entretenez-vous avec votre Burkina natal ?

 

Je vis toujours en Afrique, j’y ai ma base ! Je voyage, mais je rentre toujours. Mes racines sont ici, au Burkina. Ma création prend sa source là où je suis né.

 

Quel est votre message aux plus jeunes qui aimeraient à l’avenir, par exemple, embrasser ce métier ?

 

Multiplier les rencontres, se former. S’essayer à plusieurs pratiques pour ouvrir son esprit. Accepter les critiques tout en croyant à ce que l’on fait. Rester fidèle à son art. Rester humble car un succès ne garantit pas l’avenir. Le chemin reste long…

 

Interview réalisée par Marcus Boni Teiga

 

 

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