RD CONGO – SUCCESSION D’E. TSHISEKEDI : Six prétendants au trône

Après la brouille de ces derniers jours, les membres de différentes composantes du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement sont revenus à la raison en acceptant de se retrouver pour harmoniser leurs points de vue. A la succession d’Etienne Tshisekedi, six candidats sont en lice, loin des regards de la Majorité présidentielle qui prétendait avoir un droit de regard sur le choix du Rassemblement. Sur la ligne de départ, deux candidats partent avec toutes les faveurs des pronostics : Pierre Lumbi du G7 et Jean-Bertrand Ewanga de l’Alternance pour la République. Le sprint final devrait sûrement se jouer entre les deux.

 

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C’est désormais là où Etienne Tshisekedi avait l’habitude de les réunir, c’est-à-dire à sa résidence de la 10ème Rue Limete, que se donnent rendez-vous, depuis dimanche, les membres du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement. Au centre du débat : la succession d’Etienne Tshisekedi au Conseil des sages et l’attitude à adopter face à une Majorité présidentielle qui ne cache plus ses prétentions à influencer les décisions du Rassemblement.

 

Quoiqu’il en soit, le Rassemblement s’est engagé dans le vif du sujet. Dans la succession d’Etienne Tshisekedi, six prétendants au trône se sont déjà prononcés. Le G7, l’une des composantes du Rassemblement, a aligné Pierre Lumbi, son président. Les deux ailes de la Dynamique de l’Opposition présentent chacune un candidat, avec d’un côté, Martin Fayulu, et de l’autre, Joseph Olenghankoy. L’Alternance pour la République mise sur Jean-Bertrand Ewanga, transfuge de l’UNC de Vital Kamerhe. Quant aux alliés d’Etienne Tshisekedi, ils ont jeté leur dévolu sur Lisanga Bonganga.

 

C’est dire que, malgré tout le vacarme de la MP, le Rassemblement ne se laisse pas distraire. Il se concentre sur l’essentiel, c’est-à-dire pourvoir le plus vite que possible au remplacement d’Etienne Tshisekedi à la tête de son Conseil des sages pour mieux aborder, sous l’égide de la Cénco, la prochaine étape des discussions autour de l’arrangement particulier à l’Accord du 31 décembre 2016.

 

Même si le principe de consensus a été adopté comme mode de désignation du successeur d’Etienne Tshisekedi au Conseil des sages, sur la ligne de départ, deux candidats se démarquent. Sans doute, c’est entre ces deux que devrait, prédisent nombreux analystes, se dérouler le sprint final. Pierre Lumbi du G7 passe pour le grand favori. Son passé de grand activiste dans la Société civile au cours des années bouillantes de la Conférence nationale souveraine (CNS), où il a été compté parmi les initiateurs de la « marche des chrétiens » du 16 février 1992, milite en sa faveur. Ses années passées dans l’arène du pouvoir, avant de se désolidariser de la MP pour participer, en 2015 à la création du G7, est un atout majeur qu’il peut mettre à contribution dans son rôle de gardien de l’Accord du 31 décembre en tant que président du CNSA.

 

En face de lui, Pierre Lumbi devait sûrement se retrouver en confrontation directe avec Jean-Bertrand Ewanga, candidat proposé par l’Alternance pour la République. Jean-Bertrand Ewanga pourrait mettre à profit son passage à l’UDPS et son rapprochement avec Etienne Tshisekedi. Président fédéral de l’UDPS-Equateur en 1991, Ewanga a été conseiller politique du Premier ministre élu par la Conférence nationale souveraine, Etienne Tshisekedi, en 1992. Il va garder ses fonctions de conseiller politique du président de l’UDPS jusqu’en 1996. Invité personnel du président de l’UDPS à Genval, Jean-Bertrand Ewanga va finalement intégrer le Conseil des sages du Rassemblement, après avoir claqué la porte de l’Union pour la nation congolaise de Vital Kamerhe au dialogue de la cité de l’Union africaine, organisé avec la facilitation du Togolais Edem Kodjo.

 

Dans la succession d’Etienne Tshisekedi, la bataille s’annonce très serrée. Interrogée par RFI, Félix Tshisekedi, chef de la délégation du Rassemblement, s’est montré très confiant. Il croit en la capacité du Rassemblement à transcender ses clivages pour préserver l’esprit de Genval.

 

L’application de l’Accord vue par Kabila

 

Entre-temps, la Majorité présidentielle n’a pas encore dit son dernier mot. Le Rassemblement reste toujours dans sa ligne de mire. Et ses stratèges travaillent de jour comme de nuit pour tenter de diviser les membres du Rassemblement.

On se rappelle qu’en début de semaine, le chef de l’Etat, Joseph Kabila, s’est entretenu avec la Cénco (Conférence épiscopale nationale du Congo). Après un long mutisme, Joseph Kabila a finalement exposé aux évêques sa façon de voir les choses.

 

Au mode de désignation du Premier ministre – un sujet qui a longuement divisé les délégués aux pourparlers du Centre interdiocésain jusqu’à la suspension des travaux le 28 janvier 2017 – Joseph Kabila s’est aligné à la position de sa famille politique qui, sans remettre en cause le principe d’un Premier ministre issu du Rassemblement, exige cependant à ce qu’une liste de candidats, au moins trois (3), soit présentée au chef de l’Etat pour nomination.

 

Quant à la succession d’Etienne Tshisekedi, le chef de l’Etat s’est voulu plutôt conciliant. Toutefois, il a appelé à ce qu’un consensus prévale dans ce choix, étant entendu que le président du Conseil des sages du Rassemblement fait d’office fonction de président du Conseil national de suivi de l’Accord du 31 décembre 2016 (CNSA).

 

Devant la Cénco, le chef de l’Etat a donc joué à l’apaisement. Ce qui n’est pas le cas du ministre Lambert Mende qui s’est montré très provocateur en réponse à une question du site d’informations actualité.cd.

 

A la question de savoir si le futur président du Conseil de sage du Rassemblement devrait être en même temps le président du CNSA, Lambert Mende a répondu en ces termes : « Peu importe celui qui va diriger le Conseil de suivi de l’Accord pourvu qu’il bénéficie du même consensus dont a bénéficié le feu Etienne Tshisekedi. Monsieur Etienne Tshisekedi a été désigné président du Conseil national de suivi de l’Accord à travers un large consensus autour de sa personne. Nous ne sommes pas contre l’idée que le Rassemblement puisse pourvoir à son remplacement mais à condition qu’il fasse l’objet d’un large consensus dont a bénéficié Monsieur Etienne Tshisekedi ».

 

Qu’est-ce à dire ? Le plus évident est que, contrairement à l’autorité morale de sa famille politique, Mende estime que la MP a un droit de regard sur le choix du successeur d’Etienne Tshisekedi. En effet, le porte-parole du gouvernement part du principe que le président du Conseil des sages étant ipso facto président du CNSA, une disposition contenue dans l’Accord du 31 décembre, la MP doit, par conséquent, être mise au parfum de tractations au sein du Rassemblement. Quel raccourci ?

 

Limiter les actes de provocation

 

N’est-ce pas une bonne manière d’irriter le Rassemblement. Car, de quel droit la MP doit-elle être associée à l’organisation d’une plateforme où elle n’est censée avoir aucune emprise ?

On est donc ni plus ni moins en face d’un acte de provocation qui ne vise qu’une seule chose : énerver le Rassemblement aux fins de retarder davantage les conclusions de l’arrangement particulier à l’Accord du 31 décembre 2016.

 

Supposons que la MP ait eu une bonne raison de revendiquer ce droit, mutatis mutandis le Rassemblement devrait aussi être associé lorsqu’il s’agira de nommer un nouveau secrétaire général de la MP. Une hypothèse que nul autre ne peut accepter dans les rangs de la MP.

Le chef de l’Etat, autorité morale, s’est plié aux exigences de l’Accord du 31 décembre 2016. Il l’a confirmé aux évêques. Tous, dans sa famille politique, dont Mende, devrait se plier à la position du chef – sans broncher.

 

A ce stade, tout doit être mis en œuvre, autant dans la MP que dans le Rassemblement, pour donner une chance d’application de l’Accord du 31 décembre 2016.

 

Par Le Potentiel

 

 

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

 

 

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