HAÏTI – La noix de cajou devient assez chère

La noix de cajou se retrouve sur les étagères de plusieurs supermarchés dans le Grand Nord et dans la capitale du pays. Face à la demande élevée et le manque de production, loi de l’offre et de la demande oblige, ce fruit est devenu au fil du temps une denrée chère sur le marché.

 

La noix de cajou devient assez chèreLa noix de cajou devient assez chère

 

Comme pratiquement tout produit, la noix grillée — fruit torréfié de l’anacardier (Anacardium occidentale) dont l’amande comestible constitue le principal produit utilisé de cette plante – connait une augmentation de prix relativement importante. 400 gourdes : le prix de la petite marmite de ce produit typique des départements du Nord et du Nord-Est d’Haïti. Pourtant, il était à moins de 100 gourdes l’année dernière.

 

« En moins d’une année, le prix est passé de 75 gourdes à 400 gourdes. La production de noix est devenue compliquée avec le problème des insectes », raconte Jeantilia, productrice et vendeuse de noix grillée à la gare routière à Barrière Bouteille. Originaire de Capotille, elle explique les péripéties pour arriver à offrir un produit fini de qualité à ses clients. La cochenille, le problème de transport, le cout élevé des semences et des récoltes, les difficultés liées à la transformation sont autant de facteurs, selon elle, qui expliquent l’augmentation du prix de la noix grillée. Pour Renette Jean-Louis, l’inflation globale a beaucoup influencé le prix de la noix grillée. « J’ai une famille de 5 personnes à nourrir quotidiennement, et ce à partir des rentrées de la vente de la noix. Je ne peux pas la vendre bon marché », lâche-t-elle. Nostalgique, elle raconte ses débuts de vendeuse de noix grillée. Elle se rappelle encore avoir vendu la moyenne marmite jusqu’à 15 gourdes.

 

Le rendement moyen d’un jeune arbre de 7 à 8 ans est de 6 kg selon les producteurs. L’arbre arrive à produire en moyenne 15 kilogrammes de fruits tous les ans sur toute sa durée de vie, avec une pointe vers la dixième année qui peut varier jusqu’à 40 kilogrammes. La campagne de la noix de cajou commence par la récolte des fruits au cours de la période sèche entre les mois de janvier et d’avril avec la plus grande partie ramassée entre février et mars.

 

L’amande est consommée grillée et salée. Sous forme broyée, elle entre dans la composition de plusieurs plats cuisinés très prisés dans les restaurants du pays. Le marketing autour de ses multiples vertus, selon certains vendeurs, fait augmenter la pression autour de la demande. La production de la noix est une activité qui génère beaucoup de revenus se référant aux témoignages de certains détaillants. Ils croient que la chaine de transformation de ce produit offre une possibilité de création d’emplois importante avec la mise en place de plusieurs unités de transformation. Dans les départements du Nord et du Nord-Est, les zones réputées pour la production de la noix sont principalement les communes de Ouanaminthe, Capotille, Terrier-Rouge, Bahon, Plaine du Nord et Trou du Nord.

 

Les marchandes et productrices de noix ne vont pas par quatre chemins. Elles sollicitent l’appui des autorités étatiques pour les accompagner dans la production de la noix de cajou. La mise en place des micros parcs – l’apport en appui technique – l’amélioration du réseau de producteurs et des marges de commercialisation – le renforcement des capacités de gestion – la promotion du produit sont entre autres alternatives proposées par ces derniers, ce qui, selon eux, aura un impact particulier sur le prix de vente de la noix sur le marché local. Ils croient que le développement des produits typiques aura donc des retombées positives en termes de création de richesses, de promotion de l’emploi et de revenus pour la population. Cette stratégie sera cruciale pour le développement économique et social du pays et permettra d’augmenter et de pérenniser la production locale.

 

Hansy Mars

 

 

Source: http://www.lenational.org

 

Le National (Haïti)

 

 

 

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