La société de consommation et du plaisir

 

Macaire DagryMacaire Dagry

Nous vivons de plus en plus dans une société qui nous pousse en permanence à la consommation et à toute sorte de plaisir. Et pourtant, certains possèdent déjà une ou plusieurs belles demeures, de belles voitures, les derniers téléphones ou objets à la mode, voyagent plusieurs fois dans l’année à travers le monde, s’achètent ce qu’ils veulent sans vraiment compter etc… D’autres encore se réjouissent dans le changement de femmes ou d’hommes selon leur envie du moment pour satisfaire un désir de liberté et de plaisir. Mais tout cela n’arrive pas à combler les besoins profonds de leur cœur en dépit de tous ces multiples plaisirs.

 

Nous sommes conditionnés pour consommer

 

En effet, nous sommes sans cesse absorbés par une société de très grande consommation qui nous donne le sentiment de croire que le « bonheur » se trouve dans le fait de toujours désirer et posséder en permanence ce que nous voulons. Nous passons notre temps à acheter et à toujours convoiter. Nous sommes sans cesse attirés par une multitude de sollicitations à longueur de journée. A la télévision, dans les journaux, sur les affiches publicitaires dans les rues, sur notre téléphone portable etc…, tout est mis en place pour nous conditionner à consommer au-delà même de nos réels besoins. Tout est fait pour susciter en nous le désir de consommer. De milliers de psychosociologues sont embauchés dans les grandes firmes internationales pour étudier nos comportements et notre psychisme. Leurs objectifs, nous amener à travers les résultats de leurs études psychosociologiques à nous faire consommer n’importe quel produit. En occident, ce phénomène est beaucoup plus visible. Cependant, absorbés par la dynamique de la mondialisation, les populations de nos Etats africains commencent aussi à être conditionnées par ces forces inconscientes compulsives qui nous poussent à consommer pour satisfaire des désirs qui nous sont induits par la publicité et le conditionnement psychologique. Ces psychosociologues et autres experts des techniques de ventes sont donc formés pour susciter en nous des désirs sans cesse renouvelés et aiguiser nos appétits en matière de consommation. Lorsqu’un nouveau produit doit être lancé sur le marché, pendant de nombreux mois, voire des années, il fait l’objet d’études approfondies. Chaque détail du produit doit évoquer en nous le plaisir, le désir et l’envie de le posséder. Le nom, la couleur, la forme, le design, l’odeur etc… doivent réveiller en nous des sens endormis et provoquer un intense plaisir à l’idée d’avoir ce qu’on désir. Ces spécialistes du conditionnement psychique vont donc induire en nous de manière subliminale, des pensées de plaisir qui exciteront tous nos sens, et mêmes sexuels. Une fois que ce conditionnement s’installe dans notre psychisme, il agira insidieusement en nous, provoquant un manque ou une frustration qui ne peut être satisfait que par la possession de ce produit.

 

Souffrance existentielle et morale

 

Ce mécanisme psychologique agit exactement comme lorsqu’une femme ou un homme désire une personne qui lui plait beaucoup. Cela peut créer une frustration de ne pas la posséder. Tout sera alors mis en marche en termes de stratagèmes et de séduction pour conquérir cette personne et la posséder afin de satisfaire cette frustration. Le plaisir de la posséder sera alors très grand, jusqu’à la prochaine frustration qu’il va falloir à nouveau satisfaire. Ainsi, nous passons de désir en plaisir, et de frustration à la souffrance due à ce manque. Cela nous emprisonne donc dans un schéma de répétition. Nous sommes alors conditionnés pour désirer la nouveauté et prendre du plaisir avec ce que nous venons de posséder comme des prédateurs, conditionnés à prendre du plaisir par la possession de leurs proies. Voilà pourquoi, nous pouvons désirer des choses que nous avons déjà. Comme les grands fauves, une fois que la proie est prise, le plaisir disparait, et naît donc la frustration, qu’il faut très vite combler pour jouir d’un nouveau plaisir. On retrouve ce même mécanisme dans le donjuanisme. Dans ce conditionnement de la consommation, l’argent peut devenir alors l’élément central de nos centres d’intérêts pour l’autre, et parfois conditionner fortement notre « amour » pour cette personne. Avoir de l’argent, beaucoup d’argent pour pouvoir tout s’offrir pour se faire plaisir. Le manque d’argent face à nos désirs et plaisirs par la consommation peut également être une source de notre propre souffrance existentielle, spirituelle et morale.

 

 

Macaire DAGRY

 

 

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