RD CONGO – MASSACRES ET FOSSES COMMUNES DE TSHIMBULU : Kinshasa dans le collimateur de la justice internationale

On a connu le drame du Kasaï à travers la vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux. Et comme s’il n’en suffisait pas, des fosses communes, hit au total, ont été découvertes dans la cité de Tshimbulu. Ce n’est qu’un échantillon parmi tant d’autres, indique une enquête réalisée sur le terrain par RFI. Autant de preuves qui noircissent le dossier des autorités de Kinshasa devant la justice internationale, mise à profit pour faire la lumière sur le drame du Kasaï.

 

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Le drame qui s’est produit dans l’espace Kasaï continue à livrer ses secrets. Certes, les deux parties, c’est-à-dire les forces loyalistes et les miliciens se réclamant du chef Kamuina Nsapu, ont fumé le calumet de la paix après le passage du vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, mais les traumatismes sur la population sont bien visibles.

 

Dans tout ce qui se passe dans le Grand Kasaï, ce sont les autorités de Kinshasa qui sont pointés du doigt. Chaque jour qui passe, l’étau se resserre autour de Kinshasa. Et la toute dernière révélation en date est ces fosses communes découvertes dans la cité de Tshimbulu, théâtre de récents affrontements entre les forces de l’ordre et les miliciens Kamuina Nsapu. A ce jour, on en dénombre huit (8) disséminés dans la périphérie de la cité, en pleine brousse.

 

Pour le moment, Kinshasa se monte moins bavard. Mais, nombre d’observateurs pensent que Kinshasa ne va s’en sortir indemne. Car, à travers le monde, des ONG de défense de droits de l’Homme se sont mis à l’œuvre pour réclamer justice en faveur des victimes qu’on présente comme appartenant à la milice du grand chef Kamuina Nsapu. Kinshasa se retrouve dans de sales draps, dit-on.

 

A l’opposé de l’affaire la fosse commune de Maluku, dans la périphérie Est de Kinshasa qui, deux ans après, n’a toujours pas rendu son secret, la question des fosses communes de Tshimbulu ne vont pas connaître le même sort. Des têtes vont certainement tomber. Et sans doute, certains dirigeants haut gradés de l’armée ou de la police devraient tôt ou tard répondre devant la justice internationale. A ce niveau, le dossier est porté par des ONG qui se sont déjà constituées en collectif pour faire toute la lumière sur les fosses communes de Tshimbulu dans le Kasaï Central.

 

Selon les témoignages recueillis, dont RFI en fait un large écho dans une enquête diffusé sur ses antennes, d’autres charniers ont été creusés dans l’espace Kasaï, conséquence de violents affrontements entre les forces de l’ordre et des miliciens fidèles du chef Kamuina Nsapu.

 

Pour le moment, Kinshasa doit se préparer à réunir les moyens de sa défense pour s’en sortir de ce traquenard. D’ores et déjà, on prédit qu’il aura du pain sur la planche pour convaincre la justice internationale de son innocence.

 

Dans les rangs des élus du Grand Kasaï, ils sont de plus en plus nombreux à réclamer une enquête internationale pour comprendre les dessous de l’affaire fosses communes de Tshimbulu. C’est le cas d’André-Claudel Lubaya, président de l’Union démocratique originelle (UDAO), élu de Kananga, qui exige une enquête internationale pour tirer au clair le drame qui s’est produit sur les provinces démembrées du Kasaï.

«Aujourd’hui encore, l’opinion a appris avec consternation, la découverte de huit fosses communes autour de la cité de Tshimbulu, dans le territoire de Dibaya ; fosses dans lesquelles plusieurs corps humains en état de putréfaction sont entreposés les uns sur les autres. Pour l’UDA Originelle, cette découverte confirmée, de surcroît par des témoignages de la population sur les mouvements nocturnes et très suspects des camions militaires dans cette zone, vient confirmer la responsabilité du gouvernement dans cette tragédie qui a indigné le monde entier. Cette dénonciation intervient au moment où deux experts de l’ONU, un Américain et un Suédois, ainsi que leurs 4 accompagnateurs congolais ont été enlevés et sont encore portés disparus dans cette zone alors qu’un épais flou continue de couvrir leur sort», a indiqué à actualite.cd, citant un communiqué de l’UDAO datant du 20 mars 2017.

 

Il exige, par conséquent, « l’ouverture rapide d’une enquête internationale indépendante sur les fosses communes découvertes à Tshimbulu ainsi que sur l’éventualité d’autres charniers dans toutes les zones où les affrontements ont été signalés aux fins de reconstituer la vérité, d’établir les responsabilités et d’offrir aux victimes une sépulture digne ; la démission de tous les responsables nationaux et provinciaux concernés dans la chaîne de commandement dont le silence, l’inaction et la négation s’apparentent à un mépris pour les victimes, leurs familles et pour la nation tout entière; l’organisation d’un procès public et crédible en toute diligence contre les auteurs moraux et matériels présumés de ces actes afin de rétablir les victimes dans leurs droits; la libération sans délai, ni condition des 2 experts de l’ONU enlevés ainsi que leurs accompagnateurs congolais».

 

Par Le Potentiel

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

 

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