RD CONGO – Une résolution musclée attendue de l’ONU

Au courant de cette semaine, plusieurs personnalités engagées dans la résolution de la crise congolaise dont le président de la CENCO et le chef de la Monusco ont éclairé la lanterne des membres du Conseil de sécurité. Toutes les sources de New-York sont formelles : le Conseil est monté au créneau et une résolution musclée sera votée incessamment pour veiller à la paix en RDC.

 

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Sauf contretemps de dernière minute, la résolution sur la crise en République démocratique du Congo sera rendue publique ce mardi 28 mars  par le Conseil de sécurité de l’ONU. Des auditions qui ont été menées cette semaine au siège des Nations unies à New York de même que les consultations menées à Kinshasa ont permis à la France, qui rédige la résolution, de cerner tous les contours de la question congolaise.

 

Pas d’avancée politique à Kinshasa

 

Invité à New York au siège du Conseil de sécurité, Mgr Marcel Utembi, président de la CENCO, a donné, le mardi 22 mars, sa lecture des discussions directes du Centre interdiocésain entre la Majorité présidentielle et le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement. L’on sait que les discussions directes achoppent encore sur les quatre points essentiels, à savoir la modalité de désignation du Premier ministre ; celle du président du Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA) de même sur la répartition des ministères régaliens et l’avenir de la CENCO sous la transition.

 

Alors que la signature de l’arrangement particulier à l’Accord est prévue le lundi 27 mars, chaque composante continue de camper sur sa position. Si le Rassemblement s’en tient au prescrit de l’Accord de la Saint-Sylvestre, la MP veut tout renégocier, profitant de la disparition d’Etienne Tshisekedi le 1er février 2017 à Bruxelles. Marcel Utembi a prévenu les membres du Conseil de sécurité sur le risque d’implosion en cas de non-application du compromis du 31 décembre 2016.

 

Le chef de la Monusco a également éclairé le Conseil sur la situation sécuritaire en RDC. Les poches d’insécurité ne cessent de se multiplier à travers le pays. Devant les 15 diplomates des du Conseil, Maman Sidikou a exprimé ses espoirs mais aussi ses craintes si jamais l’Accord de la  Saint-Sylvestre n’était pas mis en application. Le diplomate onusien fonde son espoir sur la restructuration du Rassemblement dont le nouveau leadership est piloté par le tandem Pierre Lumbi-Félix Tshisekedi, respectivement président du Comité des sages et président du Rassemblement.

 

Maman Sidikou estime que cette restructuration a permis la reprise des travaux sur l’arrangement particulier.  L’enrôlement des électeurs qui a enregistré à ce jour de plus de 19 millions d’électeurs est, pour le représentant spécial du secrétaire général de l’Onu, un bon signe pour le processus électoral qui suit son cours normal en dépit des discussions politiques.

 

Cependant, le chef de la Monusco a prévenu : « Aussi longtemps que le dialogue politique demeure dans une impasse, les tensions risquent de monter ». Rappelant, à cet effet, les attaques faites contre les paroisses et séminaires de l’Eglise catholique à Kinshasa, Kananga, Lubumbashi, M. Sidikou a noté que ces faits font suite aux frustrations accrues au sein de certains segments de la population qui voient le processus politique s’enliser.

 

Toutes ces informations livrées par les différentes composantes impliquées dans la résolution de la crise politique en RDC ont donné de la matière aux rédacteurs de la résolution de l’Onu attendue pour mardi prochain.

 

Kinshasa dans l’œil du cyclone

 

Tenant à rédiger une résolution objective, le Conseil a écouté aussi le son de cloche des représentants du gouvernement congolais. Selon des sources crédibles, toutes les positions de Kinshasa, présentées par le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères, Léonard She Okitundu, ont été battues en brèche. A l’unanimité, le mandat de la Monusco a été reconduit voire  renforcé par des dispositions qui vont dans le sens d’une plus large implication e cette mission onusienne dans le processus électoral. Le nouveau mandat des casques bleus en RDC sera celui de sécuriser les élections. Sans aller jusqu’à une certification des résultats, la Monusco sera appelée à suivre le processus électoral de bout en bout avec quasiment un droit de regard sur le déroulement de toutes les étapes du processus.

 

Bien plus, l’Accord global et inclusif du 31 décembre 2016 a été adoubé par le Conseil de sécurité, lui conférant une force légale qui lui faisait cruellement défaut. Pour le Conseil, c’est l’unique voie de sortie politique et pacifique de la crise née du refus de la majorité au pouvoir d’organiser les élections, en septembre 2016, terme du mandat constitutionnel de l’actuel président de la République.

 

Toutes les institutions à mandat électif sont hors mandat. Le président de la République, le Sénat, l’Assemblée nationale, les assemblées provinciales, les gouverneurs de provinces, etc.  Tous sont hors mandat, sans aucune légitimité, mais se prévalent de la légalité contestée issue de la décision de la Cour constitutionnelle. Grâce à l’Accord de la Saint-Sylvestre, le déficit de légitimité a été retrouvé ne bénéficiant qu’au seul président Kabila. Le Rassemblement qui a participé à cet accord, a favorisé l’accalmie lors du passage de la date fatidique du 19 décembre 2016.

 

Au Conseil de sécurité, il n’y a l’ombre d’aucun doute que cette résolution permettra de mettre sous des barbelés le régime de Kinshasa, accusé d’innombrables griefs. Mettre sous des barbelés, selon les termes du Conseil de sécurité, revient à isoler le régime de Kinshasa, lui imposer un embargo sur plusieurs fronts.

Résolument, l’Onu est déterminée à contraindre Kinshasa à travailler rapidement à la mise en œuvre l’Accord du 31 décembre 2016 dont la finalité reste la tenue de toutes les élections dont la présidentielle et les législatives nationales et provinciales sont prévues en décembre 2017.

 

Le Potentiel

 

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

 

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