SENEGAL – A bord du Wilis, on se souvient encore du Joola

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20 heures. La nuit tombe sur Dakar. Les passagers s’agglutinent sur le pont du Wilis pour faire leurs adieux à la capitale sénégalaise. Une ambiance étrange règne à bord, tous les passagers, touristes et Sénégalais, ont en mémoire le destin du prédécesseur de ce ferry qui rallie Dakar à Ziguinchor. Le 26 septembre 2002, le Joola avait sombré au large de la Gambie. Ce naufrage avait fait près de 2000 victimes. La plupart des passagers sénégalais avaient vogué sur le ­Joola. Malgré le drame, ils en gardent un souvenir ému. «Il y avait un très bon orchestre, le restaurant était fameux, oui l’ambiance était extraordinaire», se rappelle Jean, un commerçant casamançais.

 

Sur le Wilis, fini le temps des cabines individuelles où, selon la légende, des “courtisanes” avaient élu domicile. Le restaurant ressemble davantage à une cantine qu’à un établissement de luxe. Nulle musique à bord.

 

À 2 heures retentit une sirène, lorsque le Wilis passe à proximité du lieu du naufrage. A 6 heures apparaît la somptueuse mangrove de Casamance. Au loin, des pirogues caressent les flots. Sous l’œil jaloux des pélicans, des pêcheurs jettent leurs filets. Des dauphins sautent autour du ferry.

 

Sur le pont, une juriste ­allemande discute avec Clara, une jeune fonctionnaire de Guinée-Bissau, qui serre dans ses bras une peluche. Son petit copain émigré en Europe, Clara est en mal d’affection. Regrette-t-elle le Joola ? «Un peu, bien sûr. Mais ils avaient laissé monter plus de 2000 passagers sur un bateau prévu pour en accueillir 500. Avec le Wilis, au moins, les contrôles sont rigoureux. »

Les dauphins réapparaissent et nous guident, après quatorze heures de voyage, jusqu’au port de Ziguinchor, un havre assoupi au milieu de la turbulente mangrove.

 

Pierre Cherruau

Source : Ulysse

 

 

 

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