KENYA – A Nairobi, la vie sauvage au pied des gratte-ciel

 

Un troupeau de buffles devant la ville de Nairobu (Kenya Tourist Board)Un troupeau de buffles devant la ville de Nairobi (Kenya Tourist Board)

 

“Le parc national de Nairobi est une réserve unique au monde. Des animaux sauvages si près d’une grande capitale, on n’en trouve nulle part ailleurs”, s’enthousiasme Steve, un habitant de Nairobi qui aime se détendre dans la réserve une fois sa journée de travail achevée.

“A l’heure où la nuit tombe, je croise nombre d’animaux près des points d’eau, notamment pendant la saison sèche. Des lions, des rhinocéros ou des girafes”, constate cet enseignant kényan. Mais vous ne croiserez pas d’éléphant, le parc étant trop petit – 117 km2 – pour répondre à ses besoins alimentaires.

 

Il est vrai que cette réserve, créée en 1942 par le gouvernement colonial, a de quoi fasciner. “En rentrant à Nairobi en voiture, au bord de la route principale, j’ai vu des lions qui dévoraient un zèbre”, raconte un habitant. Avec un grand sourire, July, une jeune ranger, explique que ce genre de rencontres est tout à fait normal :“C’est le concept de la réserve. Elle n’est pas entièrement fermée. Les animaux peuvent sortir, vivre leur vie et revenir”, affirme- t-elle.

 

Mais ce fameux “concept” devient de plus en plus difficile à appliquer. En cause, l’urbanisation croissante autour de la réserve. La capitale kényane compte plus de deux millions d’habitants. Avec ses gratte-ciel, ses routes bien bitumées et ses industries florissantes, elle est l’une des villes les plus développées d’Afrique.

 

Alors que vous observez des girafes qui déambulent nonchalamment au milieu de la savane ombragée parsemée de flambloyants alanguis, votre regard est attiré par le paysage à l’arrière-plan, formé par les immenses immeubles de Nairobi. L’espace d’un instant, vous avez l’impression que les girafes se baladent en liberté au pied des immeubles de la « city local« . Mais ce n’est qu’un mirage. Ou presque.

 

July sait où se rendre pour croiser le rhinocéros noir, à quel point d’eau le lion a l’habitude de venir se rafraîchir, à quelle heure l’hippopotame prend son bain ou encore quel buffle il vaut mieux éviter de croiser. La jeune ranger explique que le roi de la jungle n’est pas forcément le plus à craindre. “La girafe peut tuer le lion qui s’attaque à ses petits d’un seul coup de sabot”, affirme-t-elle.

 

Il est déconseillé de descendre de voiture. “A n’importe quel moment, un animal peut attaquer. Ce n’est pas un zoo. L’hippopotame peut se révéler très dangereux. Le buffle peut être très belliqueux et attaquer les humains sans raison apparente.”

July appartient à cette nouvelle génération qui s’est prise de passion pour la nature. “L’époque où seuls les Occidentaux s’intéressaient à la vie sauvage est révolue.” Les scolaires viennent en masse visiter l’hôpital de la réserve, où sont soignés les animaux blessés.

 

Au milieu de l’étendue verte trône un étrange mausolée. Un tas de cendres auprès duquel viennent se recueillir les visiteurs. Les traces d’un autodafé un peu particulier : un feu d’ivoire. C’est là que les autorités kényanes ont annoncé l’interdiction de faire du commerce d’ivoire, dans les années 1970. “Afin de symboliser cette volonté de combattre le commerce illégal, elles ont brûlé de l’ivoire. En bannissant ce trafic, le Kenya a sauvé ses éléphants”, explique George, un visiteur kényan.

 

A la sortie de la réserve, je croise un rhinocéros. Il m’observe. Le rhino blanc sait que je suis juste de passage sur ses terres. Son regard paisible me dit qu’il est chez lui. L’avenir lui appartient.

 

Pierre Cherruau

Source : Ulysse

 

 

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