RD CONGO – 24 AVRIL 2017 : Grande sortie politique de Félix Tshisekedi

La date du 24 avril est historique. Il y a 27 ans, jour pour jour, le peuple gagnait la bataille de la démocratie en contraignant feu président Mobutu à s’ouvrir à la démocratie.

 

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Désormais, en RDC, le 24 avril correspond à la journée nationale de la démocratie. C’est aussi cette journée que Félix Tshisekedi, président du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement – le vrai – a choisi pour s’adresser au peuple congolais. Le 24 avril 2017 consacre donc la grande sortie politique de Félix Tshisekedi, sous l’étoffe de président de la plus grande plate-firme de l’Opposition, à savoir le Rassemblement.

 

Il y a 27 ans, sous la pression de la rue et de la communauté internationale, feu président Mobutu abdiquait dans un discours resté historique, prononcé le 24 avril 1990 en ouvrant la RDC (alors Zaïre) à la démocratie. 27 ans après, la démocratie congolaise patauge. L’élan pris avec l’organisation en 2006 et 2011 de deux cycles électoraux avec la non-tenue en 2016 du troisième cycle. La démocratie congolaise est en crise, confisquée par un pouvoir qui tient à pérenniser son règne, allant à contre-courant de la volonté populaire. L’accord du 31 décembre 2016 qui était censé relancer la machine électorale est au point mort. Comme en 1990, le pays est pris en otage. Et la démocratie, acquise au prix du sang et de durs sacrifices, est en perdition.

Dans l’Opposition qui compte – en tout cas celle incarnée aujourd’hui par le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement – le 24 avril est une date souvenir qui marque le couronnement d’un combat politique contre la dictature de Mobutu. A ce jour historique, une matinée politique est organisée à la permanence de l’Udps dans la commune de Limete qui rallumait la flamme de la démocratie que le pouvoir cherche à étouffer. Le 24 avril 2017 marque aussi la grande sortie politique de Félix Tshisekedi, président du Rassemblement.

 

Réconforté par l’accueil enthousiaste qu’il a reçu dernièrement lors de son retour à Kinshasa, Félix Tshisekedi s’affirme aujourd’hui comme le leader incontestable de l’Opposition. A la tête du Rassemblement, Félix Tshisekedi va donner ce lundi 24 avril une nouvelle dimension à sa carrière politique.

Le peuple a soif d’écouter son leader sur les grandes questions de l’actualité.

Ce lundi 24 avril, Félix Tshisekedi va surement éventrer le boa en apportant un vent nouveau au sein du Rassemblement. Le rendez-vous est crucial. Sous le coup de 14 heures, Félix Tshisekedi s’adresse à la nation.

 

Le chemin de croix

 

Le Maréchal Mobutu a décrété, en larmes, la démocratisation du Zaïre, le 24 avril 1990. Mais, le Guide timonier a tergiversé pendant sept ans sans jamais la mettre effectivement en œuvre. Il sera chassé par Laurent-Désiré Kabila, le 17 mai 1997. À tel point que le souvenir que l’on garde de lui est celui juste d’avoir eu le courage de décréter la démocratisation après 25 ans du monopartisme. Cependant, l’aigle de Kawele est resté dictateur jusqu’à sa fuite sous les fusils des « Kadogo », ces libérateurs que M’Zée a amenés jusqu’à Kinshasa.

 

Après la fuite de Mobutu, le chemin de croix de la démocratie a continué jusqu’au dialogue inter congolais de Sun City, en décembre 2002, d’où la RDC tient  son ordre politique actuel. C’est de ces assises que la RDC tient le pacte républicain actuel, couché dans la Constitution du 18 février 2006. Avec le compromis global et inclusif dégagé dans la Constitution, la RDC a bénéficié des premières élections démocratiques en 2006, puis en 2011. Ces deux cycles électoraux ont permis la stabilité politique. Puis, plus rien.

 

La démocratie congolaise est sérieusement en ballotage. La non-tenue des élections à l’échéance prévue de 2016 a plongé le pays dans une période d’incertitudes. L’accord du 18 octobre 2016, suivi de celui conclu le 31 décembre de la même année, avec l’accompagnement de la Cenco, n’ont pas pu décanter la situation. Plus que jamais, la RDC est plongée dans un vide où la démocratie perd chaque jour qui passe toute sa saveur.

 

Aux multiples appels de la communauté internationale et de l’Opposition, le pouvoir en place fait la sourde oreille. La Majorité présidentielle est restée dans son plan machiavélique de retarder les élections. Même l’Accord du 31 décembre 2016 n’y a rien fait. La MP continue à rogner le temps pour que la tenue des premiers scrutins prévus en décembre 2017 n’ait pas lieu. Le 24 avril 2017 est une date idéale pour la ramener à la raison.

 

Le temps aura raison des forces obscures

 

27 ans après le discours du 24 avril 1990, la démocratie est en danger. Comme le MPR de Mobutu voulait récupérer la situation après avoir libéré les activités des partis politiques, la MP de Kabila pense aussi ramener le pays à son diktat par la corruption, les intimidations et le débauchage. Ce qui est une chimère. Les nations civilisées ne l’accepteront pas.

 

Jusque-là, la MP réussit à retarder les élections, mais le processus reste irrévocable. La RDC a payé le plus lourd tribut pour sa démocratisation. Dès lors, il est illusoire de penser tuer cette jeune démocratie dans le pays de Lumumba. Sans doute le temps aura raison de toutes ces forces obscures, au service de l’autocratie, qui tendent de  bloquer la destinée de paix, de grandeur et  de progrès de la RDC qu’apporte la démocratie. Fort heureusement, « aucun pouvoir temporel n’est éternel ».

 

Le Potentiel

 

 

 

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

 

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