RD CONGO – LES NON-DITS DE LA SIGNATURE DE L’ARRANGEMENT PARTICULIER DU PALAIS DU PEUPLE: Des traîtres trahis

La MP et ses nouveaux alliés débauchés dans le Rassemblement ont réussi leur show jeudi au Palais du peuple en signant l’arrangement particulier à l’accord du 31 décembre 2016.

 

car 7007_200_200

Le document, aussitôt taxé de tripatouillage du compromis de la Cénco par nombre d’observateurs, porte de fond en comble la marque de la MP, à telle enseigne que les taupes, notamment Olenghankoy, Tshibala, Lumbala et Lisanga pressentent déjà le retour de flamme. Tournés en bourriques par leur recruteur, ils auront payé le prix de leur trahison.

 

A quoi aura servi la fronde de Bruno Tshibala et de Joseph Olenghankoy lorsqu’on scrute attentivement la lecture de l’exposé des motifs tels que présentés jeudi au Palais du peuple par Jean Lucien Bussa, délégué de l’Opposition signataire de l’accord du 18 octobre 2016 ? Rien qui vaille. Bruno Tshibala, désormais fragilisé par le critère de désignation repris au chapitre 1er de l’arrangement particulier présenté jeudi au Palais du peuple, se retrouve dans une position inconfortable. Mis en ballottage par le critérium, il ne sait plus s’il sera maintenu à la primature.  Même cas de figure pour Joseph Olenghankoy, autoproclamé président du Conseil des sages du Rassemblement. Il y a de bonnes raisons de soutenir que les deux compères sont les grands perdants d’une trahison qui se retourne à présent contre eux.

 

Qu’en est-il de l’arrangement particulier proposé hier jeudi à la signature ? A en croire le document lu à l’occasion par Jean-Lucien Bussa, la MP a falsifié l’accord du 31 décembre 2016 censé servir de fondement à l’arrangement particulier. Le texte lu jeudi devant les parlementaires  est en parfait déphasage avec les principes fondamentaux retenus dans l’accord de la Saint Sylvestre sous la médiation de la Cenco. En effet, la MP, qui a réécrit l’arrangement particulier, ne s’est pas empêchée de tout remettre en cause mettant à sa merci ceux qui ont cru bien faire en acceptant de trahir. Etre au festin autour de la même table que la MP, en suivant ses règles du jeu ne peut produire que déception et contradiction.

 

Des traîtres ont été trahis sans qu’ils n’aient la possibilité de se redéployer autrement au-delà du cadre dans lequel la MP les confine. Ces infortunés constatent, certes sur le tard, les dégâts de leur engagement pris à démembrer l’Opposition avant de l’anéantir. La mort dans l’âme, ils se rendent à l’évidence qu’ils ont été embrigadés dans une machination savamment montée par les stratèges de la MP. Olenghankoy, Tshibala, Lisanga, Lumbala et consorts sont pris au dépourvu.

 

Comme l’a rappelé Le Potentiel dans une  de ses récentes éditions, le chef de l’Etat a pris sa revanche sur ceux qui l’avaient toujours vilipendé, avant de s’agenouiller devant lui. « Kabila n’a pas la mémoire courte », prédisait déjà Le Potentiel (l’article est repris en remake en page 3). Olenghankoy,Tshibala et leurs compères en ont fait l’amère expérience. Jeudi, le coup qui leur a été assené devrait sans doute laisser des traces dans leur carrière politique finissante.

 

La MP verrouille la Primature et le CNSA

 

Aux termes du texte de l’arrangement particulier lu par Jean-Lucien Bussa, les fonctions de Premier ministre ne sont plus une exclusivité du Rassemblement comme gravé dans l’accord du 31 décembre 2016. La fonction relève désormais de l’Opposition signataire dans laquelle toutes les plateformes de l’Opposition dans leur diversité se trouvent représentées. Après « négociations-imposition » dans l’avant-midi du jeudi 27 avril, c’est une nouvelle composante Opposition qui a été créée.

 

La MP a pris tous les traitres de l’Opposition à contre-pied. Elle a donc dénié aux frondeurs conduits par Olenghankoy l’identité de faire partie du Rassemblement. Dans l’entendement de la MP et selon le principe contenu au chapitre I de l’arrangement particulier du Palais du peuple, ces frondeurs font partie d’une plate-forme non autrement identifiée. A ce titre, ils sont totalement déconnectés des prérogatives dévolues au Rassemblement dans l’accord du 31 décembre.

 

La MP a poussé plus loin sa logique. Alors que Bruno Tshibala occupe déjà le poste de Premier ministre, l’arrangement particulier égrène le critérium de nomination d’un chef du gouvernement, ignorant superbement celui qui a été nommé à ce poste le 7 avril 2017. Si l’on doit s’en tenir au document présenté jeudi à la signature, Bruno Tshibala n’a plus de légitimité. L’arrangement particulier a d’une certaine manière remis en cause sa nomination. Comme d’autres prétendants au trône, Bruno Tshibala doit se soumettre maintenant aux critères retenus dans le nouvel arrangement particulier. En principe, si Tshibala était conséquent envers lui-même, il devrait sans tarder, présenter sa démission et revenir sur la ligne de départ avec tous les autres candidats au poste de Premier ministre. Soit il se soumet, soit il fait de la résistance, à ses risques et périls.

 

Il faut dire qu’en cette matière, la MP et son autorité morale ont gagné leur pari. Ils ont pu obtenir ce qu’ils voulaient auprès des maillons faibles du Rassemblement. Et après les avoir pressés, ils les poussent malignement vers la porte de sortie et la vindicte populaire. Au fond, la MP a fait miroiter des postes mais en les faisant assortir de conditions qui obligent désormais ses nouveaux alliés à adhérer carrément à cette famille politique par dilution.

 

Du côté de la présidence du Conseil national de suivi de l’Accord, c’est encore le bordel qui bloque la voie à Joseph Olenghankoy. Au nom du consensus-imposition mené par le chef de l’Etat, désormais Vital Kamerhe, comme bien d’autres, peuvent prétendre à ce poste. Il n’est plus dit expressément que ce poste revient automatiquement au président du Conseil des sages du Rassemblement. C’est désormais un poste ouvert à tout leader de l’Opposition dont le profil correspond aux critères prévus dans l’arrangement particulier du palais du peuple.

 

Est pris qui croyait  prendre

 

Il n’est pas bon de se retrouver à la place d’Olenghankoy et Tshibala. En fin tacticien, les stratèges de la MP et leur autorité morale ont, après avoir promis monts et merveilles à la dissidence du Rassemblement, repris le contrôle de la situation. Le coup ayant réussi, les frondeurs sont bons pour la fourrière.

 

Pour l’instant, Joseph Kabila a gagné un peu du temps – par la faute des opposants qui ont mordu à l’hameçon. Mais en face de lui, il y a encore et toujours le Rassemblement incarné par le tandem Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi. Ceux-ci n’entendent pas baisser les bras. Dans son communiqué du 26 avril 2017, le Rassemblement promet de faire barrage à la MP dans son projet de proroger de manière infinitésimale le bail de son autorité morale au sommet de l’Etat.

 

Le Potentiel

 

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

 

A lire aussi:

 

RD CONGO – RÉPLIQUE DE LA CENCO À LA MP : Les Congolais sont à Dieu

 

RD CONGO – J. KABILA: Deux fers au feu, diplomatie de sape, anéantissement de l’opposition

 

RD CONGO – Kabila nomme Bruno Tshibala

Commentaires