CÔTE D’IVOIRE – Forum de la 32ème région ivoirienne-Immigration clandestine : le temps des décisions unilatérales révolu

Ils sont venus des quatre coins du monde, les ivoiriens établis hors des frontières du pays, pour prendre part à la deuxième édition du forum qui leur est dédié désormais tous les deux ans. Avec eux, des partenaires au développement, les représentants des ambassades étrangères et des invités spéciaux. L’ouverture a eu lieu lundi au Sofitel Hôtel Ivoire à Abidjan en présence du premier ministre, Amadou Gon Coulibaly et du ministre de l’intégration africaine et des Ivoiriens de l’Extérieur, Aly Coulibaly.

 

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Durant deux jours, aujourd’hui et demain, les participants plancheront sur le phénomène de l’immigration irrégulière, sur les mécanismes d’appui aux projets d’investissement initiés par la diaspora, sur les enjeux et défis liés à la féminisation de la diaspora notamment dans le cadre de l’autonomisation des femmes, donc du développement. Si en 2015, le thème central du 1er forum a été, Diaspora ivoirienne : « Quels enjeux dans une Côte d’Ivoire en voie d’émergence », cette année le thème retenu est : « Diaspora ivoirienne, 32e région de la Côte d’Ivoire ».

 

« Convaincu que, par leurs expériences variées, les ivoiriens établis à l’extérieur, sont un atout irremplaçable pour la Côte d’ivoire et un levier du développement de notre pays, le président ne manque aucune occasion d’inviter les hommes et les femmes qui sont partis, à revenir prendre service dans leur pays où ils ont toute leur place » a introduit, le ministre Aly Coulibaly avant de décliner la mission du gouvernement qui est d’accompagner et d’être attentif aux préoccupations des ivoiriens de la diaspora.

 

Terre d’immigration , la Côte d’Ivoire est, depuis peu, également une terre d’émigration naissante. Evalués à près de d’un million, les Ivoiriens de l’extérieur sont présents dans tous les domaines d’activités. Médecins, ingénieurs, ouvriers spécialisés, banquiers, journalistes, cinéastes, footballeurs, étudiants (…) Il faut donc les organiser pour mieux en tirer profit. C’est pourquoi, le ministère propose que cette autre frange de nos compatriotes représente les populations de la 32e région de la Côte d’Ivoire. Il n’est donc pas anodin que cela soit déjà traduit dans la nouvelle constitution ivoirienne qui ouvre désormais des sièges au parlement (Sénat) aux Ivoiriens de la diaspora afin qu’eux aussi participent de façon efficiente à la vie politique de la nation et au développement du pays.

 

La diaspora constitue certes une force et un vivier économique pour le pays d’origine, mais force est de constater que ces hommes et femmes atterrissent dans ces pays développés, parfois au prix de leurs vies. « Comment faire l’impasse sur l’immigration irrégulière, une réalité qui nous affecte, pourquoi nos jeunes acceptent de participer à ce jeu de la mort où la multiplication des drames quotidiens donne à la tragédie les allures de la banalité ordinaire », s’est interrogé Aly Coulibaly avant de proposer des solutions.

 

« Le temps des décisions unilatérales est révolu. La problématique du fait migratoire doit être analysée dans une perspective géopolitique mondiale. Aux logiques d’affrontements, il importe de substituer une concertation, un dialogue à l’échelle internationale, entre les Etats » a-t-il plaidé. Mais en attendant la mise en place de cette plateforme de concertation interEtats, chacun doit balayer devant sa porte : « Nous avons la responsabilité d’offrir à nos enfants, les perspectives d’une vie acceptable dans leur pays. Car c’est ici, en Côte d’Ivoire, que les nouvelles générations pourront trouver les conditions de leur  épanouissement (…) ». Sans évoquer les causes profondes de ce départ à l’aventure, le ministre a mentionné qu’il faut lutter contre les réseaux mafieux qui exploitent la misère humaine.

 

Le premier ministre, Amadou Gon Coulibaly, président du forum a égrené les dispositifs mis en place par l’Etat pour répondre aux attentes de la diaspora, notamment la création d’un ministère dédié à la diaspora et à l’intégration africaine, d’un ministère de la promotion de la jeunesse, d’une direction générale des ivoiriens de l’extérieur, de l’office du service public national, les campagnes de sensibilisation pour décourager les candidats suicidaires à l’immigration et enfin, la mise en place d’un fonds fiduciaire de l’union européenne permettant d’appuyer les projets pertinents.

 

Philippe Kouhon, envoyé spécial à Abidjan

 

 

Source : http://www.afrikipresse.fr

 

Afriki Presse

 

 

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