GAMBIE – 100 jours au pouvoir, le bilan du président Adama Barrow d’après les gambiens

Les gambiens jugent le président Adama Barrow après 100 jours passé au pouvoir. En février dernier, lorsqu’il prêtait serment dans son pays après une première cérémonie lors de son exil à Dakar, le successeur de Jammeh avait lancé : «La Gambie a aujourd’hui changé pour toujours». Cependant, selon la RFI, après un peu plus de trois mois au pouvoir, tout reste encore à prouver.

 

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Etant au pouvoir, Adama Barrow souhaite nommer Fatoumata Tambajang, mais elle dépasse la limite d’âge de 65 ans. Donc officiellement la Gambie n’a pas encore de vice-président, sauf révision de la Constitution, elle exercera cette position de façon officieuse.

 

Un incident que les partisans de l’APRC le parti de l’ancien président n’ont pas manqué de critiquer. En cela, ils en déduisent que «c’est la preuve que le pays ne peut pas continuer sans Yahya Jammeh ».

Suivant Pa Ebou Sanneh, un fidèle du parti, « cela va faire quatre mois, et on n’a toujours pas de vice-président. Quant à l’électricité, soyons honnêtes, est-ce que c’était comme ça au cours de ces 22 dernières années ? Et ce n’est que le début ».

 

A l’Assemblée, aucune réforme législative promise n’a encore été présentée. Les premières réformes sont attendues, d’après le gouvernement, d’ici la fin du mois d’août. Par conséquent, tout le bilan du président Barrow n’est pas négatif car du coté judiciaire, le pays a réintégré la cour pénal internationale. Mieux encore, le président Adama Barrow a conquis la libération d’opposants politiques et le gel des biens de Yaya Jammeh dans le pays. Reste maintenant à savoir si le système judiciaire réhabilité par Adama Barrow sera capable de juger les proches de l’homme de Kanilai, vu que depuis des mois le procès d’anciens agents des services secrets traîne.

 

Pour l’économie gambienne, elle est des plus délicates : les caisses de l’Etat sont vides. Alors, jusqu’à maintenant, Adama Barrow parie sur l’ouverture à l’international, récoltant des promesses d’aides et des visites d’investisseurs étrangers.

 

Mais le plus gros problème, selon Ismaila Ceesay, enseignant en sciences politiques à l’université de Gambie, c’est le manque de vision du gouvernement d’Adama Barrow. « On n’espère pas en 100 jours que le gouvernement règle les difficultés économiques, on n’espère pas non plus qu’il trouve une solution à la crise du chômage, ce qu’on attend, c’est qu’ils exposent leur projet pour le pays. Mais en échouant, cela signifie qu’ils se savent pas dans quelle direction ils vont », pointe-t-il.

 

Finalement le plus gros changement, c’est cette liberté d’expression retrouvée. Pour le ministre de l’Information, Demba Jawo, les détracteurs oublient un peu vite l’un des plus gros progrès réalisés depuis le départ de Yahya Jammeh. « C’est difficile de mettre le doigt sur quelque chose de tangible qui a vraiment changé. Mais si on va dans la rue, les gens peuvent parler librement, ils n’ont plus peur que quelqu’un vienne frapper chez eux, la nuit, pour les arrêter, c’est au moins une preuve qu’il y a déjà des avancées », avance-t-il.

 

Une liberté que les Gambiens n’hésitent pas à utiliser pour commencer à critiquer leur nouveau gouvernement à leurs yeux un peu trop lent.

 

 

Source : http://www.senenews.com

 

Senenews (Sénégal)

 

 

 

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