Jeunes africains, engagez-vous…en politique !

 

SANS COMMENTAIRE Burkina Chute Compaoré

« Les jeunes Africains s’intéressent à la politique mais s’engagent peu ». Il n’y a pas si longtemps, Radio France Internationale (RFI) évoquait sous ce titre un sondage réalisé par l’institut de sondage Afrobaromètre. Une enquête conduite dans 33 pays africains sur des jeunes de la tranche d’âge de 18 à 29 ans. Et ledit sondage révèle, entre autres, que si plus de la moitié des jeunes s’intéressent à la gestion des affaires de l’Etat dans leur pays, ils sont en revanche peu nombreux à prendre effectivement part aux activités politiques en tant que membre d’une organisation locale, régionale ou nationale. Avec cette notable différence que la culture est déjà plus présente dans les pays anglophones que dans les pays francophones.

 

Nonobstant cette réalité, même dans le géant de l’Afrique qu’est le Nigeria, les jeunes qui militent effectivement dans une organisation politique n’atteignent pas les 50%. Loin s’en faut. C’est tout dire ! Pourtant, et pourtant…les jeunes africains ont manifestement le droit, voire le devoir de s’intéresser au plus haut point à la façon dont leurs aînés gèrent les affaires de leur pays. Parce que cette gestion des affaires publiques ne va pas sans impacter leur avenir, et cela de façon  négative ou positive, selon que leurs aînés auront bien ou mal géré les affaires publiques.

 

Et c’est justement pour cela que les jeunes devraient non seulement s’intéresser, mais également s’impliquer davantage dans la politique pour être plus regardant dans les décisions qui président aux destinées de leur pays, la transparence dans la gestion des deniers publics, le respect scrupuleux des textes et lois…En somme, tout ce qui concerne l’avenir de leur pays.

 

A y regarder de près, dans bien des pays africains, les jeunes ont tendance à considérer la politique comme une affaire de « retraités » qui ne savent plus quoi faire de leur temps ou de « combinards » qui y trouvent leur compte ou encore de « rebuts » de tous les compartiments de la société qui y voient une bouée de sauvetage, ou enfin des gens dont l’office principal n’est rien d’autre que l’intrigue politicienne dont ils tirent leur emploi et leurs revenus. Il n’y a qu’à chercher le sens qu’on donne au mot « politicien » dans le langage local pour se convaincre de la connotation ou de la charge négative qu’il renferme. Pourtant, et pourtant… comme qui dirait, « la politique tant dénigrée est une vocation très noble, elle est une des formes les plus précieuses de la charité, parce qu’elle cherche le bien commun ». Seulement voilà : elle ne s’entend ainsi que si et seulement si les acteurs de la vie politique agissent dans le respect de sa vocation première qui leur fait obligation a priori de se mettre au service de leur communauté.

 

Malheureusement, la politique est souvent infestée par des hommes et des femmes qui ne s’accordent généralement qu’au détriment de ceux qu’ils sont pourtant censés servir. Et en Afrique où elle a longtemps été l’apanage des gens d’un âge avancé pour ne pas dire des « vieux », les jeunes – volontairement ou involontairement -, ont tôt fait de se tenir bien à l’écart. Ainsi tenus en respect, d’une manière ou d’une autre, les jeunes africains ne deviennent qu’un simple réservoir de voix où l’on va puiser à volonté lorsque viennent les différentes élections; lors même qu’ils devraient normalement être l’Alpha et l’Omega de la politique.

 

Jeunes africains, engagez-vous…en politique, et exigez d’être représentés dans les affaires publiques de vos pays respectifs en fonction de vos engagements et de vos compétences ! Au risque d’être sempiternellement marginalisés et manipulés, au gré des intérêts inavoués des uns et des autres, par des personnes ou des organisations qui ne comprennent souvent rien aux problèmes et desiderata des jeunes. Et qui pis est, au risque d’être sacrifiés sur l’autel  d’une pratique, on ne peut plus, rétrograde; et qui veut que la jeunesse accorde à la vieillesse le primat de l’action politique et de l’accès au pouvoir. De quel droit !

 

Par Marcus Boni Teiga

 

 

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