RD CONGO – REFUS D’UNE ENQUÊTE INTERNATIONALE SUR L’ASSASSINAT DE DEUX EXPERTS ONUSIENS: Kinshasa engage un bras de fer avec l’ONU

Kinshasa a décidé d’affronter en duel le Conseil de sécurité de l'ONU, en refusant d'autoriser une enquête indépendante internationale en vue de faire la lumière sur la mort de deux experts de l'ONU tués au Kasaï Central où plusieurs dizaines de fosses communes sont recensées. Question : à quoi aboutirait pareil bras de fer entre les autorités congolaises et la communauté internationale? wait and see.

 

car 7030_200_200

En prenant cette décision de réfuter une enquête internationale indépendante sur l’assassinat de deux experts onusiens survenu dans la province du Kasaï Central en rapport avec le phénomène Kamuina Nsapu et existence de fosses communes, les autorités engagent un bras de fer avec la communauté internationale et risque de se mettre pour longtemps au banc des nations parias. Comment l’Etat congolais qui, apparemment n’a rien à se reprocher dans ce dossier, refuse-t-il que toute la lumière soit faite de manière irréfutable dans une affaire qui a défrayé la chronique du fait du nombre de morts, de déplacés internes et de réfugiés ? Et dire que les dégâts matériels ne sont pas à négliger ! Quel mal y a-t-il à impliquer la communauté internationale dans une enquête indépendante ? Que gagne la nation congolaise dans ce bras de fer dont la justification rationnelle échappe à tout esprit lucide?

 

Répondant à une question d’un média étranger, le ministre congolais des Affaires étrangères, She Okitundu, a déclaré qu’il était hors de question qu’une commission d’enquête internationale se déploie sur le territoire congolais. Selon lui, la justice du pays se chargerait de faire la lumière sur les circonstances qui ont conduit à la mort de deux experts de l’ONU alors qu’ils cherchaient à établir la responsabilité de ceux qui ont tué et creusé des tombes communes pour y mettre des milliers de corps d’innocents. Le chef de la diplomatie congolaise est d’avis que les quelques dérapages enregistrés lors de cette tragédie pourraient être pris en charge par la justice militaire et, de cette manière, le dossier serait clos. Cette façon de régler l’affaire, notent de nombreux observateurs, serait loin de convaincre aussi bien les familles de victimes que le mandant qu’est le Conseil de sécurité de l’Onu.

 

Dans une certaine mesure, l’approche du ministre des Affaires étrangères tiendrait la route si seuls les Congolais étaient concernés comme victimes dans ce drame qui a ébranlé le monde entier et continue à défrayer la chronique. Seulement voilà, ici la donne est différente dans la mesure où des étrangers en mission du tout puissant Conseil de sécurité ont été sauvagement tués par des inconnus.

 

Le gouvernement a présenté les présumés assassins de deux experts onusiens comme étant  « des terroristes » se réclamant de Kamuina Nsapu. Ce dernier était un chef coutumier tué en août 2015 par les forces de l’ordre pour des mobiles qui n’ont pas encore été élucidés jusqu’à ce jour. Officiellement, les autorités disent avoir réglé la question de succession alors que se poursuivent les atrocités en dehors du territoire concerné par le litige coutumier. L’ampleur prise par cette affaire laisse pantois tout esprit lucide. Car, le phénomène Kamuina Nsapu ne semble plus être un groupe homogène qui serait animé par les mobiles du départ. L’on assiste à un essaimage de groupes qui poussent comme des champignons et difficiles à être cernés.

Jusque-là, personne de cette nébuleuse des groupuscules Kamuina Nsapu, n’a donné l’autre son de cloche pour nier cette éventualité qui est désormais ancrée dans les esprits.

 

La question qui brûle toutes les lèvres aujourd’hui est celle de savoir pourquoi le gouvernement se cache derrière le sacro-saint principe de souveraineté pour empêcher le déploiement des enquêteurs étrangers aux yeux plus larges que les enquêteurs nationaux et capables de voir au-delà de ce qui leur était demandé de voir au départ. Y aurait-il de choses à cacher au point d’accepter de défier la communauté internationale dont la nervosité demeure perceptible face au forcing qui se fait en RDC sur tous les plans? Voilà autant d’interrogations qui poussent à croire que les autorités sont désormais engagées sur la voie de l’affrontement avec la communauté internationale au nom de l’affirmation d’une souveraineté tous azimuts mais, hors gamme.

 

Le Potentiel

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

 

A lire aussi:

 

RD CONGO – Luanda s’invite dans la crise congolaise

 

RD CONGO – Kabila défie l’ONU

 

RD CONGO – Le gouvernement Tshibala piégé par l’absence de consensus

 

RD CONGO – LES NON-DITS DE LA SIGNATURE DE L’ARRANGEMENT PARTICULIER DU PALAIS DU PEUPLE: Des traîtres trahis

Commentaires