AFRIQUE – Quand la parité sera-t-elle atteinte en milieu ingénieur ?

Partout dans le monde, les femmes sont minoritaires dans le milieu ingénieur: 13 % aux États-Unis, 21 % en France, 17 % en Allemagne, 10 % en Afrique du Sud, 8 % au Kenya, et la liste est encore très longue.

 

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Qui plus est, force est de constater que toutes les femmes qui étudient l’ingénierie ne deviennent pas ingénieures. 15 % des étudiants en ingénierie sont des femmes en Afrique du Sud, contre 10 % des professionnels. Se pose donc ici un double problème : non seulement les femmes sont sous-représentées chez les ingénieurs, mais elles sont aussi nombreuses à quitter le milieu, même après l’avoir étudier. Cela s’explique notamment par des traditions sociales et familiale.

 

Au delà du problème évident de représentativité et de parité que cela représente, se pose aussi l’énorme enjeux économique du manque d’ingénieurs en Afrique. La présence d’ingénieurs est primordiale à qui veut réduire la pauvreté et accélérer le développement industriel ! D’ailleurs, Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, déclare, à ce propos :

 

On estime que 2,5 millions de nouveaux ingénieurs et techniciens sont nécessaires en Afrique sub-saharienne pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement de l’amélioration de l’accès à l’eau potable et à l’assainissement.”  

 

Dans cette optique, il semble donc indispensable d’encourager les femmes à rejoindre les formations d’ingénieurs.

 

Plusieurs initiatives ont vu le jour, en Afrique, pour donner plus de visibilité à ce milieu vu comme traditionnellement masculin.

 

L’EPF, école d’ingénieur à Sceaux, en France, a lancé, avec 2iE, école d’ingénieur au Burkina Faso, le programme “Ingénieures en Afrique”, afin de promouvoir le secteur auprès de jeunes filles pour qui ces études restent inaccessibles (pour cause, souvent, comme nous l’avons vu, de tradition sociales et familiales). En 2012 étaient recrutées 30 jeunes filles d’Afrique subsaharienne qui rejoignaient les rangs de l’école à Sceaux.

 

En Septembre aura également lieu la Semaine de l’Ingénierie en Afrique, dont le but est d’encourager plus d’élèves à se lancer dans des études d’ingénieurs.

 

Camille RicherCamille Richer

Enfin, notons qu’il est important de fournir aux jeunes filles des modèles en qui elle pourront s’identifier : comment souhaiter devenir ingénieure alors que tous les ingénieurs dont on entend parler sont des hommes ? Il est donc primordiale de donner plus de visibilité aux femmes qui pourront avoir de l’influence sur les jeunes filles, comme ca a été le cas pour Francesca Moki et Helen Ntuengue, ces deux ingénieures qui ont construits des panneaux solaires et fournit de l’électricité dans le petit village de Munyengue Trouble, au Cameroun.

 

Toutes ces initiatives montrent que la situation est en train de changer, et que beaucoup prennent enfin conscience que le manque de parité est bel est bien un problème d’ordre économique.

 

Plus d’informations sur les femmes ingénieures ici.

 

Par Camille Richer

 

 

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