Maison de la Sagesse Fès-Grenade: convivencia et Andalousies

Depuis cinq ans, la Maison de la Sagesse Fès-Grenade conjugue convivencia et Andalousies et elle inspire plus d’un… Bilan.

 

Déclaration du Jardin de la Paix, Pékin, mission d'experts de l'UNESCODéclaration du Jardin de la Paix, Pékin, mission d’experts de l’UNESCO

Il y a bientôt cinq ans à Grenade, nous présentions une vision du monde à la la Maison de la Sagesse (MDS) qui a fait florès depuis… Nous le constatons régulièrement dans nos lectures et pérégrinations, dans les institutions ou sur les réseaux sociaux. Le dernier fait en date est le discours de M. Gérard Collomb, Ministre de l’Intérieur et du culte en France posté sur notre page facebook le 19 juin 2017.

 

Nous avions lancé cette ouverture sur les cultures et les enjeux contemporains avec une envergure que d’aucuns pensaient irréalisables, utopiques… D’abord, nous voulions relier les deux rives de la Méditerranée, à travers la symbolique de Grenade, pour conjuguer la convivencia au présent et au futur et remettre les Andalousies au goût du jour, quand cette notion était balbutiante. Nous participions au Forum de la Paix il y a 4 ans, au Palais Charles Quint. Organisé par le Rotary de Grenade, à l’Alhambra, nous y retrouvions Doudou Diene, ex-rapporteur de l’ONU contre le racisme et les discriminations, un de nos premiers soutiens de taille, et d’autres historiens. Et nous mettions le doigt sur l’épineux problème de l’esthétique et de l’éthique en ce qui concerne l’héritage mixte des Andalousies et cette identité mosaïque ibérique. Diene avait affirmé que ce travail de réactualisation était nécessaire. Ses résultats pouvant s’ouvrir sur le monde contemporain en manque de repères fraternels. Celui-ci, a en effet, besoin d’espaces de références mémorielles où  la convivialité des cultures, des imaginaires, des sciences, des convictions humanistes et des religions ont marqué de leur empreinte indélébile des espaces géographiques et humains.

 

 

Aujourd’hui, nous sommes pleinement reconnus dans cette mission qui inspire de plus en plus les institutions et les gens de culture, nombreux, que nous avons rencontrés durant ces années. Il y a 15 jours, notre mission avec les experts de l’UNESCO en Chine a pu porter ce legs d’une humanité plurielle devant une soixantaine d’experts chinois, français, britanniques, pakistanais, ouzbeks, mongols, marocains, italiens, russes, djiboutiens… Nous en dirons davantage en temps voulu. Retour sur ces années d’action, de réflexions et d’itinéraires croisés d’une aventure humaine inspirante…

 

Siège MDS Fès-Grenade à Médina de FèsSiège MDS Fès-Grenade à Médina de Fès

Création de la MDS en décembre 2012 lors d’une rencontre citoyenne à la bibliothèque de l’Andalousie

 

Nous savions, dès décembre 2012 que réactualiser la convivencia qui a existé en Andalousie et réactiver les trésors de la Maison de la Sagesse, c’était ouvrir des perspectives nouvelles sur le chemin de paix. Cette philosophie était sous-tendue par notre désir de la médiation culturelle et mémorielle et l’Unesco l’ai très vite saisie, en la personne de Doudou Diène, créateur de la route al-Andalus et de Moussa Ali Iye, directeur de Partage et mémoire à l’UNESCO. Ces personnalités nous ont donnés leur soutien dès les premières heures de la création de la Maison de la Sagesse à la bibliothèque de l’Andalousie. Car cette idée n’avait pas été posée dans l’espace public contemporain auparavant. C’est dire la confiance qui nous fut faite dès notre acte fondateur… Ajoutons que cela fut fait grâce à vous aussi, amis et amies de la Maison de la Sagesse Fès-Grenade, avec après de cent signataires mêlant universitaires, étudiants, artistes, scientifiques, poètes,  écrivains, directeurs de musée, citoyens avides de paix… Je cite parmi tous ces consciences sincèrement épris de la convivencia, cette convivialité des différences : Nathalie Bléser, Sandra Rojo Flores, Françoise Souchet, Suheil Serghini, Javier Alvarez, Pedro Enriquez. Puis, Jean-Michel Djian, Ismaël Haidara, Erkut Tokman, Abdullah Al-Suheili…

 

Patio MDS à FèsPatio MDS à Fès

Ce fut un bel élan humain. Oui, ce soir-là nous fûmes les pionniers, à la Maison de la Sagesse, de la réactivation de la convivencia et de la remise en perspective interculturelle les Andalousies et de la convivencia, unissant les différences dans la Cité des Andalousies. Depuis, l’idée a été reprise pour être utilisée en Espagne et ailleurs, pour lancer ou étoffer des projets, nous le lisons régulièrement…

 

Pourquoi les Andalousies ?

 

Nous avions mis en avant la convivencia avec les Andalousies pour souligner qu’elle vit encore au Maroc, en Espagne, en Occitanie, à Palerme, à Istanbul, à Lyon et ailleurs, sur un mode réel et imaginaire aussi. Non seulement sur le mode des survivances mais aussi d’un vécu au quotidien. Cependant, la convivencia, ce vivre-ensemble des religions et des cultures, était un discours inaudible, peu ravivé au-devant des défis du vivre-ensemble contemporain. Ce pluriel andalou, est aussi originaire de la Maison de la Sagesse historique créée à Bagdad. Elle a permis un vivre-ensemble trans-ethnique-culturel-religieux et donna, en dépit des conflits, des beautés et réalisations encore visibles… Oui l’humanité a été capable de dépassement, seul élan qui nous permet de vaincre nos vieux démons récurrents.

 

Depuis le 11 septembre, où les thèses de Hungtington ont frappé les esprits, nous signalons que nous avions déjà l’idée de réactualiser les enseignements transculturels de la Maison de la Sagesse du 9èmesiècle, issus de la grande période d’ouverture califale. La MDS est un lieu emblématique d’une culture humaine planétaire, dans une région des isthmes dont parle Maurice Lombard, une zone carrefour propice aux grandes civilisations faites des apports de tous les humains. C’est là, dans la ville ronde de Bagdad des dirigeants épris de sciences et de connaissances, que fleurirent l’astronomique, la mécanique hydraulique, la fabrication du papier (Fès aussi compta jusqu’à 400 manufactures), les mathématiques, dont la transmission du zéro par Al Qwarizmi, dont le nom a donné l’algorithme, sans lequel il n’y aurait pas eu la formule algorithmique E=MC2 d’Einstein. Les belles lettres, la poésie et les 1001 nuits charmèrent la cour et le peuple. Et d’ici, partit l’esprit d’expérimentation scientifique dont nous sommes les héritiers, après la vaste entreprise de traduction et d’amélioration des sciences gréco-romaines (mais aussi indiennes, persanes, chinoises, mongoles…).

 

Petites grenadines en fleurs.Petites grenadines en fleurs.

 

Nous étions depuis longtemps pour une amélioration de la compréhension entre les humains sur plusieurs portées, notamment culturelles, linguistiques (traduction, transmission des savoirs et idées), philosophiques, religieuses, spirituelles, scientifiques, à l’image de cette prestigieuse institution interculturelle réunissant juifs, chrétiens, musulmans, hindous, zoroastriens, bouddhistes… dans la ville ronde, cœur du monde des arts et des lettres, le Bagdad cosmopolite des humanités. C’est la Maison de la Sagesse qui est la matrice de ce qui a été transmis aux Andalousies, signifiant une vraie rencontre humaine entre Orient et Occident. Un trésor qui avait sombré dans les oubliettes et qu’il fallait ramener à la lumière, pour nous éclairer que le passé a élaboré des points de rencontres et de convergences entre les altérités.

 

Ainsi, lors de nos déplacements, nous n’avons eu de cesse d’informer à ce sujet. L’an dernier, par exemple, nous en avions parlé à l’ex-ministre des Affaires Etrangères de l’Espagne à Nador (voir photos de notre post du 4 mai 2016 sur notre page FB). C’était lors d’une table-ronde au Festival de Cinéma mémoire commune de cette ville. Nous avions alors présidé une table-ronde rendant hommage à M. Boutayeb, le maire de Rotterdam, originaire du Maroc. Et cette idée a été entendue au-delà de nos espérances. Ce terme est réapparu dans la diplomatie culturelle ibérique, notamment en Andalousie, à la Fondation des Trois Cultures, et nous nous en félicitons. Nous avions aussi mis les Andalousies en perspective dans notre thématique, indiquant les promesses d’avenir. Cette autre idée est aussi reprise par des espaces ou des projets reliant les deux rives de la Méditerranée… Cela indique que la Maison de la Sagesse, les Andalousies et la convivencia portent bien une vision inspirante et pionnière, et ceux qui pensaient que c’était une utopie en sont revenus ! D’ailleurs, ne dit-on pas qu’il faut d’abord rêver, puis penser, et ensuite réaliser ?

 

Présentation de Khal Torabully par Suhail Serghini, avec les traducteurs Zohra et Sébastian Ferré, de l'Université de Grenade.Présentation de Khal Torabully par Suhail Serghini, avec les traducteurs Zohra et Sébastian Ferré, de l’Université de Grenade.

 

Nos événements de juin 2013

 

Travaillant depuis plus de 20 ans sur la négociation mémorielle, dialoguant avec des sites de mémoire de l’Unesco à travers l’engagisme et l’esclavage, nous avons saisi l’importance des dynamiques des routes, de leurs lieux emblématiques de transmission pour la création d’un espace patrimonial commun de l’humanité.

 

Il était important de relier. Dès juin 2013, tout en menant nos activités culturelles, la MDS voulut relier Grenade et Tombouctou. Nos activités démarraient bien sous ces auspices. Nous avions invité Jean-Michel Djian, rédacteur-en-chef (papier) de France Culture dans cette perspective. Auteur d’un magnifique livre, Les Manuscrits de Tombouctou (celui que lit le président Hollande en route pour le Mali), il nous expliqua l’importance de ces manuscrits dans l’Histoire de l’humanité (c.f. l’article posté avec ce texte sur notre page FB). Nous avions aussi évoqué la mosquée de Djinguereber, supposément construite par Al-Sahili, fils du chef des parfumeurs de Grenade, qui partit à Tombouctou et qui rencontra Mansa Musa en 1324. La mosquée est inscrite au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO en 1988.

 

Echange chaleureux entre Ismaël Diadié Haidara et Jean-Michel Djian, notre invité d'honneur.Echange chaleureux entre Ismaël Diadié Haidara et Jean-Michel Djian, notre invité d’honneur.

 

Je vous narre ici un moment fort de cet entretien avec Jean-Michel. A un moment de son intervention sur les manuscrits à la bibliothèque de l’Andalousie, remarquant une personne habillée d’un boubou blanc, il me demanda le nom de celle-ci. Je lui répondis : « C’est Ismaël Haidara, le dépositaire d’une partie des manuscrits de Tombouctou. Il est légataire de Fondo Kati. Je l’ai connu peu avant nos activités de la Maison de la Sagesse ». Jean-Michel s’est arrêté net et m’a dit : « Voici une histoire qui prend chair… » Ismaël Haidara n’était pas au programme. La MDS l’avait attiré. Ma mission étant de favoriser une dynamique sur les routes du savoir, je n’hésitai pas à inviter Ismaël Haidara à prendre ma place, à l’étonnement d’une partie du public, pensant à une « faute » stratégique… Qu’importe ! Je pensais que c’était là une occasion exceptionnelle de faire connaître ces manuscrits à Grenade et en Andalousie, et j’assistai aux échanges depuis le gradin. J’avais l’impression, oui, que c’était le destin qui s’accomplissait dans la Maison de la Sagesse à Grenade. Après ces événements à la bibliothèque d’Andalousie, je présentai Ismaël Haidara à une grande et généreuse amie de Grenade, Carmen Espinosa, qui avait travaillé à l’Unesco, lui demandant d’aider le légataire de Fondo Kati, afin que les manuscrits ne tombent pas en poussière. La chose fut entendue. J’ai ici l’occasion de remercier Carmen pour avoir apporté un énorme soutien à Haidara, qui a abouti de la plus belle manière. La Maison de la Sagesse, dès ses premières activités, peut se féliciter de cette mise en contact fructueux.

 

Présentation de la MDS à l'UNESCOPrésentation de la MDS à l’UNESCO

 

Un autre événement mérite d’être souligné, que je raconte pour la première fois. Je cherchais des interlocuteurs juifs pour marquer la convivencia que nous réactualisions durant nos activités de 2013. La veille, la formidable Carmen Espinosa me signala l’ouverture d’un Musée hébraïque, le tout premier, à Grenade cette année-là. Je partis rencontrer sa fondatrice, Isabelle de Sola, qui me reçut avec intérêt. Je lui demandai de venir se joindre à nous pour les activités de la MDS. Elle marqua un temps d’arrêt, me disant : « Vous voulez que je prenne la parole ici, à Grenade ? Vous savez que les juifs n’ont pas pris la parole à Grenade pendant cinq siècles, et c’est lourd d’importance… Rompre le silence après cinq siècles ?»

 

Je lui dis, justement, que la Maison de la Sagesse, qui ravivait la convivencia, la mettant au goût du jour, serait honorée de cette parole car elle a jadis existé, en dépit des vicissitudes, ici, en Andalousie, et qu’il serait salutaire de reprendre l’espace de convivialité qui revenait aux descendants des juifs d’Andalousie lors de nos partages.

 

Le lendemain, Isabelle de Sola accompagnée de Gabriel, son époux, assista à nos activités. Timide, d’abord, puis de façon plus affirmée, elle prit la parole en public, mettant fin à ces siècles de silence des juifs à Grenade. Ce fut pour moi un intense moment de dialogue entre les peuples et les histoires.

Son musée est situé à la plaza Berrocal et porte le nom de Centro de Memoria de Sefardi. La MDS ne pouvait pas mieux débuter ses activités, en réactivant la convivencia des Andalousies, en rappelant la dynamique des routes de la Soie et d’al-Andalus, traversant Bagdad, les Andalousies et Tombouctou.

 

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Sandra Rojo Flores, par ailleurs, fit un remarquable exposé sur les Andalousies, nous montrant un documentaire qu’elle avait réalisé sur la mémoire andalouse au Maroc. Notre ami, le poète A. Benjelloun en est un des émouvants témoins de ces mémoires partagées par-delà la Méditerranée. Sandra nous interviewa sur cette dynamique des routes, des Andalousies de la MDS dans sa thèse, remaniée et publiée sous le titre Andalusies (Abada editores, 2015) que je vous recommande de lire. Vous y retrouverez les propos édifiants d’A. Benjelloun, d’Emilio González Ferrin, d’Abdelmajid Benjelloun, d’Ismael Diadé Haidara, de Reynaldo Fernandez Manzano, de José Muñoz Jiménez, d’Eric Calderwood, de Camila Pastor de María y Campos,de  Gabriel Martínez Gros, d’Abdallah Saaf , de José Antonio González Alcantud et de notre excellente membre de la première heure de la MDS, Sandra Rojo Flores. Elle continue ses recherches à l’Université de Grenade.

 

Puis, Nathalie Bléser, l’âme de cette convivencia, nous parla des entrecroisements de mémoires et d’histoires avec le sérieux de l’universitaire et la fantaisie de Shérézade, personnage qu’elle mit en scène avec succès, d’ailleurs, à Grenade. Traductrice hors pair, Nathalie est aujourd’hui au Nouveau-Mexique, d’où elle nous alimente encore avec la sagesse amérindienne dont elle est une fervente défenseuse. Elle est aussi poète et chercheuse.

 

Pedro Enriquez, grand et fraternel poète de Grenade nous accompagna tout naturellement dans cette démarche de mise en relation entre les mémoires et les histoires. Nous avons pris part à une émission radiophonique mêlant poésie, littérature et débat d’idées. Pedro est un humaniste tisseur de constellations entre les imaginaires fraternels et nous poursuivons avec lui cette fidèle convivencia qui se passe désormais de présentations…

 

Ces activités de juin 2013 prirent fin lors d’un événement dans un institut gastronomique de Grenade. Nous avions souhaité faire goûter à nos convives ce que l’on mangeait à Grenade an 8-16 siècles, en nous plaçant sous le signe de l’esthète Ziryab qui vécut aux 8/9ème siècles et qui avait fui Grenade pour Cordoue au 8ème siècle. Il est, à nos yeux, un des ambassadeurs d’importance de cette convivencia réunissant les arts de vivre et les savoirs de l’Orient et l’Occident ibérique, qu’il conquit au prix de sa créativité foisonnante. Encore un citoyen du monde issu de la dynamique des routes ! J’avais lu une lettre à Ziryab, l’inventeur du repas à trois temps et celui qui inventa la mode en décrétant qu’il fallait s’habiller différemment suivant les saisons. C’est lui qui ajouta la cinquième corde au luth et introduisit le jeu d’échecs et le jeu de polo en Espagne. Cet homme passeur de cultures, cet homme-passerelle est un puits de créativité, je le répète, et un des points focaux de la convivencia d’al-Andalus. Nous rendîmes un hommage à cet artiste hors pair, en savourant les mets que les élèves et les professeurs avaient préparés après avoir consulté les archives, pour nous remettre dans le bain de cette cuisine raffinée dans la péninsule ibérique du 9ème siècle.

 

Voici un extrait de ma lettre-hommage poétique à Ziryab :

 

« Cher Ziryab,

 

Pour toi l’artiste et l’honnête homme qui naquis à Moussoul et mourus à Cordoue au milieu du 9ème siècle, un siècle dur, barbare, certes, mais un siècle aussi de recherches de beauté, de goût et d’échanges entres les saveurs et  les imaginaires de plusieurs terres, je pose en toute simplicité ces quelques mots en partage. Mon cher Ziryab, que peut-on écrire à un esthète, un musicien, un artiste complet adoubé d’un honnête homme ? Que tu ajoutas probablement une cinquième corde au luth ? Te dire que nous appris à manger en trois temps ? Je t’envie mon cher Ziryab… Un homme du signifiant et du signifié, un homme qui fait sens là où d’autres ne voient que violence et stériles différences.

 

Oui,  cher Ziryab, j’aime les hommes carrefour comme toi, les hommes ponts, les hommes qui brassent non seulement les points cardinaux, mais aussi les modes de vie, qui sèment aux coins de la terre le meilleur de ses saveurs, de ses goût et de ses couleurs, et aussi de ses idées, car l’honnête homme est cela, il ne se contente pas d’être seulement astronome, physicien ou mathématicien, non Ziryab, tu ne te contentes pas d’être seulement géographe ou voyageur… Tu indiques des paysages humains de rencontres : en sciences, en cuisine, en parfums, en épices et autres ingrédients. De ce qui aurait pu être venins, tu as fait des parfums. Oui, l’honnête homme définit les limites de la Terre aux limites de son ignorance, à l’infini des connaissances… »

 

Suhail Serghini, musicologue et Pedro Enriquez, poète et animateur radio.Suhail Serghini, musicologue et Pedro Enriquez, poète et animateur radio.

 

De quelques activités de la MDS de 2013 jusqu’à nos jours 

 

Nous avons pu parler de la Maison de la Sagesse en France, au Maroc, à Maurice, en Chine et ailleurs. Quelques participations à des événements sont signalées ici.

Elles sont sur notre page facebook.

Pour rappel, quelques jalons d’un travail de 5 ans :

 

-Nous avons présenté la MDS au siège de l’UNESCO à Paris, en 2014, lors de la remise du Prix Sharjah, devant la Directrice-Générale, Madame Irina Bokova et 1,200 personnes. L’enthousiasme était à fleur de peau. Nous avions été choisis parmi les 4 projets phares de la civilisation arabe prônant ouverture et dialogue et assurant la promotion de la paix dans le monde.

 

-Participation à Noce Sahiliana (célébrant l’architecte et poète El-Sahili) à l’Alhambra. Nous avions fait une conférence sur migrants et réfugiés, en 2015. Cet événement était de toute beauté, rehaussée par le concert de cora du magistral Sidiki Diabaté, du Mali.

 

– Nous avons été nominés pour le Prix international Mémoire pour la Démocratie et la Paix du Maroc (voir notre post du 8 et 16 avril 2016), qui a été remporté par le syndicat UGTT, co-récipiendaire tunisien du Prix Nobel de la Paix.

 

-Co-organisation des Chemins de la Beauté et de la Miséricorde à Ars, réunissant les représentants des 3 religions monothéistes, septembre 2016. On aura remarqué les beaux morceaux de musique andalouse interprétée par Uzman Al-Merabet, musicien talentueux et restaurateur d’instruments de Grenade et la pièce de théâtre sur la beauté de Balagan système.

 

Nathalie Bléser en ShérézadeNathalie Bléser en Shérézade

-Inauguration à Fès, le 2 novembre 2016 de notre siège au Palais Shérézade, à la médina de Fès, par le cardinal Philippe Barbarin, primat des Gaules. Nous avons pu faire connaître notre Maison auprès des autorités et signaler sa nature inclusive des humanités. Nous avons eu l’honneur d’accueillir un parterre exceptionnel de personnalités et d’artistes dans le patio pouvant accueillir 400 personnes. Ce fut l’occasion de présenter notre bureau, constitué de Me Abdel Aziz Sekkat, chef notaire de Fès et militant de paix reconnu, Président,  de Taoufik Sbaï, architecte, trésorier, d’Abdelhaï Benghazi, vice-président, actif dans le tourisme et psychanalyste, de Sophie Crolla, vice-présidente, styliste, et de Khal Torabully, sémiologue, secrétaire-général et fondateur.

 

Mets poétique à l'Ecole de gastronomie de GrenadeMets poétique à l’Ecole de gastronomie de Grenade

 

Tout récemment, le 31 mai et le 1 juin 2017, Khal Torabully, invité à la réunion des experts pour l’élaboration d’un atlas interactif des routes de  la soie par l’UNESCO, a pu présenter, lors de la collecte d’idées, l’importance de la Maison de la Sagesse sur ces routes qui convoyaient non seulement des biens, des objets de science, des marchandises, des livres, mais aussi des idées et des cultures et la propagation et les interactions des religions et des philosophies. En effet, la MDS représente un des lieux emblématiques de cette fécondation des civilisations qui a été la matrice de l’humanité telle que nous la connaissons.

 

Or, il existe bien une dynamique des routes de commerce, qui sont aussi des routes culturelles et civilisationnelles. Celles-ci ont été porteuses de cette convivencia qui a traversé le Tigre, le Nil, le Yang Sé, le Gange, le Douro, le Guadalquivir et le Daro… pour s’essaimer au Caire, à Fès, aux Andalousies, en Occitanie, à Palerme, à Constantinople, à Ispahan, à Samarkand, à Xian et dans d’autres points nodaux de la rencontre humaine. Rappelons que l’Unesco promeut cet héritage et ces valeurs partagés comme vecteurs de la promotion de la paix. Un article relatif à cet événement sera bientôt posté sur la page Facebook de la Maison de la Sagesse Fès-Grenade

 

Il n’échappe à personne que cette dynamique des routes dans laquelle nous nous sommes investis il y a bien 5 ans, en réactivant la convivencia, les Andalousies et la MDS est ô combien d’actualité car elle est reliée à l’esprit historique des routes de la soie qui ont mis en présence nomades, sédentaires, marchands, pèlerins, artistes, industriels, marins, traducteurs, artisans et intellectuels dans un projet de connaissances sans pareil. La Maison de la Sagesse était un de ses cœurs fraternels et les routes ses artères transculturelles. Notre démarche d’inscrit donc dans une logique reconnue et porteuse de paix. Tout comme Ziryab, elle a donné des tons, des saveurs, des idées, des visions et des sonorités nouvelles aux Andalousies, de Grenade à Lisbonne (car le Portugal aussi s’appelait Andalousie jadis). Il nous convient à nous inspirer d’elle, de sa convivencia et de ses Andalousies et de continuer cette ouverture sur nous-mêmes, nos altérités, nos acquis et nos devenirs sur cette belle Terre, hélas bien malmenée par l’incompréhension et l’ignorance. . Le chantier devant nous est vaste et plus que jamais votre fidélité nous importe.

 

Nous continuons à relier les humains dans cet esprit de convivencia réactualisée il y a cinq ans, en vue d’une meilleure connaissance des humanités, afin de semer la paix dans les cœurs, les esprits et les consciences. Continuons ensemble, artisans de paix. Continuez à nous suivre sur notre page facebook. D’autres événements et activités seront annoncées.

 

D’ores et déjà, Merci de votre confiance. N’hésitez pas à nous écrire et d’adhérer à cette mission de paix et de fraternité sur les rives du monde. Vous pouvez faire des suggestions et propositions en MP de notre page. Nous serons à votre écoute.

Ensemble, chers amis et chères amies, habitons cette belle Maison de la Sagesse de Fès-Grenade ! Elle abrite nos espérances d’un monde apaisé, dans lequel l’ignorance et la violence auront reculé face à nos engagements citoyens…

 

© L’Equipe de la Maison de la Sagesse Fès-Grenade, 20 juin 2017

 

Notes :

 

http://www.radiosefarad.com/el-centro-de-la-memoria-sefardi-de-granada-con-beatriz-chevalier-sola/

http://casa-anusim.shavei.org/2014/02/02/visita-al-centro-de-memoria-sefardi-de-granada/

http://www.potomitan.info/torabully/grenade_2013.php

http://www.lemauricien.com/article/espace-citoyen-grenade-khal-torabully-presente-la-maison-la-sagesse

 

 

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