RDC – ELECTIONS ET STABILITÉ ÉCONOMIQUE : Le FMI exige des réponses du gouvernement

Les experts du FMI ont quitté Kinshasa dernièrement après deux semaines de consultations en RDC. Entre la déroute de l’économie congolaise, la tenue impérative des élections et l’examen du projet de budget 2017, le FMI a laissé aux bons soins du gouvernement, en l’occurrence le ministre des Finances, et la Banque centrale du Congo (BCC) un aide-mémoire sur des questions bien précises. Une seule sort du lot : comment réussir les élections tout en garantissant la stabilité du cadre macro-économique ? Le Fonds attend des réponses convaincantes.

 

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L’économie congolaise est encore loin de sortir de l’impasse. Au siège du Fonds monétaire international (FMI), on ne cache plus les inquiétudes de voir la RDC sombrer dans un trou noir. Le projet du budget de l’Etat en discussion au Parlement – jugé irréaliste par nombre de spécialistes des finances publiques – a ravivé les réserves qu’expriment désormais les experts du département Afrique du FMI.

 

En mission dernièrement en RDC, ces experts n’ont pas caché leur dépit. Ils l’ont exprimé à voix audible à toutes les autorités congolaises. Ils sont répartis la semaine dernière de Kinshasa tout en prenant soin de laisser à l’appréciation du ministre des Finances et du gouvernement un aide-mémoire sur certaines questions essentielles. La préoccupation du FMI repose sur le parfait sésame que compte activer le gouvernement congolais pour concilier à la fois l’impératif de la tenue d’élections dans une échéance bien précise et le souci de garantir la stabilité du cadre macro-économique.

 

Une semaine après leur départ, Kinshasa n’a pas envoyé ses réponses. On continue donc d’attendre. En attendant, au Sénat, qui adopte, sauf imprévu, le projet de budget aujourd’hui jeudi, d’intenses discussions ont eu lieu à ce sujet au sein de sa Commission économique et financière. Bien évidemment, les prévisions des recettes – du reste surévaluées en première lecture à l’Assemblée nationale – ont volé la vedette des débats entre les techniciens du Sénat. Mais, sans surprise, rien ne devrait empêcher l’adoption, ce jeudi, de ce projet de loi au Sénat. Ce n’est pas pour autant que toutes les difficultés liées à la mise en œuvre de ce budget ont été dissipées.

 

Il reste une grande étape, apparemment la plus cruciale, c’est-à-dire l’exécution du budget. Avec une moyenne annuelle de 200 millions Usd de recettes mensuelles, on voit mal le gouvernement Tshibala réussir le pari qu’il s’est fixé pour les six prochains mois de l’année 2017. Car, les estimations les plus réalistes attestent que les dépenses inscrites dans le projet de budget 2017, prenant en compte l’alignement au taux budgétaire de 1452,25 Fc, ne peuvent être atteintes que si le gouvernement parvient à réaliser au moins 400 millions Usd par mois. Ce qui est loin de la capacité de mobilisation de l’Etat congolais, via les trois régies financières traditionnelles (DGI, DGRAD et DGDA).

Dans ces conditions, le FMI craint que le gouvernement soit obligé de recourir à la planche à billets. Ce qui ne ferait qu’exacerber les déséquilibres macro-économiques.

 

Soutien sous condition du FMI

 

Selon certaines indiscrétions, le FMI est prêt à apporter son secours au gouvernement. Il s’agit, préconiserait le Fonds, d’aider Kinshasa à concilier l’impératif des élections et le maintien de la stabilité du cadre macro-économique. Mais, comme toujours, la promesse du FMI est assortie d’une série de conditions. On en a répertorié principalement trois, à savoir la fixation par le gouvernement d’une date « irrévocable » de la tenue des élections, la mise en œuvre des mesures de décrispation politique et la promulgation d’un calendrier électoral.

 

De manière spécifique, le FMI attend du ministre des Finances et du gouvernement en général, des mesures concrètes pour remettre de l’ordre dans le plan de trésorerie de l’Etat. C’est le document qu’il attend urgemment. En effet, avec le plan de trésorerie publique, le FMI veut se faire une idée précise des recettes réelles attendues par l’Etat pour juger de la probabilité de réalisation des dépenses y afférentes, comme celles liées au processus électoral.

À son siège de Washington, on n’exclut pas la possibilité d’appuis budgétaires directement destinés aux élections dès lors que le gouvernement répondra à ses exigences.

 

Au ministère des Finances et à la Banque centrale du Congo, des experts sont à pied d’œuvre pour produire un document à transmettre à Washington. On s’y attèle. Jusqu’à quand ? On n’en sait rien. Mais, au FMI, on attend Kinshasa répondre le plus rapidement aux questions reprises dans l’aide-mémoire qui se trouve présentement sur les tables de travail de Yav Muland, ministre des Finances, et DéogratiasMutombo, gouverneur de la Banque centrale du Congo.

 

Le Potentiel

 

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

 

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