IVOR TAN YAN: « Si vous pouvez faire respecter un droit et que vous ne le faites pas, vous êtes complice »

 

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Ivor Tan Yan, activiste social et syndical du Mouvement Premier Mai porte de multiples casquettes : négociateur de la Federation of Progressive Unions (FPU), secrétaire de l’Observatoire de la Démocratie, Head de Young Professional YAC (Youth Against Corruption) et porte-parole du Kolektif Say No to Petroleum Hub. Dans l’entretien qu’il a accordé au Mauricien, il livre son appréciation sur une multitude de problèmes de société, allant du syndicalisme à la défense de l’environnement, en passant par la démocratie, la corruption et la nécessité d’amender les deux lois du travail que sont l’Employment Rights Act et l’Employment Relations Act. Il déplore que le ministère du Travail ne dispose pas d’« enforcement power » — c’est-à-dire, le pouvoir de faire appliquer la loi— pour imposer aux « patrons-voyous » le respect des droits des travailleurs, comme en Chine.

 

 Qui est Ivor Tan Yan?
Je suis un Mauricien engagé, un militant syndical, un militant social et un militant politique. Je suis engagé pleinement.

 

Pourquoi?
Si nous avons de moins en moins de Mauriciens qui s’engagent, c’est parce que nous ne sommes pas arrivés à leur proposer une alternative politique crédible lors des élections. Nous ne pouvons continuer à nous plaindre d’un système sans proposer d’alternative. Nou tir enn sistem ki pa bon, nou ranplas li par enn ki mwin bon, parski swadizan nou pena swa. On ne peut continuer à se plaindre et ne pas s’engager en même temps pour proposer quelque chose d’autre de meilleur.
Or, il y a un obstacle majeur à cet engagement citoyen dans la vie publique qu’il me faut dénoncer : ces contrats de travail où l’on interdit à l’employé de faire de la politique. Ces contrats excluent donc de la vie politique des centaines de milliers de Mauriciens qui, autrement, auraient pu apporter leurs précieuses contributions à l’élargissement de l’espace démocratique. C’est inacceptable. C’est un premier élément qui me pousse dans l’engagement. Alors qu’il y a tant de Mauriciens qui, de facto, sont interdits de faire de la politique, ceux qui sont libres de le faire doivent le faire.

 

L’activiste social Jack Bizlall vous a présenté comme son successeur. Qu’est-ce que cela vous fait de marcher dans les pas de Jack Bizlall?
D’une part, je ne marche pas dans ses souliers. Il y a certains travers dans l’action de Jack qui sont des sujets de discussion bien agités entre lui et moi. Mais comme il est quelqu’un de profondément démocrate et qui n’est pas accapareur, il n’a aucun problème que, moi, j’ai des contradictions avec lui, ni que les autres en aient.
Je ne marche pas dans les pas de Jack. Je marche à côté de Jack. C’est formidable d’avoir quelqu’un d’aussi éclairé qui m’accompagne, qui me guide. Sur les technicités salariales, Jack est très pointu. Il y a des experts qui consultent Jack pour avoir son avis sur le sujet.
Je n’ai aucun problème donc à dire que je ne marche pas dans les traces de Jack, d’autant que nous ne sommes pas d’accord sur certains points, notamment par rapport à l’argent. Aujourd’hui, il y a des syndicalistes qui s’engraissent grâce au « check-off » (Ndlr: contribution des syndiqués). À la Federation of Progressive Unions (FPU), nous avons 11 500 membres et pour faire les salaires à la fin du mois c’est un casse-tête, parce que nous fournissons beaucoup de service gratuitement.

 

Qu’est-ce qui vous a poussé à vous engager?
J’avais 19 ans quand j’ai fait ma toute première action syndicale. J’étais alors animateur dans un hôtel de l’Est. Cet hôtel s’apprêtait à célébrer, avec grandes pompes, l’arrivée du millénaire. Un collègue et moi avions travaillé durant un mois, mais on ne nous avait pas fait signer de contrat de travail. On ne savait même pas combien on allait toucher, alors qu’on travaillait jusqu’à une heure du matin pour reprendre à 7 heures.
Le 24 décembre au matin, nous avons forcé le bureau du HR et nous lui avons dit que s’il ne nous donnait pas de contrat là tout de suite, on quittait son hôtel sur le champ pour le dénoncer à l’inspectorat du travail.
J’ai donc toujours eu au fond de moi ce besoin de combattre l’injustice. Pas en tant que superhéros ou pour défendre l’indéfendable. Simplement pour ce qui est juste et raisonnable.
En France, lors de mes études de droit, je travaillais à temps partiel comme aide soignant avec des personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer. J’avais un très bon salaire, bien qu’étant étudiant. Pourtant, j’ai tout plaqué après avoir dénoncé des cas de maltraitance dans cette maison de retraite, alors que la direction fermait les yeux. Ma dignité, pouvoir me regarder dans un miroir le matin, était plus importante que l’argent que je percevais.
Je me suis donc engagé pour demander ce qui est juste et raisonnable, que mes droits et ceux des autres soient respectés. J’ai fait une maîtrise en droit et j’ai des éléments de réponses qui viennent de là. Quand vous avez la possibilité de faire respecter un droit et que vous ne le faites pas, vous êtes complice.
Je ne condamne pas pour autant ceux qui ne peuvent rien faire. N’oublions pas cette clause dans les contrats de travail qui interdit à des salariés de faire de la politique. J’estime que c’est une clause illégale et anticonstitutionnelle parce que notre Constitution défend les droits des Mauriciens à avoir une opinion politique, qu’ils doivent pouvoir exprimer.

 

En tant que militant syndical, à quoi attribuez-vous le faible taux de syndicalisation à Maurice?
L’absence d’unité syndicale en est une des causes. C’est difficile de rassembler une majorité de travailleurs, alors que les syndicats eux-mêmes n’arrivent pas à s’entendre. J’ai déjà dénoncé une certaine hypocrisie dans le monde syndical, qui ne joue pas en faveur des travailleurs.
D’autre part, il y a un manque flagrant de démocratie dans le monde syndical. Cela ne découle pas nécessairement des agissements des dirigeants syndicaux, mais des membres qui, par peur d’engagement ou par paresse intellectuelle, reconduisent toujours les mêmes à la tête de leur syndicat. Quand on a toujours les mêmes dirigeants pendant 10-15 ans, l’image du syndicat prend un sale coup. C’est pour cela que j’ai toujours refusé l’étiquette de « syndicaliste ». Celui-ci émerge de la lutte syndicale ; moi j’ai été choisi pour assumer mon rôle de négociateur syndical par rapport à mes compétences.
Ce n’est donc pas le syndicat qui veut de cette absence de démocratie, c’est le contexte. Par exemple, ce manque de participation à l’action syndicale. D’ailleurs, comment voulez-vous qu’un salarié adhère à un syndicat, quand il voit qu’il y a des « syndicalistes » qui se comportent de façon si anti travailleurs. En outre, nous avons des hommes et des femmes publiques qui ont été d’anciens « syndicalistes » qui font preuve — aujourd’hui qu’ils sont dans des postes de haute responsabilité dans le pays — d’un mépris total des droits des travailleurs.
Donc, les syndicalistes qui sont divisés, puis les syndicalistes qui sont devenus politiciens sont les deux raisons qui expliquent le refus d’engagement syndical de beaucoup de salariés. Est-ce qu’on voit, au niveau du pays, l’influence de ces anciens syndicalistes dans l’action gouvernementale ? Non !
Il y a un 3e facteur…

 

Lequel?
C’est le chantage à l’embauche. J’ai un cas concret. L’année dernière, de neuf employés d’une entreprise, huit se syndicalisent. On les met à la porte. Je dénonce cette « unfair labour practice » au ministère du Travail, qui n’a pas bougé le petit doigt. Il y a donc une politique de terreur menée à l’encontre de ceux qui veulent se syndiquer.
J’invite les travailleurs à réfléchir : si l’on impose ainsi la terreur contre ceux qui se syndiquent, n’est-ce pas là l’indication que la solution pour sortir de cette oppression qu’ils subissent se trouve dans la solidarité autour d’un syndicat ?

 

Que faut-il amender dans nos lois du travail?
Est-ce normal que nos lois privent de leurs droits les travailleurs qui touchent plus de Rs 30 000 ? Car le ministère du Travail ne défend que ceux qui touchent moins de Rs 30 000. Les autres, ils doivent trouver un avocat privé à leur frais. Que ces lois prévoient qu’en cas de procédure disciplinaire, il suffit à l’employeur « d’écouter » ce que l’employé a à dire avant de prendre une décision finale, est-ce normal ? Est-ce normal que ces lois définissent une journée de travail de huit heures et, en même temps, qu’elle autorise l’employeur à vous faire travailler jusqu’à 90 heures sur deux semaines, et ce, sans vous payer d’heure supplémentaire? Il y a tant d’autres inepties encore qu’il faut corriger.
Mais la plus grande faille dans nos lois du travail, je l’ai découverte en janvier en défendant une guide d’origine chinoise. Elle était étonnée que son employeur ne respectait pas son contrat et que l’inspectorat du ministère du Travail ne puisse obliger l’employeur à respecter le contrat de travail qu’il a pourtant signé. En Chine, la loi peut obliger l’employeur à respecter la loi du travail qu’il a signé avec l’employé. Nos lois sont donc un reliquat de l’engagisme du siècle dernier. Voilà pourquoi nous pouvons avoir ce cas où une pompe funèbre, quand il veut mettre dehors un employé, l’accuse de vol. Allez à la police dire que votre employeur vous a volé parce qu’il ne vous a pas payé vos heures supplémentaires. Est-ce que la police va agir ? Il y a donc des déséquilibres qu’on vit par rapport aux lois du travail.
Le ministère doit avoir un « enforcement power », c’est-à-dire, le pouvoir de faire appliquer la loi, pour imposer aux patrons-voyous le respect des droits des travailleurs.

 

À voir l’indifférence des travailleurs envers les syndicats en général et le grand nombre de conflits industriels rapportés dans les journaux, il paraît que le monde du travail traverse une grave crise…
Effectivement. Le monde du travail passe par une crise de recul idéologique. Les travailleurs ne s’intéressent qu’à leur salaire à la fin du mois, très peu aux conditions de travail et surtout ils veulent à tout prix garder leur emploi.
Selon mon analyse, cela s’explique par trois facteurs. D’abord, il y a le racisme communal. Pour avoir un emploi, souvent on doit s’y soumettre, faire appel à un ministre de la même communauté ou à quelqu’un d’influent de la même communauté que soi. C’est très fort. Déjà on prend en otage le chômeur : pas de bons contacts, souvent communaux, pas de travail.
Puis, encore et toujours le chantage à l’embauche. On me demande de faire quelque chose alors qu’en tant que professionnel, je sais que ce n’est pas faisable. J’en informe ma hiérarchie qui me dit que si je ne suis pas capable de faire ce qu’on me demande, je n’ai qu’à prendre la porte. Cette pression existe dans presque toutes les entreprises mauriciennes, au mépris de la loi.
Car la Section 54 de l’Employment Rights Act de 2008 stipule que c’est une violence que de menacer un travailleur de licenciement quand il refuse de faire quelque chose d’illégal ou contre l’éthique, ou quand son travail n’est pas à la hauteur de la satisfaction subjective de son employeur.

 

Et quel est ce troisième élément?
Le surendettement. Le travailleur a aujourd’hui un accès si facile au crédit qu’il ne se rend pas compte qu’il s’enchaîne avec des dettes pour des années à venir à des taux d’intérêt usuriers. Sans un sou en poche et avec seulement sa carte d’identité, un travailleur peut aujourd’hui entrer dans un magasin et s’acheter quelque chose. Avec un compte chez une institution de crédit, même pas une fiche de paie, cela fait l’affaire. On ne peut risquer son emploi quand on est si lourdement endetté.
Le racisme communal, le chantage à l’embauche et le surendettement sont les trois freins à la syndicalisation des Mauriciens. On ne peut combattre cela que par les urnes.

 

Justement, les électeurs semblent ignorer cette relation entre leurs croix dans l’isoloir et les votes à l’Assemblée nationale…
Par rapport aux élections générales de 2019, une bonne partie des votants n’aura pas connu 1982 et n’aura pas été marquée par les années de braise et de militantisme sauce MMM, ou par l’épisode de la prise du pouvoir par les travaillistes. Donc, ils n’auront pas cet héritage comme fardeau.
En revanche, ces jeunes électeurs auront hérité de cette notion que les politiciens mentent toujours ; ils sauront que les scandales font l’actualité politique à Maurice, que les partis politiques traditionnels épousent un système “raciste-communal” qui divise. Ils sauront tout ça parce que les deux derniers régimes qui se sont succédé ont été élus avec suffisamment de voix pour avoir cette possibilité d’amender la Constitution pour changer cet aspect “communal”, mais ne l’ont pas fait. Notre Constitution a été certes amendée plusieurs fois, mais aucun gouvernement n’a trouvé nécessaire de la modifier pour changer son aspect raciste et communal.
Voilà avec quel bagage les électeurs iront aux urnes en 2019.

 

Quel est l’enjeu selon vous de la partielle au N°18?
Ce serait intéressant de voir quel impact aura le vote “communal” à Belle-Rose/Quatre-Bornes, tant ce vote “communal” est divisé dans cette circonscription. Bien sûr, chaque parti traditionnel viendra avec son électorat— Roshi Bhadain a la prétention de faire appel aux gens de sa caste, de même Arvin Boolell et la candidate du MMM, Nita Juddoo, et celui du PMSD. Le vote des “racistes-communaux” va être déjà divisé parmi ces grands partis.
Qu’est-ce qui nous reste ? Ceux qui votent traditionnellement pour un parti depuis toujours, ensuite ceux qui se donnent la liberté de choisir quelqu’un. Là, il faut offrir une alternative crédible aux électeurs. Je pense donc à Kugan Parapen, le candidat de Rezistans ek Alternativ, à celui du Mouvement Premier Mai (MPM). La décision a déjà été prise de participer à cette élection, mais nous n’avons pas encore décidé d’aligner un candidat ou si nous allons y participer autrement. J’estime qu’avec le MPM, avec l’Observatoire de la démocratie, avec le Kolektif Say No to Petroleum Hub et celui de Say No to Biometric Card, entre autres, nous sommes déjà une opposition extra-parlementaire très active et forte. Mais il nous faut impérativement participer à cette élection, parce qu’il faut donner une alternative aux électeurs. On ne peut leur reprocher de voter pour les mêmes “pie-banann”, “pie-koko”, “pie-filao” et ne pas composer l’alternative.
C’est d’ailleurs comme ça que j’ai rencontré Jack en 2014. Lors d’un meeting, il a critiqué les partis et les syndicats. Je suis allé après et je lui ai dit qu’il faisait de la démagogie parce qu’il ne proposait pas d’alternative. Il est le seul homme public que j’ai rencontré à qui j’ai posé des questions et qui m’a dit « je ne peux te répondre tout de suite, je te répondrai plus tard ». Tous les autres avaient toujours des réponses toutes faites, mais qui ne tenaient pas la route.

 

Vous êtes également un militant-écologiste et engagé dans le combat contre le Petroleum Hub à Albion, entre autres. Comment expliquez-vous que sur le terrain, cette absence d’engagement des citoyens, premiers concernés? Les gens ont-ils peur de s’engager en vue d’affronter le gouvernement?
Opposer l’absence d’engagement à la peur, c’est une conclusion hâtive. C’est déjà extraordinaire ce que l’on a réussi à faire avec le Kolektif Say No to Petroleum Hub. Au départ, il s’agissait d’installer une raffinerie, un stockage et des pipelines d’Albion à l’aéroport. Maintenant, il n’a été réduit qu’au stockage. Vous me dites qu’il n’y a pas eu de mobilisation. Heureusement. Peut-être que s’il y en avait davantage, on aurait renversé le pouvoir. Malgré ce que vous dénoncez comme un manque de mobilisation, deux gros éléments du projet ont été enlevés. Je me dis que l’on doit vraiment être très fort.
Que cette raffinerie ait besoin du stockage ou ait besoin d’un pipeline jusqu’à l’aéroport, c’est cohérent comme idée pour approvisionner l’aéroport. Par contre, aujourd’hui qu’il n’y a plus de raffinerie, qui bénéficiera du stockage ? Ceux qui font le business de l’essence — pas la State Trading Corporation —, ceux qui vont revendre cette essence aux bateaux. Et leurs bénéfices seront détournés vers les compagnies offshore. Finalement, on installera à Albion un petroleum hub, qui ne fera que du stockage. Passer de 3 500 navires à plus de 10 000 par an, augmenter le nombre de marins qui se baladeraient dans Port-Louis alors qu’on n’a pas de lieu d’accueil respectable pour eux, augmenter la quantité d’eau de ballast contaminée dans nos lagons… Nous allons en même temps dégrader et détruire un paysage magnifique que le collectif demande à faire inscrire au Patrimoine mondial de l’humanité. Tout cela au profit de qui ? Qui profitera du “bunkering” ? Combien d’emploi va-t-on créer alors qu’on aura détruit des milliers d’autres dans le tourisme et la pêche à Albion ? Sans compter l’impact de ce petroleum hub sur la santé des gens.
Surtout que notre projet de patrimoine mondial est beaucoup plus rentable car l’Unesco a établi que l’inscription d’un site sur sa liste fait grimper la fréquentation touristique par au moins 20%. Il y a à Pointe-aux-Caves des explorations spéléologiques (des cavernes), dont l’exploitation touristique n’a pas encore été étudiée, d’où le nom du site.
Le comble, c’est que le monde aura complètement épuisé les énergies fossiles vers fin 2060. Cette échéance a été ramenée à environ 33 ans. Est-ce raisonnable d’investir autant dans la dégradation d’un site naturel à cause d’une infrastructure alors même qu’on sera incapable de réhabiliter le site une fois que cette infrastructure ne sera plus d’aucune utilité dans 40 ans ?
Ne parlons pas du ridicule. Dans le monde maritime, partout là où il y a un phare, les capitaines en éloignent leur navire parce que le phare signale un danger. Maurice sera l’unique pays au monde où un phare signalera un quai. Nous allons faire école, car nous allons être le seul pays au monde où les capitaines devront diriger leur navire vers un phare ! On va être célèbre pour cela !
C’est inacceptable que le gouvernement n’a pas jugé nécessaire de consulter la population avant d’implanter ce Petroleum Hub sur notre territoire. Écoutez l’opinion des autres, c’est faire preuve d’intelligence et de sagesse, dit-on. Notre gouvernement ne fait preuve ni d’intelligence ni de sagesse.

 

Source : http://www.lemauricien.com

 

Le Mauricien (Maurice)

 

 

 

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