Le racisme antinoir et l’apathie de nos leaders politiques

 

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Depuis quelque temps, se diffusent sur les réseaux sociaux des articles tendant à discréditer les noirs, les Africains surtout, leur déniant leurs capacités de réflexion et stigmatisant leurs présumées propensions à la paresse et leurs tendances à se « multiplier comme des rats ». Certains d’entre nous se font innocemment les relais de ces textes. C’est une erreur. Ne nous laissons pas distraire. Il s’agit encore d’une stratégie pensée et programmée pour continuer de générer une mésestime de nous-mêmes, une détestation de ce que nous sommes, de notre culture, de notre civilisation. Exactement comme les Négriers l’avaient fait, les prêtres chrétiens à leur suite, puis enfin, les colonisateurs pour justifier leurs différentes entreprises de domination de l’Afrique et des Africains.

 

La politique de la « tabula rasa » qui consistait à tout raser pour y implanter leurs cultures procédait de la même idéologie. Certains philosophes qui étaient censés apporter la lumière à leurs contemporains, ont, parce que liés à des entreprises d’exploitation, à des familles bourgeoises ayant pied dans les affaires, produit des réflexions d’une rare cruauté pour endormir la méfiance de leurs propres population sur la vraie nature de ces compagnies opérant sur le continent noir. Montesquieu par exemple a dit « on ne peut pas se mettre dans l’idée que Dieu qui est un être sage, ait mis une âme, surtout une bonne âme dans un cops si noir (Esprit des lois, XV, 5)Voltaire acquiesce et ajoute « les blancs sont supérieurs aux nègres comme les nègres sont supérieurs aux singes (Traité de la Métaphysique) Emmanuel Kant conclut : « la nature n’a doté le nègre d’Afrique d’aucun sentiment qui ne s’élève au-dessus de la niaiserie. Les Noirs sont si bavards qu’il faut les séparer et les disperser à coups de bâton »(Essai sur les maladies de la tête)…

 

Des siècles après ces perles et les suites qu’elles ont engendrées, on nous revend encore les mêmes idées sur l’Africain en y rajoutant des choses absolument innommables. Désormais, à côte des défauts qu’on a trouvés chez les Africains, ce sont les chefs d’Etat occidentaux qui produisent ces discours sur nous, sur notre civilisation. Nicolas Sarkozy avec son fameux discours de Dakar, Trump avec ses incohérences sur les Africains et, depuis quelques semaines, les paroles rapportées de cet immature de Macron. Mais quand ces gens-là, à travers leurs émissaires, débarquent sur le continent pour signer des contrats, prendre des mallettes d’argent et proposer aux dirigeants africains le positionnement stratégique de leurs pays sur nos terres, on ne leur oppose aucun refus.

 

Florent Couao-Zotti, écrivain.Florent Couao-Zotti, écrivain.

 

On a des chefs d’Etat incultes qui ne savent pas défendre leurs peuples contre les présidents racistes. Il y a peu, des hommes comme Sankara ou Mandela les auraient remis à leurs places. Car, plus que des dirigeants, ces deux hommes étaient des leaders éclairés.

 

Alors, en face des articles racistes qui ne sont que le prolongement des textes du siècle des (fausses) lumières, ne soyez pas les véhicules de ces idées. Laissez-les là où vous les avez trouvés et passez votre chemin. Le racisme meurt de lui-même quand il ne trouve pas le terreau sur lequel il pense prospérer.

 

Florent COUAO-ZOTTI

 

 

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Commentaires

  1. Le , Mohamed Abdillahi Bahdon a dit :

    Florent Couao-Zotti met sur le doigt une position, qui doit nous comme noirs.es nous interpeller, qui ne doit pas nous laisser indifférents.es et encore moins complices. Oui, les propos antinoirs refont surface après une période où la prise de conscience des premier.es victimes ont pris pris conscience de la lutte à mener. Si ces propos sont tellement banalisés depuis quelques temps, leur diffusion et leur inculcation par les victimes elles-mêmes, leurs.es auteurs.es profitent de l’apathie de nos dirigeants.es et intellectuels.es. Il faut réagir à ce type de propos, on ne doit pas laisser ces individus raconter n’importer quoi sur les peuples noirs. Oui, Sankara et Mandela auraient réagit à l’amateurisme de Macro, qui confond valeurs bancaires, de spéculation destructrive, et pensée intellectuelle. N’importe qui ne peut disserter sur la civilisation, encore moins un obscure banquier, qui par la peur de l’extrême-droite, arrive au Sommet de l’Etat. Non, merci Macron, nous n’avons pas besoin de ta civilisation. L’origine de la civilisation est africaine comme l’être humain a une origine africaine. Il faut sortir du prête-à-dire du capitalisme destructeur des structures sociales.

  2. Le , Bahdon Mohamed Abdillahi a dit :

    Le racisme non seulement banal, mais le racisme institutionnel refait surfance dans les sociétés occidentales, qui traversent une crise morale, une crise d’existence. Comme écrivait le politologue Bertrand Badie, les Occidentaux.es ne sont plus les seuls.es au monde, mais ont-ils/elles seuls.es un moment donné? L’auteur fait une analyse des relations internationales entre la fin de la période coloniale, surtout la décennie 1960 et nos jours avec l’apparition d’un grand nombre de pays. Ces pays, dits du Sud, ont mis en difficulté les politiques des pays du Nord.
    Comme le dit fort justement, ce racisme anti-noir peut se banaliser si les dirigeants.es et intellectuels.es du continent africain ne réagissent pas. Aux propos fracassants de l’immigré Sarkozy (plus français que les gaulois), il y avait eu une floraison de réactions. A l’ignorance de Macron, qui traverse difficilement la quarantaine, on se doit d’agir. A ce président a aussi besoin quelques leçons d’histoire, de philosophie et de civilisation pour sortir de son monde bancaire, qui baigne dans la corruption et les scandales de tous types. L’Afrique n’a pas à recevoir de leçon à des pays, qui pillent ses richesses. Chaque peuple a une civilisation, qu’il le marque dans ses structures, ses actions, ses relations la nature, avec les autres peuples du monde… Macro devait penser avant de prononcer un discours, les mots et le contexte dans lequel ils sont prononcés entraînent des réactions, parfois inattendues, ils montrent le niveau d’ignorance de la personne qui prononce.