MADAGASCAR – VIOLETTE KAKYOMYA: « Le ni…ni ne s’applique pas pour 2018 »

Les propos de la coordonnatrice résidente du SNU pourrait rassurer certains acteurs politiques souhaitant être candidats à la présidentielle. Selon ses dires, le « ni…ni », ne devrait pas s’appliquer pour le scrutin de 2018.

 

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Franc. En réponse aux journalistes, hier, l’avis de Violette Kakyo­mya, coordonnatrice résidente du Système des NationsUnies (SNU), à Madagascar, était claire, notamment, sur l’éventualité d’un nouveau « ni…ni ». Sans ambages, la diplomate a déclaré : « Je ne pense pas que cela s’applique aux élections de 2018 ». Durant une conférence de presse, pour faire le point sur les réalisations du SNU durant le premier semestre de cette année, à son siège, à Andra­haro, hier, la coordonnatrice résidente a souligné la période exceptionnelle dans laquelle a été décidée l’application du « ni…ni ». Qu’il s’agissait d’une décision dans le cadre de la Feuille de route. Il est martelé dans la loi cadre de la période transi­toire que le processus qu’elle régit « doit déboucher sur des élections crédibles, libres, justes et transparentes ».

 

Les candidatures d’Andry Rajoelina, ancien président de la Transition, Lalao Ravalo­manana, ancienne première dame, et Didier Ratsiraka, ancien chef d’État, avaient bloqué la présidentielle de sortie de crise, en 2013.

 

Cette situation avait amené la communauté internationale, dont l’immixtion dans les affaires nationales, notamment, en matière électorale, avait été permise par la Feuille de route, de faire pression pour que ces trois personnalités acceptent le « ni…ni ». Devant la presse, hier, la coordonnatrice résidente du SNU, a affirmé n’avoir aucune intention de s’ingérer dans les questions d’ordre national.

 

Seulement, les propos de la diplomate ne devraient pas laisser de marbre, la classe politique, particulièrement, les camps des partisans d’Andry Rajoelina, et Marc Ravalomanana, ancien chef d’État.

 

Univoque

 

La crainte de l’existence d’un nouveau « ni…ni », a, en effet, refait surface durant les débats précédant le vote de la loi sur la réconciliation nationale, à l’Assemblée nationale, l’année dernière. Les camps de ces deux anciens dirigeants affirmaient que le texte avait pour objectif non-dit de les écarter de la prochaine présidentielle. Les mots de la coordonnatrice résidente du SNU, devraient, cependant, rassurer certaines franges de la classe politique sur le point de la communauté internationale. Il a d’autant plus, été dit, hier, que le Program­me des Nations-Unies pour le développement (PNUD), est le chef de file de l’appui international des préparatifs électoraux.

 

La diplomate, par ailleurs, a soutenu, hier, que si l’on se réfère à la Constitution, « les élections devraient se tenir, en 2018 ». Violette Kakyomya, de plus, n’est pas la première à avoir partagé sa position sur le sujet. Robert Yamate, ambassadeur des États-Unis, durant l’« Independence day » à la résidence américaine, à Ambaran­jana, le 30 juin, avait plaidé pour des « élections ouvertes à tous », en parlant des échéances électorales de 2018, notamment, la présidentielle.

 

Quelques jours auparavant, durant une réception, à la résidence de la Grande Bretagne, à Ivandry, Timothy Smart, ambassadeur britannique, avait, lui aussi, défendu l’idée « d’élections transparentes, crédibles, équitables et inclusives, l’année prochaine ». Étant donné le contexte politique, quelque peu houleux du moment, la communauté internationale semble se mobiliser et affirme une position univoque, pour apaiser les humeurs afin de réduire, autant que possible, les risques d’une crise postélectorale.

 

Comme l’a indiqué l’ambassadeur américain, le 30 juin, « c’est souvent la période pré-électorale, durant laquelle se tiennent les préparatifs et les campagnes, qui constitue la principale source de problèmes ».

 

Lors de son passage sur le plateau de TV5 monde, le 29 juin, Hery Rajaona­rimampianina, président de la République, a été questionné sur l’autorisation ou non de Marc Ravalomanana, à être candidat. « Je pense qu’il n’appartient pas au Président en exercice, ou à l’ancien Président de décider de son sort. Il y a des organes qui y sont dédiés. Laissons-les faire », a-t-il répliqué.

 

Garry Fabrice Ranaivoson

 

 

 

Source : http://www.lexpressmada.com

 

L’Express de Madagascar (Madagascar)

 

 

 

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