AFRIQUE-EUROPE : un mini-sommet à l’Elysée pour parler immigration

« Le Président de la République, Emmanuel MACRON, recevra, lundi 28 août, au Palais de l’Elysée les chefs d’État tchadien et nigérien, les chefs des gouvernements allemand, espagnol, italien et libyen ainsi que la Haute-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité. Ces travaux seront l’occasion de réaffirmer le soutien de l’Europe au Tchad, au Niger et à la Libye pour le contrôle et la gestion maîtrisée des flux migratoires » dit le communiqué de l’Elysée adressé ce jeudi 24 août 2017 aux rédactions et dont Afrikipresse a eu copie. Il ajoute que le président Emmanuel Macron et les chefs de gouvernements allemand, espagnol et italien évoqueront ensuite les sujets d’actualité européenne.

 

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Les enjeux d’une telle rencontre

 

La Libye, le Tchad et le Niger sont considérés comme les principaux pays de transit pour les candidats à l’immigration vers l’Europe, notamment vers l’Espagne et l’Italie. Malheureusement ceux-ci sont pour 90% bloqués dans ces pays, non pas du fait d’un contrôle et d’une gestion maîtrisée du flux migratoires, mais du fait de leur exploitation par de véreux passeurs, de véritable marchands d’humains.

Dans sa livraison du 16 août 2017 le quotidien français, Le Monde publie un compte rendu de son envoyé spécial Frédéric Bobin à Misrata (Libye) intitulé « L’enfer migratoire de la Libye ».

 

Selon le confrère, avant d’entreprendre la traversée de la Méditerranée, les migrants sont victimes de violences, de travail forcé et d’extorsion. « En Libye, nous ne sommes que des esclaves » témoigne, Ernest Ikpotokin, un jeune nigérian, qui ajoute « nous sommes fatigués, nous voulons juste rentrer chez nous ».

En 2016, l’Italie a accueilli près de 180. 000 personnes sur ses côtes. Elles proviennent pour la majorité du Nigéria, de l’Erythrée, de la Gambie, du Soudan, de la Guinée et de la Côte d’Ivoire.

 

La Côte d’Ivoire à l’épreuve du flux migratoire

 

Le 16 août 2017, Issiaka Konaté, directeur général des Ivoiriens de l’extérieur a affirmé que la Côte d’Ivoire est passée de premier pays africain pourvoyeur de migrants clandestins à la 4e place. Arguant que tous les migrants possédant un passeport ivoirien, ne sont pas forcément de nationalité ivoirienne. Mais si le pays, lui-même terre d’immigration (26% de la population est étrangère) a pu freiner le départ de ces personnes, pour la plupart des jeunes, des femmes avec parfois des nourrissons, c’est grâce à la politique du ministère de l’intégration africaine et des ivoiriens de l’extérieur, en matière d’insertion des jeunes dans le tissu économique du pays, et surtout à une vaste campagne de sensibilisation sur le terrain avec l’appui des ONG. En mars 2017, la Côte d’Ivoire avait réussi à rapatrier près de 151 migrants clandestins vers Abidjan en provenance de la Libye.

Au dernier forum de la diaspora tenu à Abidjan, en mai dernier, plusieurs recommandations avaient été faites pour réduire le nombre des candidats à cette aventure périlleuse et risquée.

 

 Une coopération nord-sud s’impose

 

En attendant les conclusions du mini-sommet de l’Elysée qui a lieu le lundi 28 août prochain à Paris, seule l’Italie a déjà mis en place « un fonds Afrique » pour la lutte contre l’immigration clandestine. Il pourrait être suivi par l’Allemagne qui a promis une aide aux pays africains lors de la conférence de Berlin les 12 et 13 juin 2017, peu avant le sommet du G20 tenu à Hambourg les 7 et 8 juillet 2017 au cours duquel il était question d’apporter une réponse adéquate en ce qui concerne la crise des migrants et des réfugiés.  A ce sommet de haut niveau, les dirigeants des 20 plus puissants pays au monde, sont convenus d’intensifier la coordination et de prendre des mesures à l’encontre des passeurs et des trafiquants d’êtres humains. Endiguer les causes profondes des migrations et soutenir les pays d’origine et de transit constituent également des priorités pour les dirigeants.

 

 « Le trafic de migrants représente une entreprise organisée, qui a généré l’année dernière 1,6 milliard de dollars pour la seule Libye. Ces profits permettent aux passeurs de contrôler certaines parties du pays. Ils coopèrent également avec les terroristes, compromettant encore davantage la stabilisation de la Libye », avait déclaré le 7 juillet 2017 lors d’une conférence en vue du sommet du G20, Donald Trusk, le président du Conseil Européen.

 

Philippe Kouhon

 

 

Source : http://www.afrikipresse.fr

 

Afriki Presse

 

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