BENIN – SUSPENSION DU MAIRE DE COTONOU : la réplique de Richard Soglo à Joseph Djogbénou

 

Joseph Djogbénou, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice - BéninJoseph Djogbénou, Garde des Sceaux, Ministre de la Justice – Bénin

 

La suspension du Maire de la ville de Cotonou et a perquisition de son domicile par les officiers de la police judiciaire continuent de faire des vagues au sein de l’opinion nationale.

 

Reçu ce Mardi 1er Août 2017 sur la chaîne de radio “SOLEIL FM”, le Secrétaire National Adjoint à la jeunesse du parti de la Renaissance du Bénin et Chef Services Affaires Juridiques et du contentieux de la mairie de Cotonou, Richard Soglo  a livré sa part de vérité sur la difficile collaboration du Maire de Cotonou avec le gouvernement du président Talon et sur les déclarations du ministre Joseph Djogbénou lors de sa sortie médiatique du samedi dernier.

Sur la légalité de la procédure ayant abouti à la suspension

 

Par rapport à la légalité de la procédure qui a abouti à la suspension du Maire, Richard Soglo invite le ministre de la justice, de la législative et des droits de l’homme à se référer aux dispositions des articles 54 et suivants  de la loi: 97-029 qui évoquent les cas de fautes lourdes et la procédure de suspension, de révocation d’un maire, la loi 97-028 articles 16 et suivants qui parlent du CDCC et ses attributions ainsi qu’aux articles 76-77 du code de procédure pénale en vigueur en République du Bénin.

Sur les audits à la Mairie de Cotonou

 

Selon Mr Richard Soglo, les audits sont l’ordre normal des choses. L’État central est le garant des finances publiques et à ce titre, l’État a donc le devoir de contrôler l’usage qui est fait des fonds mis à la disposition des communes et ces dernières en sont conscientes et habituées.

 

La mairie de Cotonou a toujours reçu des missions d’audits depuis l’avènement de la décentralisation. Du président Kérekou, passant par Boni Yayi jusqu’à Talon Patrice. Mais ce qui soulève interrogations et suspicions, c’est le nombre d’audits commandités par l’État central en un temps record depuis l’avènement de Patrice Talon au pouvoir et plus précisément après le rejet du fameux projet de constitution.

 

La méthode semble indiquer qu’on est entrain de chercher des poux sur le crâne rasé du chauve qu’est le maire de Cotonou, fils de Rosine Vieyra Soglo? ”Suivez mon regard!(l’un des acteurs clés de l’échec du projet de révision de la constitution-NDLR).

 

En effet, plusieurs cabinets nationaux puis Fiduciaire d’Afrique du Sieur Dagnon qu’on ne présente plus, vu ses accointances avec le chantre de la rupture. Ce qui vient corroborer toutes nos suspicions, c’est l’envoi du Cabinet Deloitte.

“Pourquoi le Cabinet Deloitte ? Alors que nous savons pertinemment que le fils du Président Patrice Talon y travaille comme employé et que l’actuel ministre des Finances Romuald Wadagni fut employé de ce même Cabinet”

 

Étant donné que les autres cabinets d’audits n’ont rien trouvé comme malversation, il faut à présent passer par tous les moyens pour coller quelque chose au maire aux fins d’assouvir sa soif de vengeance.

Ceci semble donc être un problème politique qui a pour origine le rejet du projet de révision taillée sur mesure de la constitution dont tout le monde connaît le rôle combien important joué par la doyenne d’âge de l’Assemblée Nationale, l’honorable Rosine Vieyra Soglo qui est malheureusement la mère de Léhady Vinangnon Soglo, Maire de Cotonou.

Sur le point de la perquisition du domicile du Maire de Cotonou

 

A en croire Richard Soglo, la perquisition du domicile du Maire n’est qu’un argument trouvé pour répondre à leur échec dans la tentative d’enlèvement de Léhady Soglo. Pour lui, il a été déployé dans le domicile du Maire, une horde d’envahisseurs barbares de plus 40 véhicules remplis de policiers dans le but d’enlever le maire de Cotonou. “N’ayant pu mettre la main sur ce dernier avant l’alerte des populations et surtout l’insistance de la défense du maire qui exigeait le mandat d’arrêt, ils étaient obliger de prétexter une perquisition ridicule.

 

Ridicule dans la mesure où Djogbénou sait qu’aucun maire ne peut garder de documents comptables d’une mairie à domicile. La loi sur la décentralisation dit clairement que c’est l’État central qui nomme les receveurs et ces derniers ont à charge la comptabilité des mairies. Comment comprendre que le domicile dudit receveur n’ait été perquisitionné? Et qu’on aille se ridiculiser sous ce prétexte fallacieux?” s’est-il interrogé.

 

Le chef du commando était habillé en tenue locale ”bomba”.

 

Il martèle que ça ne fait l’ombre d’aucun doute que l’objectif visé était l’enlèvement du maire. “Comment peut-on faire confiance en un homme habillé en tenue non réglementaire alors qu’il s’agit d’une mission officielle ?” a-t-il ajouté avant de poursuivre: Est-il nécessaire d’assiéger une maison avec plus de quatre cent policiers pour effectuer une simple perquisition alors que la loi a prévu un maximum de quatre hommes en uniforme en cas de refus de l’intéressé?

 

Comment a-t-on pu mobiliser autant de policiers dans un pays où l’administration policière se plaint constamment de manque de personnels?

 

C’est clair comme l’eau de roche que cette opération est tout sauf légale avec beaucoup de non-dits.

 

Sur la Question de l’audition et de la suspension du Maire:

 

Sur cette question, Richard Soglo démontre que les textes n’ont pas été respectés car la procédure d’audition confère au maire le droit de répondre par écrit. Mieux la décision de suspension se décide par les membres du conseil départemental et consignée dans un procès-verbal dûment signé par les membres.

Mais curieusement, en dépit des réclamations émises par les membres du conseil départemental, le préfet a fait un passage en force pour satisfaire la volonté de son chef Patrice Talon.

 

Richard Soglo affirme par ailleurs que la question de la fameuse prime d’escalier est un prétexte supplémentaire. Pour lui, “il s’agit d’une prime de risque touchée par tous les maires et que le Maire qui en touche le plus à l’échelle nationale est le Maire Georges Bada, le Maire de Calavi qui toucherait 36 millions par an comme prime d’escaliers. Ce qui est très loin de la somme touchée par le maire de Cotonou.

 

“Mais Talon ne voit pas la prime de Bada. C’est encore une preuve d’acharnement contre le maire de Cotonou” a-t-il précisé.

 

Sur la célérité avec laquelle la décision de suspension est tombée

 

Pour Richard Soglo, c’est un exploit  administratif qui mérite d’être loué. Dans la lourdeur administrative qui nous caractérise, qu’un acte ait pu faire le circuit administratif en 2 heures de temps tout en passant devant la cellule de contrôle basée à la présidence mérite que le gouvernement soit félicité pour cette célérité, a fait remarquer Richard Soglo.

 

C’est trop fort comme exploit.

 

 

 

 

 

Source: http://beninwebtv.com

 

Benin Web TV (Bénin)

 

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