BENIN – Vers la gestion « déléguée » des villes stratégiques !

 

Patrice Talon, Président du BéninPatrice Talon, Président du Bénin

 

Depuis 2003, le Bénin est organisé en espaces autonomes, appelés communes, voulues comme des espaces publics de liberté, d’initiatives, d’exercice des droits des citoyens et de participation offerts aux différents acteurs et partenaires au développement. L’objectif étant de promouvoir la démocratie à la base et le développement local durable. Mais depuis quelques mois, cette approche de la décentralisation semble être mise à rude épreuve.

 

En effet, depuis l’avènement du régime du « Nouveau Départ », on a assisté déjà à la destitution des maires des villes stratégiques telles que Allada, Parakou et Ouidah et la révocation du maire de la capitale économique du pays : Cotonou. Avec le développement de l’actualité ces derniers jours, on est bien tenté de dire que Porto-Novo, la capital politique du Bénin, n’est pas bien loin du spectre.

 

S’il est vrai que les textes de loi qui régissent la décentralisation au Bénin prévoient aussi bien la destitution que la révocation des maires des communes du Bénin, les coïncidences évidentes relevées dans les cas de destitution et de révocation des maires de ces villes stratégiques laissent perplexe. Dans les milieux politiques du pays, on dénonce un règlement de comptes politiques. Mais pour certains spécialistes de la décentralisation, le régime Talon a besoin de contrôler les villes stratégiques du pays pour mettre en œuvre son programme d’actions.

 

Doit-on alors craindre la gestion « délégué » des villes stratégiques du pays ? Cette question, qui est a priori une appréhension, tient toute sa légitimité du mode de gouvernance des affaires publiques observées sous le régime du Président Talon. Capitaliste avéré et très avisé, le Président Patrice Talon semble bien imprimer sa dynamique de management capitaliste à la gestion des affaires d’Etat. Futé, pragmatique et réfléchi, il a un goût du travail vite fait et bien fait. C’est sans doute pourquoi il a une tendance à faire faire, par des spécialistes, ce dont il rêve ceci pour raison d’efficacité.

 

A ce titre, on peut citer à loisir les décisions du gouvernement qui ont consacré la gestion déléguée de plusieurs structures et officines d’Etat par des tierces personnes. Cet état de chose, ajouté aux suspicions nées des destitutions et de la révocation des maires dits insoumis au régime Talon font croire, à tort ou à raison, que les communes des villes stratégiques du pays sont en passe d’être sous gestion déléguée ou du moins sont déjà en gestion téléguidée.

 

Des signes qui ne trompent pas …

 

Au Bénin, il est un secret de polichinelle que le pouvoir Talon tient désormais en respect tous les maires du pays. Dans la presse locale béninoise, on parle d’allégeance ou d’éjection. C’est donc à raison que les nouveaux maires des communes stratégiques du pays jouent aux enfants dociles avec le gouvernement du Président Talon. Tout porte alors à croire que la décentralisation au Bénin est en berne ou du moins est bernée. Dans la capitale économique du Bénin, le constat laisse penser que le maire par intérim serait devenu un agent aux ordres du Préfet du Littoral.

 

Lors de la cérémonie de son installation le 31 juillet dernier, le maire intérimaire de Cotonou, Isidore Gnonlonfoun s’est référé à l’histoire du jeune boy, Toundi, dans l’œuvre littéraire, « Une vie de Boy » de Ferdinand Oyono, pour solliciter la souplesse de l’autorité de tutelle. Cette illustration, pleine de sens, du maire par intérim est signe qui ne trompe. Même s’il est vrai que la ville de Cotonou n’est pas encore en gestion délégué, elle serait déjà en gestion téléguidée par le régime Talon.

 

 

 

Source: http://beninwebtv.com

Benin Web TV (Bénin)

 

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