RD CONGO – LES DESSOUS DE LA RENCONTRE CENI – CNSA/ELECTIONS : Pas avant 2020

Loin de tout ce qui a été dit par des canaux officiels, le calendrier électoral a été l’un des sujets des échanges entre la Céni et le CNSA mercredi dernier. Selon des confidences recueillies auprès des sources généralement bien introduites, la Céni ne prévoit pas d’organiser les élections avant 2020. Contacté, le président de la centrale électorale a démenti cette lecture faite du document que ses services avaient remis à la presse.

 

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La Céni a réactivé son calendrier qui projetait des élections à fin 2019. Entre les opérations d’enrôlement dans le Kasaï, dont la durée minimale est de trois mois, la Céni veut se donner 846 jours pour lancer le premier cycle des élections.  C’est ce qui ressort  du document de travail de la centrale électorale remis à la presse mercredi et qui est intitulé : « Hypothèse de la tenue combinée des élections présidentielle, législatives et provinciales ».

 

Ledit parchemin reprend toutes les opérations assorties de délais critiques et délais compressés. Il y est également repris les activités attendues de l’Assemblée nationale et du Parlement en général et le temps que cela requiert pour leur réalisation. Il s’agit de l’adoption et la promulgation de la loi sur la répartition des sièges pour les élections législatives nationales et provinciales.

 

Quid ? 48 heures après les premiers échanges entre la Céni et le CNSA, format MP, des langues commencent à se délier. Entre Corneille Nangaa, président de la Céni, et Joseph Olenghankoy, président du CNSA, bien des choses ont été dites. Au-delà de l’annonce de la barre de 40 millions d’électeurs enrôlés franchie par la Céni, le calendrier électoral a été au centre des discussions.

 

Comme à la Cité de l’UA ou au Centre interdiocésain, le président de la Céni a présenté devant le CNSA une nouvelle programmation électorale. Son montage part des opérations d’enrôlement dans les zones troublées du Kasaï jusqu’à la convocation du scrutin, en passant par la publication du calendrier électoral. Les échéances proposées par la Céni donnent du tournis. Elles relèvent de l’abstrait, commente-t-on dans des milieux diplomatiques. Il y a de bonnes raisons de s’inquiéter.

 

Après recoupement des sources, l’on rapporte que la Céni se réserve de ne publier le calendrier électoral qu’après le bouclage des opérations d’enrôlement dans l’espace Kasaï. Pour ces opérations, la Centrale électorale se donne trois mois au minimum. Autrement dit, dans le Kasaï, les opérations d’enrôlement, dont la date de lancement n’est pas encore connue, pourraient vraisemblablement s’étendre jusqu’au mois de décembre 2017. Ce n’est qu’après, fait-on savoir, que la Céni pourrait enfin proposer un calendrier électoral. Et c’est à partir de ce moment que commencent les supputations, jusqu’aux plus rébarbatives.

 

LES SIGNES DE COMPROMISSION

 

Des sources ayant pris part aux discussions de mercredi indiquent que la Céni a exigé un délai de 846 jours, soit 2 ans et quatre mois, à compter de la fin de l’enrôlement dans le Kasaï, pour organiser le premier cycle des élections, notamment la présidentielle combinée aux législatives nationales et provinciales. C’est donc un calendrier surréaliste qui s’élabore entre la Céni et le CNSA. Tout calcul fait, aucune élection ne sera possible avant 2020. Qu’est-ce à dire ?

 

Ce calendrier ne sera d’application qu’à partir de la fin des opérations d’enrôlement sur le plan national. Autrement dit, à la fin desdites opérations dans les provinces du Kasaï prévues au début septembre prochain et qui pourraient prendre au moins trois mois comme dans toutes les provinces.

 

Donc, ce calendrier ne pourra être mis en application qu’en septembre prochain. Cela indique qu’il faudra compter 90 jours, en plus de 846 jours projetés par la Ceni. Ce qui ferait un total de 936 jours équivalant à 2 ans et 7 mois pour boucler le cycle électoral.

Ce calcul pourrait conduire à la probabilité de la tenue d’élections jusqu’en avril 2020.

 

Dans la meilleure des hypothèses, c’est-à-dire, 500 jours compressés à partir de 2017, le cycle électoral pourrait prendre fin en avril 2020.

Dans l’entendement de la Céni, deux ans et quatre mois seront nécessaires pour qu’elle se mette en position d’organiser des élections crédibles et réellement transparentes. Soit ! Mais le temps que doit prendre le processus électoral n’est pas de nature à plaire à la grande masse qui a cru à la tenue d’élections en décembre prochain.

 

Autant la Céni craint le chaos pouvant découlant d’une mauvaise interprétation de son « chemin critique » autant elle n’a pas  de change à offrir pour calmer les esprits surchauffés. Pouvoir organisateur des élections, en vertu de la loi, comment va-t-elle éviter de porter toute la responsabilité du désastre qui va s’abattre sur la RDC suite à la tenue dans des délais non compris des élections ? C’est là toute la question.

 

Raison pour laquelle, dans les milieux de l’Opposition l’on soupçonne l’organisation d’une messe noire contre la République.  Dans ce scénario d’apocalypse, Corneille Nangaa passe pour le dindon de la farce. La MP l’a totalement pris en otage si bien qu’il a les pieds et les poings liés malgré sa bonne volonté et son expertise avérée en matière électorale. Le calendrier qu’il s’était refusé de publier il y a quelques années, lui est imposé par la volonté de la MP. Contacté par Le Potentiel le président de la Céni Corneille Nangaa a démenti de manière formelle être à la base d’un projet de calendrier qui mettrait du feu à la poudre. Or, les projections qu’il qualifie de macabres faites par d’aucuns prennent leur fondement dans le document que ses services ont rendu publics en les distribuant, entre autres, aux médias.

 

Le fond du problème, c’est que la Centrale électorale est face à un dilemme qui l’étreint, d’un côté la pression populaire, de l’autre, la dette morale envers la MP.

 

Trois mois d’enrôlement dans l’espace Kasaï et 846 jours de préparation de scrutin, à dater de 2018, c’est les dessous de la rencontre Céni-CNSA. Maints observateurs sont d’avis que la MP ne serait disposée à aller aux élections avant d’avoir rempilé. Ce qui expliquerait toutes les manœuvres dilatoires qui ont conduit au dépassement des délais constitutionnels. Concertations, dialogues, tables rondes, tout est y passe pourvu que cela soit renouvelé de manière cyclique.

 

Depuis que la RDC a accédé à l’indépendance, indiquent les mêmes observateurs avisés, jamais un cycle électoral (opérations préélectorales et électorales) n’a duré 4 ans ; ce qui équivaudrait à un mandat présidentiel aux Etats-Unis. Au peuple de se mettre debout comme un seul homme pour barrer la route à tous les imposteurs qui ont décidé de détruire son avenir. Délais critiques, délais compressés, avec tout ce que cela comporte comme éventualités de nouveaux reports d’activités électorales pour l’une ou l’autre raison – sécuritaire, financière ou logistique-  ce langage ressemble à du chinois pour l’opinion publique qui voudrait la tenue effective d’élections en vue d’arriver à l’alternance démocratique au sommet.

 

Le Potentiel

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

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