BENIN – Polémique autour du contrat Etat béninois-Ofmas : Jacques Ayadji, un bouc émissaire ?

 

Jacques Ayadji, Directeur des travaux publics. Capture d'écran OrtbJacques Ayadji, Directeur des travaux publics. Capture d’écran Ortb

 

Quelques jours après le limogeage du Ministre des infrastructures et des transports, Hervé Hêhomey, le contrat de marché public pour le bitumage des trois axes routiers passé entre l’Etat béninois et Ofmas International SA est au cœur de la polémique. En effet, des révélations faites par les donneurs d’alertes, ce marché de construction d’axes routiers serait financé par le budget national sous le couvert de la société Ofmas International SA.

 

A la faveur d’une conférence de presse tenue le 20 septembre 2017 à Cotonou, le Directeur général des infrastructures, Jacques Ayadji a démenti l’information et a apporté des clarifications. « Le gouvernement conscient du délai nécessaire à l’entreprise pour la mobilisation du financement et soucieux du règlement diligent des souffrances de ses populations, a décidé de mettre, à titre de préfinancement, des moyens à la disposition de l’entreprise pour que dans l’urgence elle réalise ce tronçon », a expliqué Jacques Ayadji.

 

Selon lui, le contrat mis en cause précise que c’est Ofmas qui va mobiliser 100% du financent et l’acompte de 40% que l’Etat mettra à la disposition de l’entreprise sera rembourser par cette dernière dès que le financement sera mis en place. « Ça, ce n’est pas une nouveauté. Nous l’avons déjà fait sur le projet aéroport, place de souvenir sous le gouvernement de Yayi Boni », a précisé le Directeur général des infrastructures comme pour dédouaner le régime Talon et mettre un terme à la polémique.

 

Des contradictions de l’affaire qui échappe à Jacques Ayadji ?

 

La polémique autour de l’affaire du marché de bitumage des axes routiers dans les départements de l’Ouémé et du plateau tient ses racines du compte rendu du conseil des ministres du 29 mars 2017. En effet, selon ce compte rendu, le gouvernement Talon a dessaisi la société sud-africaine Stefanutti Stocks Roads and Earthworks du marché pour l’attribuer à Ofmas International SA. Par la même occasion, le gouvernement a autorisé l’exécution des travaux en mode BOT (Build, Own and Transfer).

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Sur le panneau du chantier érigé au lancement des travaux, il est mentionné que le projet est financé par le Budget national avec un préfinancement direct par l’entreprise Ofmas International SA, ceci loin des services de contrôle et de surveillance.

 

Par contre, sur le contrat, il est mentionné que les travaux sont sur financement direct de l’entreprise Ofamas International SA. A ce titre, aucune contribution financière du Trésor public n’était requise. Mais parallèlement, le contrat en son article 6, prévoit un préfinancement à hauteur de 40% par le budget national à titre d’avance cautionnée à 100%.

 

Des zones d’ombres qui suscitent des interrogations …

 

L’Etat béninois aurait-il décider de se substituer aux institutions de garantie (FAGACE, African Garanty Fund, etc.) pour se porter caution d’une entreprise privée ? Que se passerait-il de l’avance de démarrage si Ofmas International SA ne mobilise pas les ressources financières nécessaires à l’exécution des travaux pour lesquels l’avance a été consentie ? Autant de questions pour lesquelles la conférence de presse du Directeur des infrastructures n’a pas pu apporté des réponses convaincantes.

 

 

 

Source: http://beninwebtv.com

 

Benin Web TV (Bénin)

 

 

 

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