NIGER – La critique trop facile

 

Abdourahaman ZakariaAbdourahaman Zakaria

Nous, les humains, nous avons coutume de dire qu’aucune oeuvre humaine n’est parfaite. Cependant, il y en a parmi nous qui sont toujours animés par la volonté de mieux faire et d’innover.

 

Dans notre pays, pendant que certains produisent et construisent, d’autres pinaillent et nuisent. Pendant que certains citoyens s’illustrent par leur allocentrisme, leur pragmatisme et leur progressisme, d’autres se singularisent par leur immobilisme et leur égocentrisme.

 

Pour son développement économique et social, notre pays a besoin de la disponibilité, de l’ingéniosité et du dévouement de ses filles et de ses fils. Nous devons renforcer notre unité dans la diversité. Pour ce faire, au Niger nous avons intérêt à cultiver et à encourager l’ouverture d’esprit. Nous pouvons en toute humilité accepter la pertinence de l’analyse de l’autre ou l’utilité de son oeuvre même s’il n’est pas du même bord politique que nous. Ce n’est ni une faiblesse ni une compromission.

 

Il est très facile de toujours affirmer que rien ne va, que les gouvernants ne connaissent rien et ne font rien. Comme l’a dit Philippe Néricault: « La critique est aisée, mais l’art est difficile ». Il faut sortir du carcan de la dénégation systématique et du jugement de valeur. Dans l’intérêt de notre pays, nous pouvons sans nous renier et sans renoncer à nos droits et libertés avoir une attitude positive. C’est vrai qu’ils sont là pour servir, mais ils ont aussi besoin d’être soutenus et encouragés à faire mieux dans ce qu’ils font de bien. Nos propositions et contre-propositions peuvent les aider à corriger et améliorer leurs faits et gestes. Dans tous les cas, le suffrage est là pour sanctionner.

 

Dans le débat démocratique, si nous avons des yeux pour voir et souligner ce qui ne répond pas à nos attentes, l’honnêteté intellectuelle doit nous obliger à utiliser les mêmes yeux pour voir et dire sans complexe ce qui marche et les progrès grandioses et indéniables faits dans beaucoup de domaines. Même dans la contestation tous azimuts, il faut avoir le courage et la sagesse de reconnaître les efforts que fournissent les gouvernants, leur mérite et leurs accomplissements. Nous n’avons rien à perdre en rendant à César ce qui lui appartient.

 

Certes, nous n’avons pas les mêmes choix et positions idéologiques et politiques, mais il n’en demeure moins que nous ne devons pas perdre de vue les intérêts de notre pays. Si nous devons mutualiser nos savoirs et savoir-faire pour les mettre au service de la patrie, le Niger serait encore plus fier dans le concert des nations.

 

Ne comptons surtout pas sur une catégorie bien connue de nos concitoyens marginaux qui sont constamment dans la négation. Quoi que tu dises de bon, quoi que tu fasses de bien, ils trouveront à redire. Ils sont dans un regroupement groupusculaire, populiste et subversif qui a choisi de faire du triptyque sectarisme-nihilisme-incivisme un tremplin pour semer le désordre. Ce sont des véritables adeptes du malheur. Ils sont tellement cruels qu’ils souhaitent toujours un malheur au Niger et s’attendent à ce qu’il arrive. Quand il n’arrive pas ils l’inventent et quand il arrive ils jubilent.

 

En tout état de cause, nonobstant le contexte économique mondial et régional difficile d’un côté et les défis sécuritaires de l’autre, il est évident que le Niger est dans une situation enviable dans beaucoup de domaines.

 

Abdourahaman Zakaria

 

 

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