OUGANDA – Le règne Yoweri Museveni en voie de connaître un nouveau départ

 

 

C’est la totale! Ou peut-être la bonne nouvelle.

Dans tous les cas, les députés du parti au pouvoir en Ouganda ont adopté à une large majorité une motion inscrivant le projet de modification de la Constitution à l’agenda du Parlement.

 

C’est cette motion qui a été le principal vecteur des discordes survenue entre les parlementaires mardi et mercredi poussant au départ des députés d’opposition qui refusaient de cautionner le “projet de présidence à vie de Museveni”.

Même si les tensions sont vives et que chaque partie campe sur sa position, il faut retenir que c’est le peuple ougandais qui devra se résigner face à l’inévitable et éternelle présidence à vie de Yoweri Museveni, 73 ans, au pouvoir depuis 1986.

 

C’est toute une génération d’Ougandais qui n’a connu que cet homme à la tête de ce pays d’Afrique centrale. Elle était donc présente au premier coup de force en 2005 lorsque la constitution a été modifiée pour supprimer la limitation à deux mandats présidentiels, permettant ainsi au président Museveni de briguer ses troisième, quatrième et cinquième mandats. M. Museveni avait alors soutenu que le Parlement était indépendant et qu’il respecterait la volonté du peuple, un argument réutilisé douze ans plus tard.

 

Une impression de déjà vu pour ce peuple qui commence à en avoir marre de cette attitude de dictateur voilée de leur président en complicité avec son entourage qui, pour des raisons plus ou moins flouent, le soutien dans toutes ses actions.

 

Une classe politique acquise à la cause du président

 

Si malgré le retrait des députés de l’opposition, l’assemblée nationale est arrivée à faire passer le projet de révision de la constitution, et bien c’est parce que le parti au pouvoir détient une majorité très confortable   au parlement ; une majorité qui semble ne plus se préoccuper du peuple mais des moindres désires, à la limites ‘’caprices’’ du président de la république.

 

Hier c’était la limitation du mandat présidentiel, aujourd’hui c’est à la limite d’âge qu’on s’en prend et, à chaque fois la classe politique ougandaise semble faire la politique du singe même si parmi eux suintent certains qui s’efforcent à protester et à dénoncer cette politique d’éternisation au pouvoir d’un homme, d’un régime, d’une infime partie du peuple.

 

Une population résignée

C’est pourtant dommage, que le peuple ougandais soit soumis à ce dictat qui ne dit pas son nom. Dans un vox réalisé par l’AFP, on peut remarquer dans les expressions des intervenants, un sentiment de résignation face à une situation contre laquelle ils ne peuvent malheureusement  pas grand-chose.

 

“Il sera au pouvoir à vie”.

 

“Il sera au pouvoir à vie”. Fataliste, Fadh Sabiti, étudiant et serveur à mi-temps à Kampala ne se faisait guère d’illusion jeudi sur l’issue de la révision constitutionnelle entamée la veille pour permettre au président Yoweri Museveni de se représenter en 2021.

 

“Les hommes politiques de l’opposition qui se sont battus hier au Parlement font juste du bruit. Bientôt on ne les entendra plus”, explique dans un haussement d’épaules l’étudiant de 23 ans, à la faveur d’une pause dans son service, dans un restaurant chic de la capitale ougandaise, majoritairement acquise à l’opposition.

“Vous ne pouvez pas vous battre contre quelqu’un comme Museveni”, ajoute Fadh, en référence à ses condisciples de l’université de Makerere (Kampala) qui ont affronté ces derniers jours la police anti-émeutes pour protester contre la réforme.

 

“Pendant toutes ces batailles, avec ces gaz lacrymogènes et ces soldats, Museveni ne dit mot et reste calme. Il reste au-dessus de tout cela, et aucune pierre (lancée par les étudiants, ndlr) ne peut l’atteindre”.

 

“Museveni a été populaire fût un temps et je pense qu’il a fait beaucoup pour le pays mais la population en a assez maintenant. Elle est fatiguée de voir tout ça une nouvelle fois”, estime M. Owchi.

“Le problème de l’Afrique en général, et de l’Ouganda en particulier, ce n’est pas son peuple, mais les dirigeants qui veulent rester trop longtemps au pouvoir”.

 

Des expressions pourtant très claires ; le peuple est fatigué de toujours voir la même tête prêter serment à la fin de chaque présidentielle, ce qui risque de continuer à l’allure où les choses vont, mais on se résigne au fait que quoi qu’on fasse, Yoweri Museveni et les siens ne lâcheront certainement pas prise sans qu’il y ai atteinte à la paix dans le pays.

 

 

 

Source: http://beninwebtv.com

 

Benin Web TV (Bénin)

 

 

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