RD CONGO – DEVANT L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES: Joseph Kabila égal à lui-même

Comme prévu, le chef de l’État, Joseph Kabila, s’est adressé samedi dernier à l’Assemblée générale des Nations unies. Dans les rangs de la communauté internationale, son discours n’a pas surpris plus d’un. Tous sont d’avis que le président Kabila n’a pas convaincu. Il a embouché le refrain souverainiste, tout en invitant à la même occasion, les amis de la RDC à lui accorder beaucoup plus de temps dans l’organisation des élections. Sans surprise, Joseph Kabila est resté égal à lui-même. Reste maintenant à négocier l’échéance de décembre 2017.

 

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Ira ou n’ira pas à New York ? D’aucuns donnaient le président Joseph Kabila absent de l’Assemblée générale des Nations unies. L’homme a déjoué tous les pronostics en faisant en dernière minute le déplacement du siège de l’Onu. Samedi  dernier, il s’est adressé à l’Assemblée générale des Nations unies, revenant sur les préoccupations qu’il se fixe, alors que la RDC peine à organiser les élections qui paraissent de plus en plus incertaines.

 

Devant les Nations unies, le président Kabila a décliné ce qu’il entend faire du pays qu’il dirige depuis janvier 2001. Droit dans ses bottes, Joseph Kabila a appelé la communauté internationale à plus de patience pour donner la chance à la RDC d’organiser, enfin, des élections qu’il veut « libres, démocratiques et transparentes ». Pas un mot sur la date exacte de ces scrutins.

 

« J’affirme que le cap vers les élections crédibles, transparentes et apaisées est définitivement fixé et que notre marche dans cette direction est irréversible. Le tout, sans ingérence extérieure ni dictat quelconque », a déclaré le chef de l’État. Avant de tendre la main aux amis de la RDC qu’il invite à «  soutenir sincèrement le processus électoral en cours ».

 

Cependant, il a reconnu qu’en dépit de toutes les avancées enregistrées dans le déroulement du processus électoral par l’enrôlement de 42 millions d’électeurs sur les 45 millions attendus, « les défis en vue de l’organisation des élections dans mon pays demeurent énormes, tant au plan logistique, financier, sécuritaire que normatif ». De cette manière, le président Kabila pense que la RDC doit prendre son mal en patience, avant de se lancer véritablement dans la voie des élections.

 

Si les défis liés aux élections restent encore énormes, le président Kabila se gêne de la présence depuis 20 ans des troupes des Nations unies. Devant l’ONU, il n’a pas caché son dépit. Il entend donc voir l’Onu mettre fin à sa mission en RDC pour donner enfin le temps à son pays de prendre en main son destin.

 

« Il est clair que près de vingt ans après son déploiement, la force onusienne ne peut nourrir l’ambition de rester indéfiniment dans mon pays, ni d’y exercer son mandat avec le  même format et sans tirer les leçons des faiblesses constatées », a dit le président Kabila. Selon lui, « ce qui nous importe et qui devrait être important aux yeux de tous ceux qui tiennent à la crédibilité de notre Organisation, c’est l’efficacité effective de l’apport des troupes onusiennes sur le terrain ». « En ce domaine, comme en d’autres, a-t-il menacé, nous n’entendons pas transiger avec le respect dû à la souveraineté de la République Démocratique du Congo telle que garantie par la Charte de notre Organisation ».

 

L’éternel refrain

 

Kabila s’est certes exprimé devant l’Assemblée générale des Nations unies. Mais il n’a pas réussi à réduire le fossé grandissant entre son régime et la communauté internationale. Dans son discours, il y a bien des questions qui sont restées sans réponses, notamment la tenue d’élections et la mise en œuvre effective de l’accord politique du 31 décembre 2016. Sur ces points précis, le chef de l’État est resté évasif, rappelant toutefois, sans garantie réelle, sa volonté d’organiser les élections.
Autant à New-York qu’à Kinshasa, le président Kabila n’a pas convaincu. Le mystère est resté entier. Pas un iota n’a bougé dans la ligne dure qu’affiche depuis toujours la Majorité au pouvoir.

 

Après le discours de New-York, des lignes sont donc demeurées intactes. Rien ne rassure sur la tenue d’élections, pourtant prévue en décembre 2017, selon les termes convenus dans l’Accord du 31 décembre 2016.

 

La tenue d’élections en décembre 2017 devenant de plus en plus hypothétique, le président Kabila  s’est empressé de préparer l’opinion à un probable dialogue. « À l’instar de la paix, la stabilité politique constitue pour nous un objectif constant de politique intérieure. Dans cette optique, depuis près d’une année, nous avons recouru au dialogue qui pour nous est un mode permanent de règlement des différends politiques », a-t-il dit.
Doit-on s’attendre à une autre série de pourparlers entre la Majorité au pouvoir et l’Opposition incarnée par le Rassemblement. Dans les rangs de la MP, on y croit fermement. Ce qui n’est pas de l’avis du Rassemblement qui a déjà fermé la porte à une telle initiative.

 

Que dire de la prestation du président Kabila à l’ONU. Verre à moitié plein ou à moitié vide ? Les avis divergent. Mais, dans le fond, le président Kabila a laissé tout le monde sur sa soif. Samedi dernier, on a eu droit à la même rhétorique.

 

À tout prendre, Kabila n’a pas convaincu. Il continue d’entretenir le suspense, alors que la crise politique pourrait connaitre son paroxysme dès la fin de cette année – échéance prévue pour l’organisation des élections. À moins que la communauté internationale se mobilise à temps pour sauver le pays d’une hécatombe qui pourrait avoir des conséquences indescriptibles autant en interne que dans l’ensemble de la sous-région de l’Afrique centrale.

 

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