RD CONGO – F. TSHISEKEDI : Retour sous escorte policière

Meeting annulé, retour de Félix Tshisekedi sous bonne escorte policière, Kinshasa a ressemblé dimanche à une ville en état de siège. De l’aéroport international de N’Djili jusqu’à la permanence de l’Udps sur 12ème rue Limete, la police a déployé de gros moyens pour empêcher tout attroupement sur les grandes artères de la capitale.

 

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De retour en début d’après-midi d’un périple euro-américain, Félix Tshisekedi, président du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, n’a pas pu communier avec ses militants – la police l’ayant totalement pris en charge dès sa descente d’avion. La démocratie est en péril.

 

D’abord, le meeting annoncé dimanche par le Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement sur le boulevard Triomphal n’a pas eu lieu, sur décision de l’Hôtel de ville de Kinshasa. La veille, la Police nationale congolaise (PNC) avait positionné ses éléments dans le secteur du terrain annexe du boulevard Triomphal pour empêcher tout attroupement. Sur les grandes artères de la ville, la police était bien visible pour dissuader les plus durs des militants du Rassemblement.

 

Ensuite, la police redoutait que les militants et sympathisants du Rassemblement fassent le déplacement de l’aéroport international de N’Djili ou s’amassent le long du parcours pour réserver un accueil triomphal à Félix Tshisekedi, président du Rassemblement, après son périple euro-américain.

 

Bref, dimanche, Kinshasa a présenté la devanture d’une ville assiégée. La police a pris le contrôle de principales artères de la ville.  Sur un ton menaçant, le porte-parole de la PNC n’a pas ménagé la population kinoise.« Pas de carnaval, pas de décapotable, tout conducteur de motocyclette qui va s’improviser dans le cortège de la police sera appréhendé et son véhicule à deux roues sera saisi», a lancé le colonel Pierrot Mwanamputu.

 

Arrivé en début d’après-midi par un régulier d’Ethiopian Airlines, Félix Tshisekedi n’a pas eu droit à un bain de foule. A défaut de l’arrêter –le décor s’y prêtait – la police l’a plutôt escorté de l’aéroport de N’Djili jusqu’à la permanence de l’Udps sur 12ème rue Limete.

 

Haut cadre du Rassemblement, Christophe Lutundula n’a pas caché son dépit été tendre envers le pouvoir. « Nous avons été surpris de recevoir du gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta, une lettre qui nous interdit de tenir ce meeting pacifique. Et dans la lettre, on évoque des raisons farfelues du genre l’autre aile du Rassemblement a écrit pour le meeting le même jour au même endroit. Nous avons compris en fait qu’il continue à tuer la liberté et les droits de l’homme. Il n’est pas exclu que comme d’habitude, ils préparent ou ils ont préparé des éléments pour créer des désordres à cette occasion et nous les imputer », a dénoncé Christophe Lutundula.

 

Le Rassemblement fait peur

 

Le Rassemblement fait peur. C’est le moins que l’on puisse dire. Après l’avoir secoué par voie de débauchage, le pouvoir en place redoute toujours la capacité de mobilisation du tandem Félix Tshisekedi – Pierre Lumbi, placé aux commandes du Rassemblement, à l’issue de sa dernière restructuration. La création de la dissidence menée par Joseph Olenghankoy n’aura donc pas faibli le combat pour l’alternance. L’âme de Genval (Belgique) est toujours là. Bien vivace.

 

Le constat actuel est qu’en République démocratique du Congo, la démocratie marche à reculons. Le chemin se fait toujours long pour la restauration d’un Etat de droit. Après la première victoire du 24 avril 1990, le peuple congolais, au travers du Rassemblement, espère reconquérir le précieux sésame. C’est tout le sens du combat mené par l’Opposition du vivant d’Etienne Tshisekedi jusqu’à l’avènement du  Rassemblement.

 

En empêchant d’un côté le Rassemblement de tenir son meeting, et de l’autre, Félix Tshisekedi de communier avec son public, le pouvoir est tombé dans le piège. En lieu et place d’affaiblir le Rassemblement, il l’a, au contraire, requinqué dans sa détermination à ne ménager aucun effort pour le triomphe de la démocratie.

 

Dans un communiqué rendu public le vendredi 1er septembre, le Rassemblement a renforcé ses lignes tout en consolidant son combat. « Pour le Rassemblement, cette détermination ne connaîtra de répit que lorsque nous aurons, ensemble comme peuple, arraché l’assurance de l’alternance politique par l’organisation des élections libres, transparentes, inclusives et crédibles », déclare Pierre Lumbi, président du Conseil des sages du Rassemblement.

 

Plus que jamais soudé autour de Félix Tshisekedi et Pierre Lumbi, le Rassemblement « réaffirme, en tout état de cause, qu’il y ait élections ou pas, Monsieur Kabila doit quitter le pouvoir de fait qu’il exerce au plus tard le 31 décembre de cette année ». Par conséquent, il demande au peuple congolais de « demeurer vigilant et de se tenir prêt à exercer son devoir citoyen inscrit à l’article 64 de la Constitution afin de barrer la route à ceux qui s’obstinent maladivement à rester au pouvoir en violation de la Constitution de la République ».

 

Le Potentiel

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

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