RD CONGO – La CENCO prend à témoin la communauté internationale

Après avoir été tournés en bourrique par la majorité au pouvoir dans leur médiation aux pourparlers du Centre interdiocésain, les évêques membres de la Cenco ne lâchent pas prise. En bons pasteurs, ils se sont lancés dans une vaste campagne de sensibilisation pour plaider la cause de la RDC et du peuple congolais. « L’heure est grave, disent-ils, il faut agir maintenant, avant qu’il ne soit trop tard ». Une interpellation orientée vers la communauté internationale.

 

Fin décembre 2016, les évêques membres de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo) s’investissent à fond pour sauver la RDC d’une hécatombe, à l’approche de la date fatidique du 19 décembre 2016. C’est tard dans la nuit de la Saint-Sylvestre, soit le 31 décembre 2016, que la Cenco va arracher la signature d’un accord politique global et inclusif.

 

La conclusion de cet accord ouvrait la voie à d’autres négociations en vue de convenir des modalités pratiques à libeller sous forme d’arrangement particulier. Après d’intenses tractations, l’arrangement particulier ne sera jamais conclu, alimentant davantage la crise politique.

C’est au Palais du peuple que la Majorité présidentielle va, avec à ses côtés la dissidence du Rassemblement des forces politiques et sociales acquises au changement, signer un arrangement particulier taillé sur mesure. A partir de ce jour-là, la MP et les siens ont définitivement enterré l’Accord politique du 31 décembre 2016. Des appels à la raison lancés çà et là ne sont pas parvenus à les faire revenir à la raison.

 

Alors que décembre 2017, échéance fixée pour la tenue d’élections dans l’Accord de la Saint-Sylvestre, avance à grands pas, le spectre d’une fin d’année agitée refait surface dans différents coins de la République. L’alerte vient d’être donnée par les évêques en tournée européenne.

 

La Cenco derrière le peuple

 

On se rappelle que, dans son message pastoral de juin 2017 intitulé  «Le pays va très mal. Debout congolais ! », la Cenco avait souligné la nécessité de s’appesantir enfin sur le drame congolais qui prenait, si l’on n’y prêtait pas suffisamment d’attention, des proportions inquiétantes. La Cenco avait vu juste. Car, depuis son appel de juin dernier, la situation politique va de mal en pis. Loin d’apaiser les tensions, la nomination de Bruno Tshibala à la Primature et la cooptation de Joseph Olenghankoy à la présidence du CNSA (Conseil national de suivi de l’Accord du 31 décembre 2016) – deux dissidents du Rassemblement – n’ont pas résolu le problème. Cette double nomination a plutôt élargi le fossé entre la majorité au pouvoir et l’Opposition, alimentant la psychose à travers le territoire national.

 

Une fois de plus, les évêques sont montés au créneau. Bâton de pèlerin en main, les évêques viennent d’entamer une « mission de plaidoyer » en Occident en vue d’amener le monde civilisé à se pencher sur le grand malade qu’est la RDC. Comme en juin 2017, le fond de leur message est le même : « Le pays va mal ». Les évêques ne se voilent pas la face, étalant au grand jour leur inquiétude et leur préoccupation par rapport à « la détérioration continue de la situation économique, sécuritaire et humanitaire, ainsi que l’impasse politique actuelle».

Trois mois après, disent-ils, la situation a empiré. Elle a atteint un seuil de déliquescence tel que c’est tout le pays qui est au bord de l’implosion. Raison de plus, pensent les évêques, pour que la communauté internationale agisse avec diligence, avant qu’il ne soit trop tard.

 

Le décor d’un plan B

 

Seront-ils entendus ? C’est tout ce qu’on peut  souhaiter. Le plus évident est qu’en marge de la 72ème Assemblée générale des Nations unies, la communauté internationale a unanimement souligné la nécessité d’éviter une crise de grande ampleur en RDC du fait de l’impasse politique qui se consolide chaque jour. A ce propos, le récent appel des évêques vient forcer une porte entr’ouverte. Et pour les évêques, la communauté internationale a le devoir de voler au secours d’un peuple en danger, pour ne pas être accusée tôt ou tard de complicité passive.

 

La démarche de la Cenco, assortie d’un rejet total de toute participation à un probable 3ème dialogue, apporte une autre dimension à la crise congolaise. Sans doute, l’appel de la Cenco ne restera pas sans effet. Quelque chose va sûrement changer dans les tout prochains jours. Interpellée, la communauté internationale ne restera pas indifférente en tombant sous le charme du discours souverainiste de la majorité au pouvoir à Kinshasa. Ce n’est qu’une question d’heures, voire de jours, estiment des observateurs convaincus de la mise en marche du plan B longtemps envisagé par la Cenco.

 

Le Potentiel

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

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