RD CONGO – Un émissaire de l’UA à Kinshasa pour réchauffer l’Accord du 31 décembre 2016

Le pouvoir en place à Kinshasa est de plus en plus isolé. Même l’Union africaine qui, naguère, semblait le soutenir vient d’effectuer un virage à 360°. L’UA s’aligne désormais sur la position de la communauté internationale. La sortie de crise en République démocratique du Congo passe inéluctablement par la mise en œuvre de l’Accord global et inclusif du 31 décembre 2016. En séjour à Kinshasa, le président de la Commission africaine à l’UA trouve qu’il n’y a pas d’alternative de sortie de crise en RDC sans l’application de ce qui a été accepté par tous, y compris la majorité au pouvoir. Le délégué de l’UA a pour mission d’obtenir par consensus la désignation d’un médiateur pour une application correcte de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

 

Au cœur des échanges entre le président de la Commission africaine et des acteurs impliqués dans la crise politique en République démocratique du Congo : l’application de l’Accord du 31 décembre 2016 à travers la désignation d’un médiateur neutre pouvant permettre une application correcte de ce compromis politique. Les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco) qui dénoncent les difficultés qui entourent la mise en ouvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre ont été plus que clairs : pas de troisième médiation.

 

Face à ce refus catégorique, l’Union africaine, qui avait fourni en son temps le trop controversé Edem Kodjo, voudrait cette fois-ci tenter une nouvelle expérience allant dans le sens de négocier l’application de l’arrangement particulier sans toucher à l’accord lui-même.

Pour cette raison, les consultations menées après la réunion sur la RDC tenue à New York ont encouragé les acteurs régionaux à prendre des initiatives.

 

Lors des échanges, tous ont déclaré croire en l’Accord du 31 décembre 2016 même si au pays, l’application de ce compromis est appréciée par les uns et chahutée par d’autres. La Majorité présidentielle estime que le Premier ministre est issu du Rassemblement tout comme le président du Conseil national de suivi de l’Accord (CNSA) alors qu’à l’opposition tout est clair, les dissidents ont rejoint avec armes, bagages, âmes et corps le camp présidentiel.

 

Pour dénouer cette crise, la communauté internationale est d’avis qu’il faut impliquer un ancien chef d’Etat qui a fait preuve d’amour de la démocratie, du respect des règles et qui peut parler aux uns et aux autres sans être contesté comme le fut Edem Kodjo devenu « complicateur » au lieu de jouer le rôle de facilitateur qui lui était dévolu. Sa promesse de démolir Tshisekedi avait convaincu plus d’un qu’il s’était lui-même disqualifié dans le rôle de facilitateur. Au final, il a tenu son dialogue sans la partie la plus significative de l’opposition. L’accord qu’il avait produit n’était donc pas inclusif. Pour sa honte.

 

Au 31 décembre 2017, le président Joseph Kabila ne pourra se maintenir au pouvoir qu’en usant de la manière forte. La contestation de son pouvoir deviendra de plus en plus légitime du fait que l’accord politique qui permettait de rendre « potable » son maintien aura fini son parcours. Il faut trouver autre chose et cela n’est possible qu’à travers des actions diplomatico-politiques pouvant infléchir les positions tranchées du Rassemblement qui avait, de bonne foi, accepté de négocier avec Kabila avant d’être, au finish, floué. En exil forcé du fait de la majorité au pouvoir, Moïse Katumbi l’a clairement exprimé dans une interview sur France 24. Selon le candidat déclaré à la prochaine présidentielle en RD Congo, la mise à mal de l’Accord de la Saint Sylvestre ramènerait tout et tout le monde à la case départ. En clair, lié à reconnaître le président Kabila comme le détenteur du pouvoir constitutionnel en RDC.

 

L’appel aux manifestations à partir du 1er  octobre rentre dans ce cadre qui voudrait qu’il soit signifié clairement au président de la République que la fin de son mandat ne donne pas lieu à une extension éternelle et légitime de sa présence à la tête du pays.

Le médiateur à venir doit rassurer davantage l’opposition qui s’était fait piéger que cette fois-ci, Kabila prendra la mesure de la délicatesse de la situation face à la Constitution, face aux engagements politiques internes et externes. Il ne suffit pas d’annoncer qu’il y aura des élections pour que tout le monde réponde « Amen ».

 

En outre, autant il faut souhaiter la réussite de la mission de l’Union africaine, autant il faut espérer que la communauté internationale accompagner cette initiative de dernière chance et rassurer en même temps le peuple congolais quant à l’alternance au sommet de l’Etat à l’issue de prochains scrutins. Dans le cas contraire, celle-ci serait accusée de non assistance à peuple en danger.

 

Le Potentiel

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

RD CONGO – ALTERNANCE : L’Angolais Lourenço fait bouger les lignes

 

RD CONGO – DEVANT L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE DES NATIONS UNIES: Joseph Kabila égal à lui-même

Commentaires