RD CONGO – Réunion spéciale à l’ONU

Les Nations unies restent toujours accrochées à la mise en œuvre effective de l’accord politique du 31 décembre 2016, seul cadre, selon elles, pouvant garantir la tenue d’élections en République démocratique du Congo. En marge de la prochaine assemblée générale qui s’ouvre le mardi 12 septembre 2017, une réunion spéciale est consacrée à la RDC. Au menu : la mise en œuvre de l’accord du 31 décembre 2016 et la garantie de la poursuite du processus électoral par la publication d’un calendrier électoral « précis ».

 

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En République démocratique du Congo, le processus électoral avance à pas de tortue. Si les opérations d’enrôlement affichent déjà un chiffre éloquent de plus de 40 millions de personnes enregistrées, sur le terrain, il n’y a pas d’avancées significatives sur la tenue effective d’élections en décembre 2017, tel que convenu dans l’accord politique du 31 décembre 2016, signé à la même date sous l’égide de la Cenco (Conférence épiscopale nationale du Congo).

 

Mardi dernier, la Céni (Commission électorale nationale indépendante) a encore alimenté le doute en étalant ses nombreuses difficultés financières pour le lancement dans les territoires troublés du Grand Kasaï des opérations d’enrôlement. Quant à la publication du calendrier électoral, la Céni dit attendre le bouclage les opérations d’enrôlement sur l’ensemble du territoire national.

 

Dans les rangs de la communauté internationale, des voix s’élèvent déjà pour fustiger une sorte de prise en otage du processus électoral par une main invisible qui ne serait pas loin de la majorité au pouvoir. Dans ce registre, c’est le chef de la diplomatie belge, Didier Reynders, qui a été le premier à rompre le silence.

 

Dans une intervention sur une radio belge, Didier Reynders a fait part de ses inquiétudes sur le grand retard que connait le processus électoral. Et sur ce point précis, la Belgique n’est pas la seule à exprimer ouvertement son désarroi. Au sein de la communauté internationale, les avis convergent dans le même sens. A New York, la situation politique calamiteuse de la RDC est suivie de très près. Ainsi, en marge de la 72ème Assemblée générale des Nations unies, qui s’ouvre la mardi 12 septembre 2017, une réunion spéciale consacrée à la RDC est alignée dans l’agenda.

 

La porte-parole de la Monusco, Fabienne Pompey, l’a annoncé mercredi au cours du point de presse hebdomadaire de la mission onusienne. « En marge de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, se tiendra au siège de l’organisation une réunion consacrée à la RDC. Cette réunion sera présidée par le chef des opérations de maintien de la paix. Elle abordera les thèmes suivants : soutien à l’Accord du 31 décembre, soutien au processus électoral, mesures de décrispation, droits de l’homme et soutien à l’engagement régional », précise la porte-parole de la Monusco.

 

Bien avant la porte-parole de la Monusco, Didier Reynders s’était lancé sur cette voie, confirmant à son tour cette rencontre spéciale sur la RDC. « On va débattre du Congo prochainement à l’ONU. Il faut maintenant un calendrier électoral précis. Il y a un accord qui a été signé entre le pouvoir et l’Opposition. Il faut maintenant le mettre en œuvre (…). La pression va rester forte. Il y a déjà celle de l’Union européenne», avait dit sans détours le chef de la diplomatie belge.

 

Contraindre Kinshasa à s’aligner

 

Aux Nations unies, le mot d’ordre est connu. Il s’agit, rapportent des sources internes des à New York, de tout mettre en œuvre pour contraindre Kinshasa à s’aligner enfin sur le processus électoral qu’il cherche plutôt à torpiller par diverses manœuvres dilatoires.

 

En ce mois de septembre, la séance spéciale consacrée à la RDC se penche sur les voies et moyens à actionner au niveau du système des Nations unies pour donner enfin la chance à la RDC  et son peuple de vivre la première alternance démocratique de son histoire par la voie des urnes.

 

A ce jour, les Nations unies considèrent la Résolution 2348 comme la seule feuille de route qui centralise ses multiples actions programmées en République démocratique du Congo. La réunion programmée en marge de sa 72ème session sera essentiellement centrée sur le soutien au processus électoral et à la mise en œuvre de l’Accord politique du 31 décembre, dans le cadre tracé par la Résolution 2348 du Conseil de sécurité.

 

Les grandes attentes

 

On attend donc voir les Nations unies franchir enfin le Rubicon en usant des moyens forts, sinon coercitifs, pour faire capituler le régime en place à Kinshasa. A ce jour, tous les signaux prouvent à suffisance que la majorité au pouvoir ne s’est jamais inscrite dans la logique des élections. En effet, tout est mis en place pour renvoyer le plus loin possible la tenue d’élections, en attendant de trouver un sauf-conduit pour permettre au chef de l’Etat, Joseph Kabila, par ailleurs autorité morale de la Majorité présidentielle, de lever le verrou qui l’empêche de se représenter pour un troisième mandat. Après avoir échoué la tentative de modifier la Constitution pour déverrouiller l’article 220, la MP s’emploie à préparer l’opinion en battant campagne pour la tenue d’un référendum.

 

Ce que redoutent d’aucuns qui relèvent qu’avec une Cour constitutionnelle totalement acquise à sa cause, la MP mène un travail souterrain au Parlement, seul bastion à conquérir pour arriver à cette fin, c’est-à-dire le changement de la Constitution par voie référendaire. Ces faits démontrent à suffisance que la tenue d’élections n’a jamais été en bonne place dans les priorités de la majorité au pouvoir.

 

Certes la communauté internationale, spécialement l’Onu, est au courant de toutes ces manœuvres. Au regard de la Résolution 2348 qui a clairement fixé sa position par rapport à la crise politique congolaise, l’Onu devrait s’affranchir de sa joute habituelle en prenant le devant pour sauver une démocratie en danger.

 

Le 18 septembre 2017 prochain à New-York, journée programmée pour cette réunion spéciale sur la RDC, tous les regards seront donc braqués au siège des Nations unies.

On a souvent accusé les Nations unies se passivité et d’inaction sur le terrain des opérations, on espère les voir cette fois-ci rompre avec son hypocrisie diplomatique habituelle. Il s’agit en réalité de sauver un peuple qui a soif de démocratie qu’on tente par tous les moyens de lui confisquer. Il s’agit aussi pour les Nations unies de consacrer dans des termes ne prêtant à aucune confusion la primauté de la Résolution 2348 pour tout ce qui se rapporte à la sortie de crise en RDC.  Elles devront rompre avec la langue de bois. Le mal étant connu, il ne reste plus qu’à l’extirper pour libérer la voie qui mène à la tenue, dans les termes convenus dans l’accord du 31 décembre 2016, d’élections. Une ligne dure envers le pouvoir en place à Kinshasa est attendue de New York le 18 septembre prochain.

 

Le Potentiel

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

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