RD CONGO – EXIGENCE DES USA ET DE L’ONU : Cap sur les élections en 2018

L’ambassadrice des Etats-Unis d’Amérique aux Nations unies a mis à profit son séjour en RDC pour palper du doigt les réalités des victimes du drame humanitaire et sécuritaire dans l’Est avant de rencontrer tous les protagonistes de la crise politique congolaise. De ces contacts, Nikki Haley s’est fait une idée précise de la crise en RDC. Selon elle, les USA et la communauté internationale ne soutiendront pas un calendrier électoral qui fixe les scrutins au-delà de 2018. Dans cette optique, Nikki Haley suggère de privilégier la présidentielle.

 

La Majorité présidentielle est dos au mur. L’Accord du 31 décembre 2016 s’érige, une fois de plus, en passage obligé pour la sortie de crise en République démocratique du Congo. Tous les partenaires de Kinshasa l’ont dit avant. Mais, c’était sans compter avec la mauvaise foi et le jusqu’auboutisme de la majorité au pouvoir à Kinshasa. En tripatouillant l’Accord politique de la Saint-Sylvestre et l’arrangement particulier, la MP a fini par croire à ses propres mensonges. Il n’en est rien.

 

La visite officielle en République démocratique du Congo de Nikki Haley, ambassadrice des USA aux Nations unies, a révélé que la sortie de crise passe par la mise en œuvre intégrale de l’Accord obtenu sous la médiation des évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco). Il n’y a pas d’alternative à la mise en application de cet arrangement politique auquel tous les acteurs ont souscrit. C’est ce qui ressort de la visite de la messagère du président américain, Donald Trump, auprès de Joseph Kabila.

 

Pour bien comprendre les effets de la crise en RDC, Nikki Haley a commencé par vivre de visu les réalités notamment des déplacés de guerre à Kitchanga, dans la province du Nord-Kivu. Ici, la diplomate américaine a réalisé combien la crise politique congolaise a de fâcheuses conséquences sur les paisibles populations. Cette visite de Nikki Haley est justement pour cerner les vraies causes des drames que vivent les Congolais et proposer, à son retour aux USA, des pistes de solutions.

 

Après l’Est de la RDC, l’ambassadrice américaine est revenue à Kinshasa pour s’entretenir avec tous les poids lourds de la politique congolaise. Dans la même journée du vendredi 27 octobre, la diplomate américaine s’est entretenu tour à tour avec le président de la Commission électorale nationale indépendante, les évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cénco), les quatre délégués de l’opposition, à savoir le président du Rassemblement, le président du Conseil des sages du Rassemblement, la secrétaire générale du MLC et présidente du Front pour le respect de la Constitution et le président de l’UNC.  Les délégués de l’Opposition ont exigé unanimement la mise en application intégrale de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

 

Après son entretien avec le président de la Céni, le message porté par Nikki Haley s’est avéré sans équivoque : les élections doivent se tenir en 2018, après les manœuvres dilatoires de la majorité qui s’est offert une année par la ruse.

« Chaque jour qu’une élection n’est pas tenue dans ce pays C’est une femme qui est violée, C’est un enfant qui est enrôlé dans l’armée. Il est clair que si les élections ne sont pas tenues d’ici 2018, la RDC ne pourra plus compter sur le soutien de la communauté internationale et des USA », a-t-elle dit sans ambages.

 

Bien plus, Nikki Haley a demandé que le président de la République s’engage clairement à la tenue d’élections  en 2018. « Le président de la République doit dire que les élections seront tenues en 2018 et que toutes les parties s’y mettent », a dit la diplomate américaine avant de lâcher « Nous n’appuierons pas de calendrier électoral qui ne dira pas clairement qu’il y aura élections en 2018 ».

Affectée par ce qu’elle a vécu à l’Est de la RDC, l’émissaire de Donald Trump ne s’explique pas que les populations, notamment les enfants, continuent à souffrir du fait de cette crise qui résulte du déficit de démocratie. « Ça ne sera pas une démocratie si le pays continue d’accepter que les enfants souffrent », pense Nikki Haley.

 

Dans un compte rendu, la Céni affirme que Mme Haley a suggéré de dissocier la présidentielle des autres scrutins. Poussant encore loin, Mme Haley a indiqué que les USA et la communauté internationale ne reconnaîtront pas de calendrier qui va au-delà de 2018.

 

Avec les évêques de la Cenco, l’entretien a été encore plus direct. La Cénco qui a assuré la médiation dans l’Accord du 31 décembre 2016 a été on ne peut plus clair. Mme Haley leur a demandé de s’impliquer encore dans la recherche de la solution à la crise. Ce qu’ils ont accepté moyennant des conditions posées dans le communiqué ad hoc rendu public après la rencontre. Dans le communiqué publié à l’issue de cet entretien, la Cénco révèle qu’elle compte sur la solidarité  effective du gouvernement et du peuple américain pour aider à la mise en œuvre intégrale de l’Accord. Les évêques ont aussi exigé la publication « rapide » d’un calendrier électoral réaliste et rapide ».

 

Le Potentiel

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

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