RD CONGO – REPORT DES ÉLECTIONS EN 2019 : Le G7 invite le peuple à se prendre en charge

 

Pièrre Lumbi, Président du G7

Hier jeudi 12 octobre 2017, le G7 (une plate-forme de l’Opposition) a tenu une réunion de son Bureau politique élargi aux députés et sénateurs. Cette rencontre a été présidée par Pierre Lumbi, président de la plateforme. Plusieurs figures emblématiques de G7 ont pris part à cette rencontre historique, notamment José Endundo Bononge, Christophe Lutundula, Modeste Mutinga ainsi que d’autres cadres.

 

La rencontre consistait à apporter une réponse à l’annonce faite, la veille par le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), qui rapporte la tenue des élections en 2019, alors que, selon l’Accord de la Saint-Sylvestre, l’échéance est fixée au 31 décembre 2017.

 

D’entrée de jeu, Pierre Lumbi estime que c’est une « plaisanterie ». « Nangaa n’est pas du tout sérieux. Vu cette annonce, quand on comptabilise ce qu’il a dit, il s’agit d’au-delà de 2019. En plus, il ajoute qu’il n’est pas sûr que ces élections aient lieu à la date que lui-même a annoncée. Ça ressemble beaucoup à une escroquerie morale et politique », a-t-il déploré.

 

« Le Rassemblement a une feuille de route à actualiser »

 

Préoccupé, Pierre Lumbi propose une voie de sortie de crise. Ce mécanisme passe par l’invitation du peuple à s’auto libérer. « Nous allons amener notre peuple à la lutte, à se prendre en charge comme nous l’avons dit. Le Rassemblement a une feuille de route qui va être actualisée très rapidement de façon à ce qu’on puisse donner une réponse appropriée à Kabila et Nangaa », a-t-il soutenu.

 

Face à la question de dédoublement des partis politiques qui se pose avec acuité, le président du Conseil des sages du Rassemblement s’explique : « Nous ne sommes pas du tout inquiets. Ce problème ressemble à tout autre problème lié à l’Accord de la Saint-Sylvestre qui n’a pas été réglé par la Majorité présidentielle et par ceux qui les ont suivis. Ça sera réglé par la lutte que notre peuple va entreprendre maintenant », a-t-il martelé.

 

Contrairement à ceux qui pensent que le Rassemblement veut placer le pays dans une voie apocalyptique sans lendemain, Pierre Lumbi réplique : « l’apocalypse viendrait d’où ? C’est un langage de la Majorité. Il n’y aura pas de violences. Notre action a toujours été pacifique. Ce sont ceux qui programment la répression violente qui pourraient en porter la responsabilité ».

 

Poursuivant sa communication, l’intervenant décline le sens du combat de son mouvement. « Lorsque nous appelons notre peuple à se prendre en charge, nous disons très clairement que c’est par des actions pacifiques. Et nous ne voyons pas comment un peuple qui se lève pour revendiquer ses droits et qui le fait pacifiquement, conformément à la Constitution, que cela crée l’apocalypse », a-t-il fustigé.

Même si l’insécurité s’est déplacée de l’Est vers le Centre du pays, cela ne veut pas dire que les conditions ne soient pas réunies pour la tenue de bonnes élections.

 

« Il est possible d’organiser les élections »

 

« Quelles que soient les conditions, il est possible d’organiser les élections ». En 2006 et en 2011, a-t-il rappelé, « les conditions étaient pires que celles que nous avons aujourd’hui ». Et pourtant, nous avions des solutions à ce problème de crise sécuritaire pour organiser des élections dans les coins où il y avait des conflits sécuritaires très aigus, a-t-il ajouté. Avant de souligner qu’on a pu organiser des élections sur l’ensemble du territoire national. « Donc, aujourd’hui encore, il est tout à fait possible d’organiser les scrutins à travers le pays », a-t-il indiqué.

 

Quant à ceux qui croient qu’une transition sans Kabila, serait hypothéquer l’avenir du pays, Pierre Lumbi signe et persiste : « Ce qui va hypothéquer l’avenir du pays, c’est la continuité de Kabila aujourd’hui. Parce qu’il ne résout aucun problème socioéconomique ni politique. Donc, nous ne disons pas que Kabila ne soit pas là, c’est lui-même », a-t-il explicité.

 

Lumbi note que Joseph Kabila n’a pas été capable d’organiser les élections. Il ne voit pas comment il peut prétendre rester là. « Il bloque le pays pour gagner du temps. C’est tout à fait normal que le peuple exige son départ. Puisqu’il ne veut pas partir de façon civilisée par des voies électorales, on doit exiger d’une manière ou d’une autre sa sortie », a-t-il prévenu.

 

Par Médard Muyaya

 

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

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