Aux gouvernants africains de garder leurs jeunes en Afrique…

 

 

Personne ne peut dire aujourd’hui qu’il n’était pas au courant du triste sort des migrants africains en Libye. Et même si le tiers des Libyens est constitué de Noirs, ces migrants africains ont été vendus comme esclaves sur des marchés tout simplement parce qu’ils sont des Noirs. Du reste, les Noirs de Libye, eux-mêmes, ont toujours souffert aussi le martyre dans leur propre pays…mais en silence. C’est un secret de polichinelle.

 

Faut-il le rappeler, l’Occident et l’Organisation des Nations Unies (ONU) portent la lourde responsabilité historique quant aux conséquences du conflit libyen. Lequel a conduit à la liquidation physique du Colonel Mouammar Kadhafi en 2011, à Syrte. L’ex président libyen n’était pas un ange comme certains africains voudraient le faire croire, et souvent par méconnaissance de ses agissements çà et là à travers le continent ou de son histoire géopolitique. Pour autant, les grandes puissances ont eu tort d’intervenir militairement en Libye, au mépris du refus catégorique et des avertissements des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine. Car, en voulant se débarrasser à tout prix du dictateur Kadhafi, la France de Nicolas Sarkozy et ses alliés ont, plus grave encore, sacrifier purement et simplement l’Etat libyen. En refusant, au surplus, d’assurer comme qui dirait le « service après-vente ». Il en a résulté la dissémination des armes libyennes dérobées à l’armée, l’instauration d’une situation de chaos dans le pays, l’aggravation de l’insécurité et du terrorisme en Afrique, la déstabilisation de certains Etats voisins de la Libye. Maintenant, il s’agit pour la communauté internationale de gérer les conséquences de cette grave erreur géostratégique.

 

A ce propos, les chefs d’Etat et de gouvernement ainsi que l’Union africaine doivent assumer d’abord leur part de responsabilités face à l’histoire. En tirant les grands enseignements de cette intervention étrangère en Afrique, et cela sans leur consentement. Comprenne qui pourra. En fait, le vrai défi de l’Afrique reste à opérer une révolution interne et profonde de sa société déstabilisée et désorganisée par des siècles de colonisation et de domination pour enfin l’adapter au contexte actuel de l’évolution du monde. Et surtout à ses propres besoins de développement économiques, culturels, géopolitiques ou autres. Là réside la grande partie des solutions à ses problèmes actuels, y compris ceux de sa jeunesse abusée et désabusée.

 

Au-delà de la situation qui défraie actuellement la chronique, la question de la fuite massive de jeunes africains vers l’Europe est un problème dont les Africains ne sauraient se décharger sur l’Europe. Aucunement ! Il appartient à leurs gouvernants en concertation avec les jeunes de réfléchir aux voies et moyens d’endiguer cette saignée. Non seulement en assurant la paix et la stabilité à travers des élections libres, justes et démocratiques dans le continent, mais aussi en mettant en place des projets de développement socio-économiques qui retiennent sur place les jeunes des pays qui ne sont pas en guerre. Et même pour ceux qui sont en guerre, qu’ils soient emmenés à migrer à l’intérieur du continent plutôt que vers l’étranger. Ce serait déjà un début de solution plus efficace contre ces vagues sans cesse croissantes de migration au lieu de laisser à certaines ONG et autres trafiquants le champ libre. La plupart des jeunes africains qui tentent de quitter le continent pense toujours que l’Europe est un eldorado. Parce qu’ils préfèrent le rêve qui peut mener à l’esclavage ou la mort aux sombres réalités de leurs pays. Comble de désespoir ! Aux gouvernants africains de garder leurs jeunes en Afrique, plutôt que de les envoyer en esclavage ou dans les abysses de l’Atlantique et de la Méditerranée. C’est vrai et c’est le cas de le dire: l’Europe ne peut pas accueillir toute la misère de l’Afrique. Mais qu’elle cesse déjà d’en créer ou d’en rajouter.

 

Par Marcus Boni Teiga

 

 

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