BENIN – LEGISLATIVES 2019 : la tactique de Patrice Talon pour déstabiliser Boni Yayi

 

Patrice Talon à gauche et Boni Yayi à droite.

 

Au Bénin, les législatives de 2019 se jouent maintenant. En effet, le remaniement ministériel opéré par le Chef de l’Etat béninois Patrice Talon le 27 octobre 2017 n’a pas fait que consacrer l’entrée au gouvernement de certains technocrates et/ou acteurs politiques et le départ d’autres. Il est également, et surtout, un repositionnement stratégique des forces politiques dans la perspective des prochaines échéances électorales. L’un des objectifs de ce repositionnement stratégique serait de déstabiliser l’ancien chef d’Etat Boni Yayi, redouté dans son fief.

 

Des premières analyses du nouveau gouvernement Talon, il est ressorti que le Président Talon a renforcé sa présence dans le nord Bénin au non d’un équilibre régional, l’un des facteurs déterminants de la stratégie politique au Bénin. C’est donc un secret de polichinelle pour les acteurs de la hiérarchie politique béninoise qu’un ministre du nord, au nom de cet équilibre régional, doit nommer un directeur de cabinet originaire du sud et vice versa. De quatre (04) ministres originaires du nord dans le premier gouvernement, le Président Talon est alors, logiquement, passé à sept (07) ministres.

 

Cette progression, qui n’est donc pas un fait isolé, est caractérisée par la représentativité de toutes les régions du nord Bénin (les quatre nord) dans le nouveau gouvernement du Président Talon. Chaque département du nord a désormais donc son ministre au gouvernement. Mais, l’autre particularité de ce remaniement, le Président Talon a renforcé son arsenal politique dans la 8ème circonscription électorale du Bénin, le fief de l’ancien Président Boni Yayi.

En nommant Samou Adambi, un fils de Parakou, à la tête du ministère de l’eau, Patrice Talon a sans doute consolidé le tandem Charles Toko, le maire de Parakou et Rachidi Gbadamassi, député de la 8ème circonscription électorale du Bénin, pour contrer les élans politique de Boni Yayi.

 

Si Charles Toko est plus proche des réalités quotidiennes des populations et Rachidi Gbadamassi « défend les intérêts » de ces populations à l’Assemblée Nationale, Samou Adambi aura de toute évidence la lourde mission de relever le défi de l’eau au Bénin et plus particulièrement dans la partie septentrionale du pays, un domaine où Boni Yayi a montré ses limites en 10 ans de pouvoir.

 

La bataille de 2019 s’annonce donc serrée et déjà chaque camp affute ses armes. Tenant les rênes du pays, Patrice Talon dispose incontestablement d’une marge de manœuvre sur Boni Yayi. Mais la récente histoire politique du pays a montré que ce n’est pas le camp au pouvoir qui décide toujours de l’issue des élections. Le jeu est donc ouvert, si non très…

 

 

 

Source: http://beninwebtv.com

 

Benin Web TV (Bénin)

 

 

 

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