IMMIGRATION CLANDESTINE – Un jeune migrant raconte sa mésaventure en Libye : ‘’j’ai fait 5 mois sans voir le soleil. On m’a vendu, électrocuté et j’ai payé 1 200 000 fcfa avant d’être libéré’’

 

 

L’immigration clandestine est devenue de nos jours une triste réalité en Afrique, particulièrement en Guinée., Ils sont nombreux les jeunes qui, chaque jour, tentent l’aventure vers l’Europe, à leurs risques et périls. C’est le cas par exemple d’Amadou Diallo, un jeune originaire de la sous-préfecture de Hafia (préfecture de Labé). Au téléphone de Mediaguinée, ce dernier confie qu’il a fait 5 mois de prison et payé 1 million 200 mille FCFA avant d’être libéré. Et en prison, lui et ses amis subissaient des actes de tortures, ils ont été électrocutés, brûlés avec de l’eau chaude. Parfois, on les tabassa à l’aide de gourdins. Parmi ses amis, certains sont morts, d’autres sont devenus fous. Il a une blessure très grave.

 

« J’ai quitté la Côte d’Ivoire pour la Libye au mois de mai 2015. C’est un ami qui m’a proposé d’aller puisqu’il avait un contact qui pouvait nous aider. Lorsque nous sommes arrivés au Niger, précisément à Agadès, les passeurs nous ont emmenés en plein désert. D’autres personnes sont venues nous dire qu’on va leur payer de l’argent pour qu’ils nous emmènent en Libye. Après le deal, nous avons appelé nos contacts pour qu’ils viennent payer l’argent, ils ont refusé. Les passeurs nous ont emmenés à Shaba où ils nous ont enfermés pendant 3 jours. Après, ils nous transférés dans une prison au quartier A-Diarra, communément appelé Ali-Ghetto. J’ai fait là-bas 3 mois. Tous les jours, ils nous frappaient, nous électrocutaient. On nous versait de l’eau chaude. Pour ma liberté, ils m’ont dit de payer 550 mille FCFA. Ce que j’ai payé via ma famille en Côte d’Ivoire. Au lieu de me libérer, ils m’ont vendu à une prison appelée Abdoul-Kafi. Là-bas encore, j’ai payé 700 mille FCFA, mais on était très nombreux. Un jeune de Koïn y est mort suite à une électrocution qu’on lui a fait subir. D’autres sont devenus fous à cause des bastonnades », explique Amadou. C’est après avoir vécu cet enfer et payé ce montant qu’il a été libéré après 5 mois sans voir le soleil.  Amadou a une blessure très grave, qu’il traite actuellement à Dakar.

 

« Je voulais aller en Italie, mais après ma mésaventure, ma mère m’a envoyé de l’argent pour que je puisse revenir en Côte d’Ivoire. Je suis arrivé le mercredi 18 octobre. Depuis, je suis à Dakar où je panse mes plaies. J’ai eu la chance, je n’ai pas perdu la vie, mais j’ai vécu l’enfer. Je suis revenu avec un grand de Mali-Yembering, qui m’a beaucoup aidé. Aujourd’hui, j’ai tout perdu. En Côte d’Ivoire, je travaillais bien », poursuit le natif de Hafia. Avant de lancer un appel à tous les jeunes qui voudraient emprunter ce chemin pour aller en Europe.

 

« Je demande à tout le monde, surtout les jeunes qui veulent aller en Europe, s’ils n’ont pas les moyens d’aller légalement, de travailler ici. Moi, ce que j’ai vécu, j’ai eu de la chance, je vous dis. Certains sont morts, d’autres sont devenus fous. Les Libyens n’ont pas pitié des Noirs. En plus, beaucoup de contacts sont des menteurs, c’est juste pour prendre ton argent. Depuis que je suis libre, on dirait que je suis au Paradis. Donc nous les jeunes, soyons conscients. L’immigration clandestine est le chemin de la mort », conclut-il.

 

Tidiane Diallo, correspondant régional à Labé

 

 

 

Mediaguinee

 

Source : http://www.mediaguinee.net

 

 Media Guinée.Com (Guinée)

 

 

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