MAURITANIE – Expropriation, esclavage, racisme d’Etat, les Négo-mauritaniens dénoncent…

Les réfugiés mauritaniens ont demandé à l’Etat du Sénégal et à la communauté internationale de prendre leurs responsabilités pour faire cesser les discriminations dont sont victimes les Noirs de Mauritanie. Installés au Sénégal depuis plusieurs années certains n’ont toujours pas de pièces d’identités sénégalaises. Ils ont ainsi demandé à l’Etat du Sénégal de leur octroyé des pièces d’identité Ce cahier de doléances a été présenté à Dakar, ce mardi 28 novembre, lors la cérémonie de commémoration du 30è anniversaire de la tuerie des 28 soldats négro-mauritaniens, tenu au siège du Forum social africain à Dakar

 

 

Les Négo-mauritaniens victimes de discrimination et du racisme d’Etat dans leur propre pays, en Mauritanie, demandent à la communauté internationale  de se pencher sur leur situation. L’Etat mauritanien par  sa manière de faire est clairement dans une logique d’épuration ethnique selon les  réfugiés mauritaniens de Dakar. Les différents mouvements de lutte contre ces fléaux qui gangrènent leur société ont profité de la cérémonie de commémoration du 30è anniversaire de la tuerie des 28 soldats négro-africains dans le désert d’Inal pour dénoncer la série d’expropriation qui pèsent sur leur communauté.

 

. «Ce qui se passe en Mauritanie doit interpeler la communauté internationale, c’est un pays où la discrimination est une politique étatique  200.000 négro-mauritaniens ont été déportés, des milliers d’expropriés, 1500 militaires arrêtés, et 500 soldats exécutés. Aujourd’hui l’Etat continue à vouloir exproprier les citoyens en procédant par recensement de tous les Negro-mauritaniens. Il est question alors d’épuration ethnique », a dénoncé  Moustapha Touré, représentant de la Force de libération de la Mauritanie (FLAM), un des mouvements de lutte contre l’esclavage en Mauritanie. M. Touré a expliqué que  depuis le mois de décembre 2016 les réfugiés mauritaniens au Sénégal ne bénéficient plus de pièces d’identité au Sénégal. «Nos papiers ne sont plus en cour de validité»

 

Sur un autre plan, les Negro-mauritaniens ne comprennent pas le mutisme de l’Etat du Sénégal face aux injustices  infligées  aux  Noirs en Mauritanie. « Le Sénégal, en tant que Etat de droit, il est du son devoir d’aider les réfugiés à rentrer chez eux…nous savons que l’Etat mauritanien menace le Sénégal de s’en prendre à ses ressortissants. Et cela est inadmissible et inacceptable car nous ne supporterons jamais que des sénégalais puissent être victimes des autorités mauritaniens pour la seule raison que les gens dénoncent  les injustices qu’il y a en Mauritanie. On comprend les difficultés du Sénégal mais nous avons affaire à des gens qui ne croient en rien…».

 

Dioma Cissokho du Comité des réfugiés Mauritaniens  a pour sa part posé le débat connectant  les pièces d’identité des refuges mauritanien au Sénégal. Il souhaite que l’Etat  sénégalais  octroie  les pièces d’identités à la communauté mauritanienne refuges au Sénégal. « Que le gouvernement du Sénégal nous reconnaisse en nous donnant des papiers officiels. Cette situation est humiliante. Aucun de nos papiers ne sont reconnu ni par la police ni par les banques. »

 

Dans un contexte où le concept émergence est très en vogue au Sénégal et dans bien des pays africains, comme pour prendre au mot le gouvernement du président Macky Sall, chantre de ce concept, Dioma Cissokho déclare : «Il ne peut y avoir d’émergence sans humanité. Le gouvernement du Sénégal nous a déçus. Nous ne sommes pas reconnus au Sénégal ; et nous ne pouvons non plus rentrer chez nous ; nous sommes vraiment déçu».

Parlant d’humanité,  pour mémoire, les martyrs du 28 novembre ont été tous pendus pour la seule et simple raison qu’ils étaient Noirs.

 

L’évènement est organisé dans la  simplicité, mais avec honneur et dignité à la mémoire des 28 soldats tués à la veille de l’indépendance mauritanienne. Il s’agit du 30e anniversaire des martyrs negro-mauritaniens sauvagement massacrés par des officiers arabes dans le désert de Inal.  Les mouvements de lutte étaient présents parmi lesquels le mouvement anti esclavage (IRA), le Comité des refuges mauritaniens et la FLAM (Force de libération de la Mauritanie).

C’était l’occasion  pour les Nego-mauritaniens de marquer  leur indignation  face au racisme et à l’esclavage en Libye en faisant un rapprochement avec ce qui se passe dans leur pays. Ainsi, ils ont demandé à l’Etat d’agir pour leur apporter aide et assistance.

Les liens de longues dates existant entre le Sénégal et la Mauritanie, par solidarité et humanisme, il revient au Gouvernement du Sénégal de prendre des mesures idoines, favorables à l’épanouissement de nos frères refugiés de la Mauritanie.

 

Ibrahima DIENG

 

 

Source : http://www.senenews.com

 

Senenews (Sénégal)

 

 

 

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