« Pays de merde ! » : au-delà de la colère…

 

 

Un adage africain dit bien ceci : « le jour où un fou vous avoue et reconnaît qu’il est fou, alors il n’y a pas à hésiter si vous pouvez prendre vos jambes à votre cou ». Le président des Etats-Unis, Donald Trump, peut donc continuer à dire ou ressasser: « Je suis passé d’homme d’affaires TRES prospère à grande star de la télé et à président des États-Unis (à mon premier essai). Je pense qu’on peut me qualifier non seulement de malin, mais de génie… et un génie très stable en plus ! » Il n’y a là rien d’autre que quelque de très traditionnel dans la psychologie humaine. S’il est incontestablement un génie, beaucoup à travers le monde commencent à soupçonner dorénavant en quoi il l’est vraiment. Bien entendu, là-dessus, il est plus que stable et il n’a peut-être pas son pareil au nombre des chefs d’Etat actuels au monde. Même le Nord-Coréen, Kim Jong-un, ne saurait l’égaler en cela. Soit.

 

On a beau s’emporter contre Donald Trump ou montrer du doigt son état mental inquiétant, il faut comprendre le mépris et le jugement condescendant qui sous-tendent ses propos comme le produit d’un système dont il n’est, en fin de compte, que l’héritier consentant. Hélas, aujourd’hui encore, nonobstant tous les bons discours sur l’égalité des hommes et leur appartenance à une seule et unique race humaine, plus d’une pratique quotidienne des uns et des autres continuent d’enseigner aux générations montantes tout le contraire de ce qui devrait l’être. Tout racisme est indéfendable y compris dans son contexte ancien. N’en déplaise à ceux qui ont cette propension à vouloir dédouaner tous ceux qui ont eu à le théoriser, le défendre, le cautionner ou encore en tirer profit de quelque manière que ce fût. Tout comme si des antiracistes n’existaient pas à cette même époque et dans ce même contexte, mais qui eux,  au nom du principe d’humanité; ont tout simplement ramé à contre-courant de ces pratiques alors même qu’elles les concernaient en rien.

 

Que l’on parle de « Pays de merde » en 2018 ne peut que faire scandale ! Quelle que soit la signification à laquelle on associe le vocable « merde ». Mais c’est au-delà de l’immédiateté des prises de position et de la colère que tout le travail des Africains ou plus exactement des Noirs doit commencer. Certes, pour une fois, à l’unanimité des voix des 54 ambassadeurs africains à l’ONU auxquelles se sont jointes celles de nombre de chefs d’Etat africains, les dirigeants africains ont réagi comme il le fallait. En attendant  » rétractions et excuses ». Mais cela ne suffira jamais à effacer ce que Trump et bien d’autres pensent au fond d’eux-mêmes des pays concernés et de leurs ressortissants. Toutes hypocrisies diplomatiques mises à part. Si et seulement si la bêtise du président Donald Trump pouvait servir à faire comprendre aux Haïtiens et autres Africains ainsi visés par des propos aussi méprisants que racistes qu’il n’y a que dans l’union et seulement dans l’union que leurs pays gagneront en considération et qu’ils cesseront d’être perçus comme des « Pays de merde », alors ils auront tout compris. Sinon, même s’ils n’osent plus les traiter ouvertement et sans crier gare de « Pays de merde », ils ne continueront pas moins à le penser. Et ça, c’est du pareil au même ! Comme qui dirait, la mort c’est la mort quelle que soit son afféterie macabre. Au-delà de la colère, le président ougandais Yoweri Museveni ne s’est pas fait prier pour saluer les propos de Trump en Twittant lui aussi : « Les Africains doivent résoudre leurs problèmes, on ne peut pas survivre si on est faible, et c’est la faute des Africains s’ils sont faibles ».

 

Par Marcus Boni Teiga

 

 

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