RD CONGO – EVE BAZAÏBA : « 7 jours de marches pour l’alternance démocratique »

Par la foi, les murs de Jéricho tombèrent après qu’on en eut fait sept fois le tour durant sept jours. Par la foi et la détermination en son combat pour la démocratie, le peuple espère aussi faire tomber les murs de la dictature au 7ème round de la série de marches lancées le 31 décembre 2017 afin d’ouvrir grandement la voie à l’alternance démocratique. A l’instar de Laurent Cardinal Monsengwo, la secrétaire générale du MLC , Eve Bazaïba, partage la même espérance. Sur la toile, elle invite le peuple congolais à tenir bon : « Chers compatriotes, le mur de Jéricho n’était tombé qu’au septième tour ! Nous en sommes au deuxième ! Avec Dieu, nous vaincrons ».

 

 

Sindika Dokolo, initiateur du mouvement citoyen « Congolais debout », aura été le premier à faire allusion aux murs de Jéricho lorsqu’il lançait fin 2016 son opération « Trompette de Jéricho ». Dans une déclaration relayée sur la toile, Sindika Dokolo invitait alors le peuple congolais à faire du bruit par des klaxons, des sifflets et différents instruments sonores jusqu’à faire tomber les murs de la dictature qui s’installe en République démocratique du Congo.

 

L’initiateur de « Congolais debout » se référait au récit biblique repris dans le livre de Josué qui retraçait l’épopée de la prise de Jéricho par les Israélites.

Ce jour-là, rappelle la Sainte Bible, de l’autre côté du fleuve Jourdain, les habitants de Jéricho commençaient à avoir peur des Israelites qui s’approchaient inexorablement. L’Eternel Dieu, lit-on, expliqua à Josué son plan pour prendre la ville. L’armée israélite devait marcher autour de la ville pendant six jours avec, à sa tête, les prêtres portant l’Arche de l’Alliance. Le septième jour, ils devaient faire sept fois le tour de la ville en faisant sonner leurs trompettes. A ce sujet, la Bible déclare : « Le peuple poussa des cris et les sacrificateurs sonnèrent des trompettes. Lorsque le peuple entendit le son de la trompette, il poussa de grands cris et la muraille s’écroula ; le peuple monta dans la ville, chacun devant soi. Il s’emparèrent de la ville »(Josué 6, 20).

Donc, au septième jour, la ville de Jéricho fut détruite par le feu. Mais, pour y arriver, Josué avait dû écouter attentivement les consignes. Au peuple qui l’accompagnait, Josué a donné cet ordre : « Ne faites pas de bruit ! Ne dites pas un mot ! Restez silencieux jusqu’au moment où je vous dirai de pousser le cri de guerre ».

 

 

 

La RDC sur les pas de Jéricho

 

Comme à Jéricho, il y a des milliers d’années, le peuple congolais passe par la même épreuve dans sa foi en la libération.

Répondant à l’appel du Comité laïc de coordination (CLC) et motivé par l’accompagnement de toute l’Eglise catholique, le peuple congolais s’est levé comme un seul pour sa libération. « Le Seigneur ne nous abandonnera pas », a lancé Laurent cardinal Monsengwo dans sa déclaration du mardi 23 janvier 2018.

Depuis la marche du 31 décembre 2017, le peuple congolais, réconforté par le soutien indéfectible de l’Eglise catholique, a pris conscience de son destin en tant que peuple libre. Il a bravé la peur pour recouvrer son droit de souverain primaire. Il l’a encore prouvé le 21 janvier 2018.

Comme le 31 décembre 2017, dimanche dernier, des Congolais sans armes, en possession des chapelets et autres insignes religieux, ont été abattus froidement.

Mais, comme à Jéricho, le peuple congolais garde l’espoir, sous la conduite de l’Eglise, de venir à bout de ses tortionnaires.

Dans un message relayé sur la toile, Eve Bazaïba, secrétaire générale du MLC, ravive cette espérance :« Chers compatriotes, le mur de Jéricho n’était tombé qu’au septième tour !  Nous en sommes au deuxième ! Avec Dieu, nous vaincrons ».

 

Le 31 décembre 2017, représente le premier jour, le 21 janvier 2018, le deuxième. Comme à Jéricho, Eve Bazaïba promet une 3ème, une 4ème, une 5ème … jusqu’à la 7ème marche pour faire tomber les murs de la dictature.

Bien que condamnés à la clandestinité, 24 heures après la marche du 31 décembre 2017, les membres du CLC n’ont pas rompu leur détermination.

Se souvenant des martyrs du 21 janvier 2018, le CLC note que « l’histoire retiendra que ces hommes, ces femmes, ces enfants, aux mains nues, ne portant pour seules armes qu’un chapelet, une bible, une croix, un rameau ont été fauchés par des balles assassines d’autres fils du Congo qui ont choisi le camp de la terreur et de la trahison du peuple pour servir la cause d’un régime refusant d’honorer ses engagements. Chacune des victimes avait un nom, une famille, une histoire et des projets que la barbarie a réduits au silence. Nous leur disons qu’ils resteront à jamais gravés dans nos cœurs et notre mémoire. Nous nous souviendrons à jamais des martyrs et héros du 21 janvier 2018 comme ceux du 31 décembre 2017 et du 16 février 1992; et de tant d’autres qui ont donné leur vie pour la liberté de notre pays. Ils ne sont pas morts. Ils ne mourront jamais. Nous nous souviendrons de ces dates, de ces événements comme d’une boussole qui va guider nos pas vers plus de liberté, de justice, de démocratie ».

Comme à Jéricho, le CLC rappelle « à ceux qui croyaient que le peuple congolais n’est pas prêt à soutenir l’effort d’un grand combat, qu’il est condamné à baisser le front, à subir la défaite et à capituler devant la dictature, à céder devant la peur et l’incertitude, à redouter les mauvais traitements, les arrestations et les humiliations, la mobilisation de ce 21 janvier 2018 a été la réponse à leurs doutes et à leurs interrogations. Face à la barbarie, les Congolais sont restés debout et plus déterminés que jamais !

Au deuxième round de la marche visant à faire sauter les murs de la dictature, le CLC durcissait le ton en ces termes : « Sans jamais céder à la tentation de tomber dans le cercle sans issue de la violence, de la colère et de la haine meurtrière, nous irons jusqu’au bout! Nous l’avons déjà dit, il n’y aura plus de répit pour la dictature, qui a plongé le peuple congolais dans une crise aussi ruineuse qu’inutile ».

 

Le CLC invitait dès lors le peuple à « rester mobilisé pour répondre à son prochain appel »… jusqu’à la 7ème marche pour ouvrir la voie à l’alternance démocratique, comme le prédit Eve Bazaïba.

C’est dire que le chemin de la libération est encore long. Comme à Jéricho, le peuple congolais doit s’armer de patience et d’abnégation jusqu’à faire tomber les murailles de la dictature en vue de l’alternance démocratique.

 

Le Potentiel

 

 

Source : http://www.lepotentielonline.com

 

Le Potentiel (RD Congo)

 

 

A lire aussi:

 

RD CONGO – MARCHE DU 21 JANVIER : Soutien total au Comité Laïc de Coordination

 

RD CONGO – Le PALU tourne le dos à la Majorité présidentielle

 

RD CONGO – Les catholiques enclenchent des manifestations pour réclamer l’application de l’Accord du 31 décembre

Commentaires