SENEGAL – La lutte avec frappe en question avec Lac 2.

 

 

Comme le football, la lutte avec frappe est un « exercice physique »  pratiquée par les jeunes. Elle  est pour les uns, une occupation professionnelle secondaire  et pour les autres un métier en plein temps. Critiquée par une bonne frange des intellectuels pour son impact négatif improductif sur les jeunes en situation d’apprentissage scolaire, force est de reconnaitre que la lutte est une tradition sportive séculaire ancrée profondément dans nos us et coutumes, qui, à la faveur de l’évolution du temps, a connu quelques mutations.

 

De simple « exercice de distraction » la lutte est devenue une activité lucrative voire une industrie très rentable au point de susciter les rêves les plus fous chez les jeunes qui s’identifient désormais aux lutteurs (Yekini, Mouhamed NDao Typson,  Balla Gaye 2, Modou Lo, Tapha Gueye). Avec des contrats faramineux à plusieurs dizaines millions, la lutte avec frappe a bousculé les paradigmes et suscité de nouvelles vocations.

 

Dans ce contexte, on a vu apparaitre dans l’arène des lutteurs professionnels qui ont un sens élevé des affaires. On peut citer au passage Mouhamed NDAW Tyson, Yekini, Balla Gate 2, Modou Lo,  Bombardier et  Lac 2 pour ne citer que ceux-là.

Ces lutteurs ont eu beaucoup  plus de chance que leurs ainés : les Maga 2,  Double Less, Boy Bambara, Mor Fadam, Tapha Gueye, Lac 1 et Mohamed Ali etc. C’est la faute à personne. Le contexte n’est plus le même. Entre temps, la télévision est entrée davantage dans la  promotion de la lutte et avec elle a entrainé les sponsors notamment les grands opérateurs téléphoniques et quelques entreprises dans le cadre de leur RSE.

 

La lutte a le vent en poupe. Des centaines de millions sont investies. Les lutteurs font rêver les jeunes, les filles et les parents.  Elle fascine les hommes et les femmes politiques en quête de soutien politique  dans une stratégie de séduction courent derrière les lutteurs  en leurs apportant leurs soutiens. Les lutteurs en profitent et les remercient publiquement devant les micros de la télévision et de la radio. Le « Branting » est bien fait. Tout le monde est content. Dieu merci !  La perception sociale du lutteur «  un homme avec beaucoup de force de bras avec peu d’esprit »  a profondément changé.  Dans ce lot de lutteurs multimillionnaires qui ont marqué la lutte sénégalaise chacun en ce qui le concerne,  on distingue quelques  « intellectuels » : Mange 2, Mouhamed NDAO Typson, Yekini, Tapha Tine, Boy Niang et Nar Touré etc.

 

Désormais, la lutte n’est plus une affaire de mastodontes avec un cerveau écervelé. Très populaire, Modou Lo  en 2013 a initié un projet  « Xaragne à l’école ». Ce projet avait été  mal vu à l’époque  par une partie de l’intelligentsia sénégalaise. Ces intellectuels avaient mis en avant que Modou Lo en tant que lutteur se présentait comme un contre modèle des valeurs que prônent ou incarnent l’école, lieu où l’on accorde beaucoup plus d’importance à la « production intellectuelle » qu’à « l’exercice physique. »  Malgré tout, il  a mène le projet à bout en demandant aux élèves de ne pas faire comme lui «  négliger les études » Car malgré  ce qu’il est devenu et tout ce qu’il a, il regrette de n’avoir pas été à l’école.

 

Des combats de lutte avec frappe, Dieu sait qu’il y en eu beaucoup. Des combats d’envergure ! Des combats, de qualité différente, ont eu lieu au fil des années, obligeant le CNG  de tirer  à chaque occasion, les leçons qui s’imposent pour réajuster les règles de l’arbitrage des combats de lutte avec frappe.

 

 

Dans le cadre de la modernisation de cette lutte qui est devenue une véritable industrie sportive, le CNG, a introduit dans les règles de combats, la victoire au nombre d’avertissement le plus ou le moins élevé au cas où l’arbitre constate qu’il n’y a  pas eu de chute de l’un des lutteurs en lice ou en cas de non combativité de l’un des lutteurs observé par l’arbitre. Cette règle de combat est connue de toutes les écuries de lutte. Lac 2  ne peut pas l’ignorer. C’est certain.

 

Le combat de lutte Modou Lo et Lac 2 est terminé en faveur de « Xaragne Lo » par une victoire au nombre d’avertissement plus élevé pour Lac 2 dont le dernier avertissement est intervenu à quelques minutes de la fin du temps règlementaire. Connaissant cette règle de combat qui attribue la victoire au lutteur, qui a le moins d’avertissement que son adversaire du jour, je suis estomaqué que Lac 2 puisse dire dans les medias une telle ânerie «  ils ont obtenu ce qu’ils voulaient, la victoire de Modou Lo »

 

Un sportif doit savoir perdre et reconnaitre sa défaite. Au vu des faits, Lac 2  ne doit s’en prendre qu’à lui-même. Il était seul avec Modou Lo au milieu de l’arène. Pourquoi n’a-t-il pas marché sur lui ?  Plus géant et plus lourd qu’attendait il de plus pour foncer sur  « Xaragne Lo » comme il l’avait promis ?

Apres avoir manqué de courage et de réalisme, Lac 2,  doit la fermer. Trop c’est trop. En vouloir à tout le monde sur sa propre défaite au point de dire, à la face du monde qu’il est le lutteur le plus détesté du Sénégal. C’est exagéré. C’est sportivement inadmissible.  Personne n’a lutté avec Modou Lo contre Lac 2. Il était deux dans l’arène. Seulement deux. Pas deux contre lui. Pas trois contre lui. Si il était sûr d’être plus fort  pourquoi  n’a-t-il pas décidé d’en finir avec son adversaire dans le temps réglementaire ?

 

Pourquoi tout le monde détesterait  il Lac 2 ?  Si c’est ce qu’il a ressenti à l’issue de ce combat, on n’y peut rien mais il n’a qu’à se poser la question (même si c’est une impression) légitimement  pourquoi ?  Ce n’est pas sa personne qui est en cause. Il est un bel homme. Aimable. Mais c’est sa manière à lui de lutter qui est détestée. Sa façon à lui d’être dans l’arène qui lui est reprochée. C’est son attitude de  non combativité voire même  de poltron qui est rejetée, alors qu’il a tous les atouts de gagner ses combats et d’être un grand champion.

 

Le peuple aime les guerriers. La lutte avec frappe est faite pour les guerriers. Les gladiateurs. Où les  poltrons n’ont pas leur place où  les lutteurs attentistes et calculateurs n’ont pas droit de cité.

Ce qui est demandé et attendu des lutteurs  en lice dans l’arène est simple : respecter les amateurs et les promoteurs en luttant et en se combattant dans le respect des règles qui régissent les combats de lutte avec frappe. Bon sang !   Lorsqu’on signe un contrat de combat en réclamant des millions, on doit avoir l’audace de combattre son adversaire. Victorieux, on a le droit de jubiler. Vaincu, il faut avoir l’humilité de reconnaitre sportivement sa défaite sinon il faut la boucler pour ne pas dire des bêtises. C’est la deuxième fois que Lac 2  fait ce genre de sortie médiatique malencontreuse. La première fois, c’était  face au même Modou Lo. A l’époque, il avait accusé Luc Nicolaï celui-là même qui avait organisé son combat  contre  Modou Lo d’être partisan de son adversaire.

 

En considération de l’accumulation et la répétition des erreurs de communication, son entourage doit lui trouver un encadreur en communication publique. Lac 2,  au-delà de ses faiblesses dans la lutte avec frappe traine depuis belle lurette de sérieux problèmes de communication qui risque de compromettre sa carrière en mettant tout le monde sur son dos y compris ses propres fans.

 

 

Ce que Lac 2 doit  admettre,  Modou Lo est, aujour d’hui, plus populaire que lui. Pourquoi ?  Parce qu’en dehors de la volonté de Dieu, c’est que  Modou Lo  dans l’arène  combat son adversaire. Il cherche la victoire. Il aime la sensation que procure la victoire. Bref !  Modou  Lo  est un guerrier.  Le peuple l’aime en tant que tel : un guerrier. Et seuls les guerriers ont de la place dans l’arène. Le peuple aime les guerriers et déteste les poltrons.

 

Par Baba Gallé DIALLO

Email : babadediana@gmail.com

 

 

 

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