Trump : la merde retourne à la merde

 

 

L’indignation suscitée dans le monde par les déclarations voyoues du locataire de la Maison Blanche sur les Africains, ne servira à rien. Donald Trump, déjà connu pour ses dérapages contrôlés, a fait encore une fois du Donald Trump. Seuls, ceux qui ne le connaissaient pas, explosent de rage en entendant cette énième perle langagière du personnage. Mais on sait déjà, avant même son premier anniversaire à la tête des États-Unis, que ce monsieur a une machine mentale détraquée, exclusivement consacrée, pense-t-on, à sa base électorale, ces pauvres blancs, lessivés par une misère atroce, pelés par les différentes réformes d’un système social à plusieurs vitesses.

 

Mais en réalité, comme il l’a toujours fait dans ses shows télévisés, le milliardaire président a développé cette posture pour cacher sa gouvernance calamiteuse. Plus, il aura du mal sur le plan intérieur, plus il utilisera son langage fleuri contre les étrangers. Car, quand il leur crache ainsi dessus, ses électeurs auront l’impression d’être passablement « vengés ». D’autant que ces gens venus des « pays de merde » leur ont « pris leurs jobs » tout en bénéficiant du système social. Normal qu’il les vilipende, qu’il leur botte l’arrière-train, du moins, dans les mots.

 

Alors, pendant qu’ils applaudissent à tout rompre leur champion, ils ne se rendent pas compte, ces culs terreux et autres chômeurs de l’Amérique profonde, que leur situation n’a pas changé et n’a aucune chance de s’améliorer. Après les latinos « dealers et toxicomanes », après les arabes «terroristes et criminels », après les chefs d’Etats africains « paresseux et kleptomanes » , voici les habitants des « pays de merde. »

 

Partout dans le monde, les diplomates américains se prennent la tête, embarrassés, scandalisés par ce président qui donne une idée désastreuse de la première puissance de la planète. Jamais, dans l’histoire de ce pays, on n’a vu un chef d’état si médiocre, si vulgaire, si complexé, si pitoyable, reniant les engagements nationaux et internationaux de ses prédécesseurs comme si sa seule marque de fabrique, son programme était la négation des actes des autres. D’ailleurs, se retrouve-t-il lui-même dans ce foutoir, dans cette merde qu’il a créée ?

 

Une chose est sûre : malgré ce cafouillage, cet homme n’éprouve du respect qu’aux gens qui lui opposent la même brutalité, la même arrogance, autrement dit des doubles de lui-même. La preuve en est faite avec son ennemi héréditaire de la Corée du Nord Kim Jon-Un et l’autre teigneux du Kremlin, Vladimir Poutine. Mais en Afrique, à part le président ghanéen, personne n’a osé lui balancer l’équivalent de la même merde au visage. Peut-être qu’ils craignent, ces présidents africains, qu’en lui opposant des perles de la même trempe, on les prendrait pour des fous issus du caniveau commun. Un proverbe africain en donne d’ailleurs une forte repartie : « si un fou agite le grelot, seul danse un autre fou, pas un homme normal ».

 

Florent Couao-Zotti, écrivain.

 

Monsieur Trump n’a qu’à continuer de braire. S’il amuse les gens qui se reconnaissent en lui, ils inspirent à nous autres, Africains, non pas seulement le dégoût, mais le sentiment d’un homme que la richesse a rendu imbuvable, que le pouvoir a fini par transformer en une caricature affreuse.

 

Florent COUAO-ZOTTI

 

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