BENIN – Annulation des financements du Pades-Bénin : Ce que perd le Bénin suite au retrait de la Bid

(Le Bénin a sombré par son manque de sincérité et de réalisme à poursuivre le programme, rapportent les experts de la Bid).

 

 

Dans le but d’atteindre l’objectif global du plan stratégique de développement de l’enseignement supérieur à savoir, fournir à l’économie béninoise des ressources humaines qualifiées et des résultats de recherche adaptés pour le développement de l’économie, le gouvernement du Bénin a choisi de s’appuyer sur le PADES, entendez, Projet d’appui au développement de l’enseignement supérieur. Cette composante consiste spécifiquement  à garantir l’équité, à assurer l’amélioration de la qualité et offrir un plus large accès à l’enseignement supérieur, tout en renforçant les capacités de formation des enseignants de cet ordre.

 

Au regard du plan d’action, le Pades-Bénin se décline en la construction d’infrastructures diverses et d’acquisition d’équipements et de mobiliers pour le compte de l’Université Polytechnique d’Abomey, de l’Université d’Agriculture de Kétou et de 17 écoles réparties sur les sites du projet. Selon docteur Daton Mèdénou, il s’agit de «construire des rectorats de l’Université Polytechnique d’Abomey et de l’Université d’Agriculture de Kétou. Il était prévu sur chacun de ces deux sites, la construction du Bâtiment Principal du Rectorat R+2, le Centre des Œuvres Universitaires et Sociales, un auditorium de 500 places, la maison des hôtes et des ouvrages annexes. « Les infrastructures construites aurait pu être dotées de mobilier et d’équipements appropriés », précise le ministère. Toujours au profit de ces universités initiales, le Pades-Bénin visait également la mise à jour et l’élaboration des curricula de programmes. Dans cette même dynamique, est retenue, la formation de 60 enseignants-chercheurs en grade de Philosophia Doctor (PhD) et le renforcement de capacités de 56 enseignants-chercheurs par des formations de courte durée.

 

La concrétisation du projet Pades-Bénin, offre toute une batterie d’appuis institutionnels par le biais de l’Agence d’exécution, en vue d’accompagner les efforts fournis au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique à travers la formation de 15 cadres en leadership et gestion de l’enseignement supérieur, la formation de 20 cadres en gestion de projet, rapportage et suivi-évaluation, le voyage d’études de 12 cadres dans un pays dont l’expérience en gestion de l’enseignement supérieur est avérée et la mise en place d’un système de gestion de la base de données et les activités de Recherche-Développement.

 

Des reformes qui pénalisent le système éducatif

 

Les réformes opérées par le régime du nouveau départ sont loin d’être toutes porteuses de bonheur au système éducatif du pays. Pour preuves, ces universités qui ont disparu au profit de centres universitaires et d’écoles. Conséquence, les nouveaux centres sont désormais sous la tutelle des Université d’Abomey-Calavi. Par voie de fait, le projet a perdu de son sens. Au regard de ce constat, le partenaire Bid a renoncé à ses intentions de financement dont le montant est estimé à 96,19 milliards de FCFA. Cet important apport vient également d’échapper au Trésor public avec toutes les conséquences induites. Un aperçu des différents volets du projet permet de comprendre que chacune des écoles sera dotée d’un Bloc Pédagogique R+1 composé 6 Salles de 50 classes, 7 laboratoires de 50 places, 8 ateliers, 1 bureau-directeur, 7 bureaux enseignants, 1 amphithéâtres de 200 places, 2 amphithéâtres de 100 places, Sanitaires.

 

Dans cet ordre d’idées, il a été prévu sur chaque site, une Bibliothèque avec Salle Informatique (Salle de Lecture, Bureau Gérant Centre, Bureau Gérant Bibliothèque, Centre de Biométrie, Salle Informatique, Centre de Reprographie, Salle des Livres, 02 Magasins, Sanitaires), une Infirmerie (Consultation, Soins/Injection, Salle de Garde, Salle d’Attente, Pharmacie, Salle d’Observation, Sanitaires), des Dortoirs, la Maison de Missions, un Restaurant avec Réfectoire, des aires de jeux (Terrains de Football, Basket Ball, Volley Ball et Hand Ball). Des travaux de voirie et de raccordement aux réseaux d’eau, d’électricité et de téléphone sont également prévus. A l’horizon 2020, 10.000 étudiants devraient être impactés sous la supervision de 116 Conférenciers. Hélas, toute cette perspective s’estompe avec la remise en cause par la Bid.

 

Le Bénin sans financement des méso entreprises jusqu’en 2020

 

L’autre manque à gagner de la décision d’annulation de la Bid pour le Bénin est la perte des avantages liés aux projets soutenus. En effet, à en croire Monsieur Jean C. Panti, il y en a quatre fois plus que les acquis de la phase pilote du même projet dans la biennale 2014-2016. En effet, au bilan de la phase pilote du Programme intégré d’appui à la microfinance, l’on retient 285 projets de jeunes financés en une seule année, 1.267 emplois créés dont 869 emplois permanents et 969 promoteurs impactés. C’est donc suite aux bonnes performances du Fond National de microfinance que le partenaire a validé le dossier de financement à hauteur des 30 milliards de FCFA.

 

«La phase II visait ainsi à contribuer davantage à l’amélioration des conditions de vie des pauvres potentiellement actifs à travers l’offre de services spécifiques financiers ou non financiers adaptés au financement des méso et très petites entreprises (Mtpe) et le développement des activités génératrices de revenus du groupe à forte potentialité de création de richesses », se désole-t-il. Pour Jean Comlan Panti, cette phase accordait une place prépondérante aux grands projets de groupe qui permettront d’accroître l’impact du programme et d’alléger le coût du suivi. Cette phase a également pris en compte tous les aspects qui ont été négligés lors de la phase pilote, en l’occurrence le suivi post des activités que l’agence d’exécution a supportées sur son budget et les divers appuis en matériels de bureau, motos et matériels informatiques. Ce projet met surtout l’accent sur la promotion d’activités créatives de valeur ajoutée et impulse une approche basée sur un partenariat d’affaires entre les Systèmes financiers décentralisés (Sfd) et le client. Femmes, chefs de famille ; femmes rurales démunies ; travailleurs sans emploi ; petits commerçants; artisans potentiellement actifs; les diplômés d’enseignement supérieur au chômage; les micro-entrepreneurs en phase de démarrage d’activité ; les handicapés potentiellement actifs bénéficient donc depuis 2013 de cette aide au développement de la Banque islamique de développement. Le Bénin vient ainsi de perdre tous ces atouts sur l’autel des réformes sectoriels sous la « Rupture ». En effet, ces deux projets/programmes suscités ont été rattrapés par l’envie de Patrice Talon à démontrer les incohérences contenues dans la gestion de son successeur. Le Fnm, les universités publiques et leurs bénéficiaires payeront le prix, 114,76 milliards soit 6,16% du budget actuel du gouvernement.

 

                                                                                                         Source: http://ladepeche.info

 

La Dépêche (Bénin)

 

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