BENIN – Bras de fer gouvernement-partenaires sociaux : La rançon du jusqu’au-boutisme

 

 

Le bras de fer qui oppose les travailleurs de la fonction publique au gouvernement n’a hélas, baissé d’intensité après plus de deux mois de confrontations. La défalcation pour faits de grèves, loin d’émousser l’ardeur des fonctionnaires de l’Etat n’a fait que raviver les tensions. Pire, on a assiste depuis la semaine écoulée à un durcissement des positions  suite au communiqué du conseil des ministres qui a décrété illégale, la grève des travailleurs et a menacé de radiation d’office, les travailleurs qui s’entêteraient. «Le conseil des ministres a pris acte de ce compte rendu et en appelle au sens de responsabilité et de civisme des agents de l’État tout en les invitant à reprendre le travail au service de la nation. En tout état de cause, le gouvernement considère, que tout agent en cessation illégale de travail, se met dans une posture d’abandon de poste ».

 

Ce bout de phrase venant de l’exécutif, teinté de menace à peine voilée est perçu par les travailleurs comme le summum de la provocation, une déclaration de guerre et qui a suscité au sein des organisations syndicales, une véritable levée de bouclier. Cette sortie du gouvernement a donné lieu à un sentiment de colère et d’exaspération qui a eu le don de produire l’effet contraire qui était de contraindre les «grévistes» à reprendre le chemin des classes, des universités, des bureaux, des tribunaux etc… Au lieu de ramollir l’engagement des travailleurs en grève, la décision du gouvernement vient comme pour raviver une flamme déjà incandescente.

 

La rencontre avortée du vendredi 09 mars entre partenaires sociaux et gouvernement suivie de la conférence de presse conjointe du garde des sceaux et de la ministre du travail le même jour témoignent de la fébrilité qui s’est emparé d’un exécutif qui ne sait plus trop où donner de la tête. Le ton ferme et menaçant qui dessinait des perspectives peu reluisantes aux fonctionnaires qui ne seraient pas rentrés dans les rangs a tôt fait de se muer en une exhortation à «un sursaut patriotique»  que le gouvernement s’est évertué à adresser aux travailleurs de plus en plus déterminer à en découdre avec le pouvoir. Dans la foulée, une lettre invitant les confédérations syndicales à la poursuite des travaux de la Commission Nationale Permanente de Concertation et de Négociation.

 

A l’analyse, on peut déplorer une grosse perte de temps et une propension du gouvernement à intimider et prendre à l’usure les travailleurs même s’il peut être reproché à ces derniers d’en avoir assez mis dans la besace des revendications. Et comme c’est la fin qui justifie les moyens, l’exécutif, visiblement anémié dans ce bras de fer dont l’issue ne lui sera pas favorable semble prendre la mesure des choses avec une année académique invalidée qui pointe son bout de nez si rien n’est fait, les tout prochains jours pour sauver les meubles. La peur du gouvernement de devoir payer la rançon de son jusqu’au-boutisme et d’avoir à endosser une «année blanche» avec ses conséquences, la crainte de voir s’envenimer la situation déjà délétère font courber l’échine à un pouvoir jusque-là intransigeant.

 

La peur a changé de camps ou alors c’est dame sagesse qui gagne les cœurs. Dans l’un ou l’autre des cas, vivement que le Bénin social soit apaisé et que le gouvernement s’attèle à la réalisation de son programme d’actions.

 

 

Source: http://ladepeche.info

 

La Dépêche (Bénin)

 

 

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