MALI – Présidentielle du 29 juillet 2018 : IBK, candidat de l’ADEMA par défaut ?

Le processus du choix du candidat de l’ADEMA-PASJ à l’élection présidentielle 2018 vient d’être lancé. Si Pr Dioncounda Traoré maintient le flou sur ses intentions réelles, des personnalités comme Moustaph Dicko, Dramane Dembélé, Kalifa Sanogo, Tiémoko Sangaré et Abdoulaye Pona sont candidats à la candidature du parti de l’abeille solitaire. Ce qui n’a pas empêché le président du parti, Pr Tiémoko Sangaré de laisser entendre qu’IBK pourrait devenir le porte-drapeau de l’ADEMA faute de consensus autour d’un de ses propres prétendants

 

Pr. Tiemoko Sangaré, président Adema-Pasj

 

Nul n’ignore qu’à l’ADEMA-PASJ, tout militant peut se déclarer candidat à la candidature du parti à toutes les fonctions électives. C’est l’un des rares partis politiques maliens à ne pas avoir une direction paternaliste. Et les responsables membres du comité exécutif n’ont pu imposer le principe du candidat naturel. Alors qu’ailleurs dans plusieurs autres partis, le président est naturellement candidat surtout à l’élection présidentielle. Cette situation est sources de toutes les querelles au sein du parti de l’abeille.

 

Et pour la présidentielle du 29 juillet prochain, Pr Tiémoko Sangaré, le président du parti, n’a pu se déclarer candidat à la candidature qu’au dernier moment. Il était plutôt acquis à éviter les querelles de prétentions pour que le parti soutienne le candidat IBK. Le problème est que le président de la République a choisi de jouer à l’attentisme en déclarant plusieurs fois qu’il sera candidat à un second mandat si Dieu le veut.

Or, la nature a horreur du vide et Pr Tiémoko Sangaré n’a pas prise sur le parti qui n’appartient à personne. Et la forte demande émanant de la base en faveur d’un candidat interne aux couleurs du parti était devenu un soleil que nul ne pouvait cacher avec sa main…

 

En outre, IBK a voulu jouer au malin en déclarant en conseil des ministres qu’une candidature de l’ADEMA ne le dérangeait outre mesure. Alors que cette hypothèse le désavantage sérieusement, car pouvant le contraindre, s’il est candidat à un nouveau bail à Koulouba, à un second tour. Au même moment, nul n’ignore qu’au second tour, un réflexe « tous contre IBK » pourrait faire des émules en sa défaveur.

 

C’est sur ces calculs que les premiers responsables de l’ADEMAQ-PASJ ont fini par jeter leur dévolu sur la seule personnalité, dont la candidature peut véritablement  les rassembler, Pr Dioncounda Traoré, ex-président de la République par intérim. Celui-ci est du genre « je n’ai rien demandé, c’est vous qui m’avez supplié » ! Et, ne sachant pas si du haut de ses 76 ans, ce mathématicien de renom et fin stratège politique, va finir par accepter à être candidat de l’ADEMA-PASJ à la présidentielle 2018, Pr Tiémoko Sangaré, ministre d’IBK, se veut prudent et… précautionneux.

 

Dans les colonnes de Jeune Afrique, cette semaine, le président du parti de l’Abeille et ministre des Mines et du pétrole, Pr Tiémoko Sangaré, déclare que l’ADEMA pourrait se rallier au candidat IBK, faute de consensus autour d’une personnalité consensuelle issue de leur rang.  «Si on ne trouve pas ce candidat, nous soutiendrons le président IBK », affirme Tiémoko Sangaré, président de l’Adema-PASJ et ministre malien du Pétrole et des Mines. Veut-il alors dire qu’IBK a la position d’une roue secours, une sorte de candidat par défaut ? Sans doute, comme pour signifier deux personnalités pourraient être porte-étendard du parti rouge et blanc, l’actuel locataire du palais de Koulouba ou son prédécesseur intérimaire.

 

Il faut préciser que le week-end dernier, Tiémoko Sangaré était dans son village Bazana, dans le cercle de Bougouni, à quelques centaines de kilomètre au sud de Bamako, où il a tenu meeting avec sa base. Si l’ADEMA-PASJ décide finalement de soutenir IBK, ses militants poseront des conditions, assure le ministre. «Il faut que nous nous retrouvions dans le programme du président IBK, dans son plan de gestion du pouvoir et dans le rôle que nous aurons à jouer dans sa gouvernance », assure Tiémoko Sangaré, qui compte tenir le congrès de son parti fin mars pour fixer ses militants sur la décision finale que prendra le parti.

 

Comme on le voit, le président de l’ADEMA semble dans l’incertitude, voire un dilemme quant au choix avantageux à opérer. Faut-il investir Dioncounda Traoré ou se ranger derrière IBK, qui n’a visiblement rien proposé de concret en termes de gouvernance ?

 

Boubou SIDIBE

 

 

Maliweb.net (Mali)

 

 

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