L’éditorial de Kah Zion – Parti unifié : qui veut pousser le PDCI à la politique de la chaise vide en Côte d’Ivoire

Après la signature du communiqué conjoint sanctionnant la rencontre entre les présidents Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié au palais de la Présidence le 5 avril, puis la signature par les six (6) partis se reconnaissant dans le RHDP, du document dit " ACCORD POLITIQUE pour la création d'un parti unifié dénommé « le Rassemblement des houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix - Rhdp » le lundi 16 avril dernier, il y a comme un bouillonnement au sein du PDCI-RDA. Sans doute mus par leur amour pour le PDCI-RDA, des militants ne manquent pas de donner de la voix à travers des déclarations dans la presse et sur les réseaux sociaux. Certains sont allés jusqu’à manifester contre la signature dudit document par le Président Henri Konan Bédié. Si l’on peut et doit comprendre ces militants qui expriment leur mécontentement, l’on a aussi l’impérieux devoir de leur faire comprendre la constance du président Bédié dans sa lutte pour le rayonnement du PDCI-RDA depuis toujours.

 

 

Le débat qui a lieu aujourd’hui et qui porte pour l’essentiel sur la survie et le retour du PDCI-RDA au pouvoir d’Etat en 2020 est loin d’être isolé, encore moins nouveau. Ce débat date, pour ainsi dire, de 1999, avec toutes les positions affichées ou cachées avant puis après le coup d’Etat de décembre 1999. Aux heures chaudes du coup d’Etat, il ya eu des positions tranchées. D’une part, ceux qui étaient pour la résistance face aux militaires et il y avait ceux qui étaient pour ne pas provoquer la déflagration, quitte à ce que le chef de l’Etat en exercice aille en exil en France via Lomé. Le Président Henri Konan Bédié, quoi que démocratiquement élu, a choisi d’aller en exil pour ne pas que lui et le PDCI-RDA soient à l’origine d’un éventuel bain de sang en Côte d’Ivoire. En exil, d’aucuns estimaient qu’il était fini et qu’il fallait le clouer au pilori en l’exposant et en le vilipendant partout avec à la bouche des phrases comme « Bédié a tué le PDCI-RDA, Bédié a sacrifié le PDCI-RDA… ». Mais, durant les deux ans qu’il a passés en exil, il n’a jamais abandonné le PDCI-RDA et ses militants. De là où il se trouvait à Paris, à la rue Beethoven dans le 16ème arrondissement, il travaillait, manœuvrait pour que le PDCI-RDA ne soit pas englouti par les nouveaux seigneurs, au point qu’il fut reconduit président du PDCI-RDA lors du congrès extraordinaire d’avril 2000 alors qu’il n’était pas sur le territoire ivoirien. En octobre 2001, quand il rentrait en Côte d’Ivoire, il fut accueilli comme un chef d’Etat en exercice. Mais non grisé par ce retour triomphal, le président Bédié a, au cours de plusieurs rassemblements, dont le fameux forum de la réconciliation, humblement demandé pardon aux Ivoiriens, aux militants du PDCI-RDA et à tout le monde. Puis, il reprit véritablement le parti en main et démontra à la face du monde et de tous les observateurs politiques qu’il n’avait ni vendu ni bradé le PDCI-RDA et que sa décision d’aller en exil était dictée par sa volonté de mettre le PDCI-RDA à l’abri de la destruction physique et politique que connaissent tous les partis victimes de coups d’Etat. On a encore en mémoire cette phrase qu’il a dite le lendemain du coup d’Etat : « vous verrez que ce coup d’Etat n’apportera à la Côte d’Ivoire que le désarroi… ». Là encore, il a eu raison car la suite, tout le monde la connait avec à la clé dix ans de crise qu’à connue le pays. Et dans la recherche de la solution à cette crise, le président Henri Konan Bédié jouera encore un rôle déterminant. Non seulement il était à tous les rendez-vous d’Accra à Marcoussis en passant par Pretoria et les autres capitales africaines et européennes, mais il était celui vers qui chacun prenait conseils. Il recevait les diplomates, les leaders politiques, les représentants de la communauté internationale à qui il donnait son avis et ses recommandations pour une paix durable en Côte d’Ivoire. Partout et avec tout le monde, M Bédié prônait la paix. A Laurent Gbagbo, l’ex-président de la République, il a donné des conseils qui, hélas, n’ont pas été suivis. Aux autres antagonistes, il a donné des conseils avisés.

 

La lutte permanente pour le PDCI-RDA

 

Alors que sous son éclairage, les rencontres qu’il a eues avec son jeune frère Alassane Ouattara depuis Accra, le RHDP se mettait en place en mai 2005 à Paris, il y a eu encore des adversités politiques à l’intérieur même du PDCI-RDA à propos notamment de celui qui devait être le candidat du PDCI-RDA en 2005 (l’échéance reportée en 2010). Il y avait encore des pro et des anti-candidatures de Bédié qui militaient plus pour la candidature de Charles Konan Banny. Après moult débats internes et tractations, le président Bédié, à l’issue de la rencontre de Pretoria II, a tranché en ouvrant les candidatures à tous. Il a demandé que tous ceux qui le désiraient soient candidats. Au scrutin d’octobre 2010, le Président Bédié, candidat du PDCI-RDA, arriva en troisième position. Les vrais résultats avaient démontré que plus de 600.000 voix lui avaient été volées, ce qui n’est pas sans provoquer la colère des militants du PDCI-RDA. C’est une fois de plus le président Bédié qui leur a lancé un appel au calme et leur a demandé de voter pour Alassane Ouattara au second tour comme le stipulait l’accord de création du RHDP en 2005. « Je sais qu’on m’a volé 600.000 voix, mais je vous demande de faire gagner le RHDP en votant pour celui d’entre nous qui est arrivé en tête, c’est-à-dire Alassane Ouattara… » avait-il dit en substance. Le président Ouattara élu le 28 novembre 2010, commença la crise post-électorale par le refus du régime Gbagbo de reconnaitre la victoire du RHDP. De l’hôtel du Golf où les leaders du RHDP étaient assiégés, le président Bédié était, une fois encore, l’homme ressource qui donnait conseils et orientations. Il a même lancé l’appel à la résistance depuis l’hôtel du Golf, pour la consolidation de la victoire du RHDP. En décembre 2010, les jeunes du RHDP, sous la houlette du président de la JPDCI, Kouadio Konan Bertin,  avaient voulu marcher du Palais des Sports de Treichville jusqu’à la présidence de la République pour dénoncer la dictature du régime FPI. C’est encore le président Bédié qui a demandé aux jeunes de surseoir à cette marche, vu qu’en face, les miliciens et soldats du régime étaient prêts au massacre. Quand il a expliqué le fond de son appel à l’annulation de la marche au cours d’une conférence de presse à son domicile le lendemain, les plus fâchés sont allés lui dire merci pour sa clairvoyance. Le 17 octobre 2014, alors que le débat faisait rage sur qui serait encore candidat du PDCI-RDA à la présidentielle de 2015, le Président Bédié a lancé l’historique Appel de Daoukro dans lequel il disait : « En attendant, sans trahir les décisions du XIIème Congrès du PDCI-RDA, je donne des orientations fermes pour soutenir ta candidature (Ndlr : Alassane Ouattara à l’élection présidentielle prochaine. Je demande à toutes les structures du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire et des partis composant le Rassemblement des  Houphouetistes pour la Démocratie et la Paix, de se mettre en mouvement pour faire aboutir ce projet. Tu seras ainsi le candidat unique de ces partis politiques pour l’élection présidentielle de 2015 sans préjudice pour les irréductibles qui voudront se présenter en leur nom propre.  L’objectif d’une telle candidature est double : d’abord, assurer le succès du RHDP aux élections de 2015 dans l’intérêt  de la Côte d’Ivoire et de la paix. Ensuite, aboutir à un parti unifié, PDCI-RDR, pour gouverner la Côte d’Ivoire, étant entendu que ces deux partis sauront établir entre eux, l’alternance au pouvoir dès 2020 ». Là aussi, il y a eu des positions tranchées entre les pro et les anti-appel de Daoukro, mais le président Bédié finira par convaincre la très grande majorité sur la nécessité d’agir comme il le recommandait.

 

Eviter d’aller vite en besogne

 

Aujourd’hui, s’ouvre un autre débat qui tourne autour de deux points essentiels : le parti unifié et l’alternance en 2020. Il oppose au PDCI-RDA ceux qui ne voulaient pas que le PDCI-RDA s’y engage sans l’alternance à ceux qui ne voient pas d’un mauvais œil le renforcement de l’Alliance pour aboutir à l’alternance. Le débat entre ces deux positions traine depuis des mois et se voit exacerbé depuis le 5 avril puis le 16 avril avec la signature de l’accord politique entre les six (6) partis du RHDP. Laquelle signature du président Bédié semble avoir mis le feu aux poudres de ceux qui attendaient de tirer à boulets rouges sur lui, estimant qu’il a vendu le PDCI-RDA, qu’il a trahi le PDCI-RDA. Pourtant, depuis toujours, les déclarations du président Bédié sont très claires à la fois sur l’alternance et sur le parti unifié. Dans l’Appel de Daoukro, il dit : « L’objectif d’une telle candidature est double : d’abord, assurer le succès du RHDP aux élections de 2015 dans l’intérêt  de la Côte d’Ivoire et de la paix. Ensuite, aboutir à un parti unifié, PDCI-RDR, pour gouverner la Côte d’Ivoire, étant entendu que ces deux partis sauront établir entre eux, l’alternance au pouvoir dès 2020 ». Après le premier objectif obtenu en 2015, le président du parti qui n’a jamais perdu de vue son ambition de voir un militant du PDCI-RDA être le champion du RHDP en 2020, s’active à créer la synergie de tous les partis membres du RHDP qui boostera cette candidature et assurera la victoire. Dans une interview à Jeune Afrique, il avait répété : « le candidat unique du RHDP en 2020 viendra du PDCI-RDA », et même devant les membres du secrétariat exécutif le 27 avril, il les a mis en mission pour « la promotion et la victoire du candidat unique du RHDP qui sera issu du PDCI-RDA ». Et cette position n’a nullement changé depuis. Alors, pourrait-on se demander, en quoi la signature d’un communiqué conjoint puis d’un accord politique sur la faisabilité ou sur l’intention de créer le parti unifié d’un parti politique remet en cause l’engagement pris par le président Bédié qui est aujourd’hui la boussole du PDCI-RDA. En quoi cette signature signifie-t-elle que le PDCI-RDA n’existera plus et que le candidat du RHDP en 2020 ne sortira plus de ses rangs ?  Ce qui a été signé le 5 avril dernier n’était qu’un communiqué sanctionnant une rencontre entre les présidents Bédié et Ouattara qui ont eu à éplucher, outre la question du parti unifié, plusieurs autres dossiers de la nation  que des grands hommes qu’ils sont ne sauraient exposer comme cela dans la presse. Ils se sont contentés donc de n’aborder dans le communiqué que le volet portant sur leur accord de principe pour la possibilité de créer un parti unifié à l’avenir dans 12 à 24 mois. Ce communiqué ou cet accord n’est pas un document à déposer devant le notaire pour la validation du parti unifié appelé RHDP. C’est la première étape de ce rêve exprimé dans l’Appel de Daoukro. Et comme ils ne sont pas seuls dans la plateforme des houphouëtistes, ils ont porté à l’appréciation des autres partis politiques le principe qu’ils ont adopté. C’est l’accord des autres partis sur ce principe qui a donné l’accord politique signé par les six le 16 avril dernier. Comme pour dire que les six ont adopté le principe de créer le parti unifié si toutes les conditions sont réunies. C’est donc la deuxième étape dans le processus de la création de ce parti unifié. La troisième étape consistera, après des séances de travail du comité de Haut niveau, à avoir les statuts et le règlement intérieur qui seront soumis, une fois encore, aux partis membres pour avis. Ces partis, chacun  en toute autonomie, analysera, étudiera ces textes et ira en congrès (extraordinaire comme ordinaire) pour permettre aux militants de se prononcer et de déterminer l’attitude à adopter. Ce n’est que si tous les partis sont d’accord sur les textes et autres qu’ils se retrouveront, pour ceux qui acceptent, en un congrès unitaire pour la création de ce parti unifié. Ce sera la quatrième étape de cette période transitoire qui durera au bas mot 12 à 24 mois, alors que tout avait été fait pour que cela fût en ce mois d’avril 2018.

 

Bédié a toujours eu raison très tôt

 

Le PDCI-RDA regorge de grands intellectuels et d’hommes et de femmes très intelligents qui ont toujours su apprécier le vrai combat qui vaille la peine d’être mené pour le parti. En la matière, le président Henri Konan Bédié a toujours eu une longueur d’avance sur beaucoup. Aussi, quand il agit ou fait une déclaration, du fait de l’incompréhension immédiate, l’on a tendance à s’en prendre à lui avant de réaliser qu’au finish, il a raison. C’est ce Bédié qui a toujours très tôt eu raison que certains vilipendent depuis quelques jours. Pourquoi une fois de plus ne pas lui faire confiance, lui qui, de tout temps, s’est sacrifié pour la vie, la survie et le rayonnement du PDCI-RDA ? En Bédié, ce qui ne varie pas, c’est son amour pour le PDCI-RDA, c’est le bonheur de ses militants et de tous les Ivoiriens, c’est la paix, la stabilité et le développement harmonieux de la Côte d’Ivoire. Il est déterminé à faire aboutir ce qu’il a dit en septembre 2014 et qu’il ne cesse de répéter : faire d’un militant du PDCI-RDA le champion du RHDP en 2020. C’est ce qu’il faut comprendre dans sa démarche qui consiste à comprendre les autres pour mieux se faire comprendre. On ne peut vouloir mener un groupe sans y être ! Ou alors, veut-on pousser le PDCI-RDA à s’isoler et pratiquer la politique de la chaise vide qui lui sera préjudiciable longtemps après ? C’est grâce à la vision du président Bédié qui, assis, voit plus loin que ceux qui sont debout sur un mur, qu’après le coup d’Etat, le PDCI-RDA a survécu et résisté à toutes les bourrasques et tentatives de décapitation. Ce sera grâce à la vision du président Bédié que le PDCI-RDA atteindra ses objectifs à court, moyen et long termes. Certes, il peut y avoir une défaillance de communication sur la gestion du couple alternance et parti unifié, à ce tournant important, mais si chacun fait l’effort de dominer ses émotions, de surmonter la méfiance, tous comprendront encore le président Bédié et dans pas longtemps, on ira tous encore à Daoukro pour saluer sa clairvoyance et le remercier. D’ailleurs dans les heures qui arrivent, ce jeudi même depuis Daoukro, son village natal, le président Bédié, le président du PDCI-RDA parlera et clarifiera sa position, dira sa part de vérité aux pro et anti ; aux Ivoiriens qui l’observent et convaincra, j’en suis sûr, tout le monde.

 

DENIS KAH ZION

 

 

Source : http://www.afrikipresse.fr

 

Afriki Presse

 

 

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