BENIN: Une fois encore, Candide Azannai aurait-il eu raison?

Les faits de l’actualité nationale de ces derniers jours contraignent à regarder dans le rétroviseur ou du moins à se souvenir de certaines déclarations faites il y a quelques mois par l’ancien ministre délégué auprès de la présidence de la République chargé de la défense.

 

 

En effet, lors d’une sortie médiatique qu’il a effectuée en Avril dernier, le ministre Candide Azannai a évoqué un plan secret en préparation par le régime Talon en complicité avec la majorité parlementaire qu’il qualifie de majorité mécanique.

Selon les révélations de Candide Azannai, le régime du président Patrice Talon, après l’échec de la révision de la constitution a mis sur pieds, un plan pour faire passer malgré tout, le document rejeté par une minorité de blocage.

 

Pour atteindre l’objectif, le gouvernement a décidé d’attendre la fin du mandat de la cour Holo pour installer un dispositif humain qui permettrait de faire passer des textes qui seront votés par des députés. Pour ce faire, il faut réussir à franchir une première étape qui est celle d’avoir une majorité écrasante au parlement lors de la prochaine élection législative.

 

Dans ce cadre, à en croire le ministre Candide Azannaî, le président Patrice Talon s’est lancé dans des tractations. Ces dernières se font dans tous les états majors des formations politiques, mais il s’est intéressé au Bloc de la Majorité Parlementaire (BMP) avec qui il a multiplié des réunions. Au cours d’une de ces  réunions tenues chez un homme politique dans la zone du collège Père Aupiaire selon ses dires, il a été décidé de la formation d’une liste unique qui représentera tous les partisans de la rupture. 

“Tous ceux qui sont dans la rupture vont se fusionner et former un seul parti”, précise t-il. Un premier plan qui n’a pas eu l’assentiment de tous les participants. “il y a eu le désarroi, parce que certains députés égarés et affaiblis financièrement, affaiblis sur le plan de l’opinion et sur le plan de la popularité et de la crédibilité ont commencé par voir le sol s’effondrer et disparaître sous leurs pieds”.

 

Une situation qui a conduit à une première tentative de rébellion de certains députés qui ne se retrouvaient pas dans ce schéma. “Ce qui a amené leur maître à rendre visite à un député âgé qui serait  dans la région de Ouidah-Kpomassè par exemple”, a-t-il ajouté. Il fallait donc trouver un plan B pour maintenir l’harmonie du groupe et calmer la rébellion portée par plus de quinze députés.

A en croire les révélations de l’ancien ministre, la rencontre avec ce “député âgé”  a permis de passer d’une liste unique à trois listes qui seront reparties en pôle et confiées à des catégories de soutiens. Il poursuit en précisant que les deux premiers pôles seront confiés à deux figures influentes du BMP et le troisième pôle revient aux “égarés” du système défunt. Ce plan B aurait aussi comme le plan A, a du plomb dans l’aile et appelle actuellement à la possibilité d’un quatrième pôle. Candide Azannaï avait rassuré les militants de son parti  qu’il a  en temps réel, toutes les informations gardées secrètes par les partisans du Chef de l’Etat.

Des faits qui se confirment de plus en plus de plus en plus avec la création de trois blocs politiques pour la conquête de l’électorat lors des législatives prochaines.

Les trois blocs politiques de Talon pour une assise parlementaire

 

L’évolution de l’actualité politique de ces derniers jours confirme de plus en plus les révélations du ministre Candide Azannai. De la rumeur au départ, la constitution de trois bloc autour du président Patrice Talon devient une réalité.

En effet, pour la conquête de la majorité qualifiée pour le chef de l’exécutif, trois blocs se sont constitués dans le cadre de l’élection législative de 2019. Ces blocs politiques se présentent comme suit:

  • Premier bloc:
    Il est constitué de l’alliance politique “Union fait la Nation (UN) du président  Bruno Amoussou, du parti de la Renaissance du Bénin aile Abraham Zinzindohoué (RB), du Front Démocratique Uni (FDU)  de Mathurin Nago, de l’AND de Barnabé Dassigli, de l’Alternative Citoyenne de David Gnahoui, du CCP de Christelle Houndonougbo, de l’UB de Lucien Houngnigbo, de l’UPR de Issa Salifou, du FE de Antoine Dayori, de LVFD de Domitien Nouemou et du CDS Finagnon de Aké Natondé.
  • Deuxième bloc:
    Le deuxième bloc est constitué du parti du renouveau démocratique (PRD)  de Adrien Houngbédji, du RND  de Jean Michel Abimbola et d’autres formations satellites.
  • Le troisième bloc:
    Le troisième bloc est constitué aussi de partis et mouvements politiques que de personnalités politiques. Il s’agit de l’Abt de Abdoulaye Bio Tchané, le Fard Alafia de Zoulkanéni bToungou, Alafia de Séidou Alassane, Ggr du Robert Gbian, l’And aile Valentin Houdé, le Mesb de François Abiola, l’Ucd-Sawara de Abdoulaye Gounou, Anfani de Séidou Adambi, Fud de Grégoire Laourou, l’Invr-Kokari du feu Bani Samari, Frb de Marcel de Souza, Rdp de Gilles Houngninou, Pnd de Azizou Issa et Fndd de Sanrigui et l’Uds de Sacca Lafia et des députés démissionnaires du parti des forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE).

Une réalité politique qui vient ainsi confirmer les déclarations de l’ancien ministre Candide Azannaî. Ce dernier n’a pas occulté ce qui se passerait au niveau de la cour constitutionnelle après le départ de l’équipe conduite par le professeur Théodore Holo.

 

Les déclarations de Azannaî en Avril dernier sur la cour qui succédera celle de Holo

 

Dans sa déclaration en date du mois d’Avril 2018,  le ministre Candide Azannaî avait annoncé que le projet de révision de la constitution sera à nouveau réintroduit en Juin lorsqu’une nouvelle cour constitutionnelle sera installée. Le président du parti Restaurer l’Espoir avait affirmé que le régime voudrait compter sur la manipulation des hommes et non sur la vocation de l’authenticité de l’interprétation de l’institution.

“…Ça veut dire qu’on compte sur la manipulation des hommes de l’institution et non sur la vocation de l’instittion, sur l’authenticité de l’interprétation. Et comme nous sommes à quelques mois de Juin, le schéma consiste à attaquer le code électoral, à attaquer la réforme du système partisan  mais à ne jamais les introduire au niveau du parlement. Tout sera gardé sous la coupe en attendant que la prochaine cour soit installée (la cour constitutionnelle 6è mandature-ndlr). Et une fois que cette cour sera installée, il y aura un déroulé au niveau de la majorité mécanique du parlement...”  avait révélé en Avril dernier le ministre Candide Azannaî.

 

Par ailleurs, le ministre Candide Azannaî avait affirmé que la nouvelle cour qui sera installée à la fin du mandat de la cour Holo fera passer les textes qui sortiront de l’Assemblée nationale constituée majoritairement par des députés membres d’une majorité “mécanique”. “Dès juin, on aura un déroulé de la majorité mécanique au niveau du parlement et un dispositif humain au niveau de la cour constitutionnelle qui va tout valider; ce qui serait dommageable au peuple” avait conclu Candide Azannai.

 

Des déclarations qui datent d’environs trois mois et qui semblent se confirmer eu égard au déroulement de l’actualité nationale de ces derniers jours. Ainsi, avec les décisions prises depuis l’installation de la cour constitutionnelle , 6ème mandature et qui remet en cause certaines décision rendues par la cour Holo, on se demande si les conseillers de la cour ne sont pas sous influence d’une conviction politique telle que stipulée par l’homme de Joncquet.

 

 

 

Source: http://beninwebtv.com

 

Benin Web TV (Bénin)

 

 

 

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