Centre Culturel Du Patrimoine Arabe: La France honore LE FEMINISME ÉGYPTIEN

 

RIFA’A AL-TAHTAWI

Le lundi dernièr, le Centre Culturel Du Patrimoine Arabe CCDPA, France a honoré le feminisme égyptien, RIFA’A AL-TAHTAWI. Une magnifique rencontre entre les intellectuels arabes et francais, pour célébrer cette illustre personnalité.

 

Rifa’a Al-Tahtawi était un écrivain égyptien, enseignant, traducteur et fondateur de la renaissance intellectuelle du monde arabe. Al-Tahtawi a été parmi les premiers érudits égyptiens à écrire sur les cultures occidentales avec la volonté de parvenir à une compréhension entre les civilisations. Il fut parmi les réformateurs qui ont abordé les problèmes les plus complexes et controversés de l’Égypte en particulier, et du  monde arabe en général.

 

Rifa’a Al-Tahtawi fut une figure littéraire exceptionnelle du 19ème siècle. Il s’est caractérisé par une pensée clairvoyante et ses idées ont été très en avance pour son temps. Il était capable de répondre aux problèmes  sociaux  les plus difficiles en exprimant une position propre à  les résoudre.

Rifa’a Al-Tahtawi, est né à Tahta en Égypte (1801-1873). En 1808, il a quitté sa ville natale pour aller étudier à Al-Azhar au Caire lorsque la renaissance scientifique a commencé en Égypte puis a été envoyé en France par Mohamed Ali.

Après un séjour en France de cinq ans (1826-1831), Al-Tahtawi, le jeune égyptien qui a alors 30 ans, revient en Égypte avec un seul objectif : la volonté de faire face à certains des plus puissants tabous sociaux et culturels de son temps, en particulier le rôle et la place des femmes dans les sociétés arabes.

 

Rifa’a Al-Tahtawi  a écrit un livre « Le guide fidèle pour l’éducation des filles et des garçons » dans lequel il considère l’accès à l’éducation comme un droit humain fondamental pour les femmes. Al-Tahtawi écrivait à un moment où le concept de « société » voyait le jour au Moyen-Orient.

Réformer l’éducation, c’est « La Solution » préconisée par Al-Tahtawi ; il a mis en évidence qu’une bonne éducation est la base pour l’avancement de la nation, en particulier l’éducation politique. Pour lui l’éducation politique des citoyens dans les pays modernes était le principal pilier de l’éducation.

 

Voilà pourquoi il a souligné l’importance de la promotion de la conscience politique. Cette éducation politique ne se limite pas à la classe dirigeante mais elle est aussi devenue une nécessité pour tous les citoyens, les femmes comme les hommes. Il a pensé que l’éducation est le seul moyen pour les femmes pour être conscientes de leurs droits et devoirs civiques, qui leur est imposée par les intérêts publics du pays auquel elles appartiennent afin de profiter de ses potentialités matérielles et de réaliser leurs propres ambitions. Elles seront ainsi en mesure de contribuer au développement et au progrès de leur pays. Il a rappelé les égards dus aux femmes de toutes conditions et le principe de l’égalité entre les hommes et les femmes. Nous pouvons dire que c’est là que tout a commencé.

Mais aujourd’hui, après presque deux siècles de lutte pour la liberté des femmes en Égypte, Rifa’a Al-Tahtawi  a-t-il gagné son combat ?

 

Les  sociétés arabes ont connu plusieurs mouvements sociaux et politiques ces dernières années qui ont eu un impact sur les droits des femmes.

L’importance de l’implication des associations féministes dans le processus démocratique ont permis un développement plus global de la construction d’une société moderne adaptée à un environnement géographique et culturel.

 

La femme est un partenaire essentiel dans le développement d’une communauté arabe plus équitable. Aujourd’hui dans la société arabe, nous retrouvons une participation importante de la femme dans plusieurs domaines : éducation, culture, économie et bien d’autres encore…

 

  Dr. Reem ELKATRY

Chercheuse, Maîtresse de conférences

Directrice du Centre Culturel Du Patrimoine Arabe

CCDPA- France

 

 

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